Résolution de l’AMM en soutien au personnel médical et aux citoyens du Myanmar
Adoptée par la 217e Session du Conseil de l’AMM, Séoul (en ligne), Avril 2021
et par la 72e Assemblée générale de l’AMM (en ligne), Londres, Royaume-Uni, Octobre 2021
réaffirmée avec des modifications mineures par le 233ème Conseil de l’AMM, Rotterdam, Pays-Bas, octobre 2026
PRÉAMBULE
L’Association médicale mondiale est de plus en plus préoccupée par la campagne incessante de harcèlement, d’arrestations arbitraires et de détentions menée par l’armée et les forces de sécurité du Myanmar à l’encontre du personnel de santé, des établissements de santé, des manifestants et de la société civile dans son ensemble. L’AMM et ses membres sont particulièrement choqués par les rapports faisant état de cas de professionnels de santé victimes de menaces de violence, d’arrestations, d’enlèvements et d’assassinats parce qu’ils ont soigné des manifestants.
La pandémie de COVID-19 et le tremblement de terre dévastateur survenu en mars 2025 ont affaibli encore davantage le système de santé. Au cours des dernières années, l’armée et les forces de sécurité du Myanmar ont intensifié leurs persécutions à l’encontre du personnel de santé, utilisant ces événements comme prétexte pour piéger les professionnels de santé, ce qui a donné lieu à des agressions et à des arrestations. Cette situation a conduit à un système de santé au bord de l’effondrement, caractérisé par une grave pénurie de personnel et des infrastructures gravement endommagées.
Ces pratiques constituent une violation manifeste du droit international humanitaire (DIH), des normes internationales énoncées dans la Déclaration de l’AMM sur la protection et l’intégrité du personnel de santé dans les conflits armés et les autres situations de violence, ainsi que de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme.
RECOMMANDATIONS
C’est pourquoi l’AMM et ses membres exigent des forces militaires et de sécurité au Myanmar que soient prises des mesures immédiates en vue :
- de garantir, en toute circonstance, l’intégrité physique et psychologique des manifestants placés en détention et des professionnels de santé ; veiller à ce que les conditions de détention soient humaines, notamment en assurant un accès immédiat à des soins médicaux indépendants et à une évaluation conforme au Protocole d’Istanbul ; et permettre un accès régulier à un avocat et aux membres de la famille ;
- de relâcher les manifestants et les professionnels de santé immédiatement et sans condition, tout en abandonnant toutes les charges qui pèsent contre eux dès lors que leur mise en détention arbitraire a pour seul but d’empêcher leur liberté d’expression et leurs activités de défense des droits humains ;
- de cesser urgemment les attaques contre les soignants et les établissements de santé et de garantir l’accès sans entrave aux soins de santé pour tous, conformément au droit international humanitaire (DIH);
- de veiller à ce que les professionnels de santé puissent exercer leur métier et circuler librement, sans que leurs autorisations d’exercice ou leurs passeports ne soient retirés de manière arbitraire, ni qu’ils ne soient inscrits sur des listes noires ;
- de faire cesser les actes de harcèlement, d’intimidation et de meurtres commis contre les manifestants, les défenseurs des droits humains et les journalistes et respecter l’ensemble des dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme;
- d’assurer en toutes circonstances, le respect des droits humains et des libertés fondamentales conformément aux principes du droit international et du droit international des droits humains, en particulier le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ;
- de coopérer avec les commissions d’enquête internationales et les autres mécanismes de responsabilisation pertinents afin de mener des investigations et de poursuivre les responsables de violations du droit international humanitaire (DIH) et de mettre fin à l’impunité.
