Résolution de l’AMM sur la Tuberculose


Adoptée par la 57e Assemblée générale de l’AMM, Pilanesberg, Afrique du Sud, Octobre 2006
Et révisée par la 68ème Assemblée générale, Chicago, Etats-Unis, Octobre 2017

 

PRÉAMBULE

1.     Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la tuberculose est une menace considérable pour la santé publique dans le monde. Les pays du Sud-Est asiatique et d’Afrique sont les plus touchés.

2.     Dans les pays en voie de développement, l’incidence de la tuberculose a augmenté de façon spectaculaire en raison de la prévalence élevée du VIH/SIDA. Les migrations de populations, l’urbanisation et la surpopulation accrues aggravent encore le phénomène. L’incidence et la gravité de la maladie sont étroitement associées aux conditions de vie sociales et économiques au sein d’une population.

3.     L’émergence de souches de la bactérie tuberculosis résistantes aux médicaments de première intention est devenue une menace majeure pour la santé publique, sous les formes de la tuberculose multi résistante (MDR-TB) et ultrarésistante (XDR-TB). Cette résistance croissante de la maladie aux médicaments antimicrobiens est complexe et trouve son origine dans de multiples facteurs, ce qui nécessite l’adoption d’une approche multisectorielle. Les souches MDR-TB et XDR-TB constituent une menace considérable à la promotion et à la sécurité de la santé mondiale.

4.     La sensibilisation de la communauté, l’éducation à la santé et la promotion de la santé sont aujourd’hui des outils essentiels de la prévention de la tuberculose.

5.     Le dépistage des groupes à haut risque (tels que les personnes vivant avec le VIH/SIDA) et des populations vulnérables (migrants, prisonniers, personnes sans domicile fixe) doit être considéré dans chaque contexte épidémiologique national comme un composant de la prévention de la tuberculose. Il est également recommandé de procéder à un dépistage systématique auprès de toutes les personnes ayant été en contact avec les personnes infectées.

6.     Le diagnostic rapide à l’aide de tests moléculaires et un traitement quotidien précoce et rigoureusement supervisé devraient contribuer à stopper la propagation de la maladie.

7.     La vaccination BCG (vaccin bilié de Calmette et Guérin) dès que possible après la naissance devrait se poursuivre, conformément aux critères de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (IUATLD), jusqu’à ce qu’un nouveau vaccin plus efficace soit disponible.

8.     L’intensification de la recherche et de l’innovation sont également considérés comme des impératifs dans la lutte contre l’épidémie et les formes résistantes de la maladie qui émergent actuellement.

 

RECOMMENDATIONS

9.     L’Association médicale mondiale (AMM), en consultation avec l’OMS et les autorités sanitaires nationales et internationales poursuivra son travail de sensibilisation de la population sur les symptômes de la tuberculose et de renforcement des capacités du personnel soignant pour identifier précocement les personnes atteintes de la tuberculose, établir un diagnostic et assurer un traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS), ou un autre traitement adapté.

10.  L’AMM soutient la stratégie mondiale de lutte contre la tuberculose de l’OMS, sa vision, ses objectifs et ses étapes intermédiaires.

11.  L’AMM soutient les appels en faveur de moyens financiers, matériels et humains adéquats pour la recherche sur la tuberculose et le VIH/SIDA et la prévention de ces maladies, y compris du personnel soignant bien formé et des infrastructures de santé publique adaptées. L’AMM participera avec des professionnels de santé à l’information sur la tuberculose et sur son traitement.

12.  Il convient que les professionnels de santé aient accès à tous les équipements médicaux et de protection dont ils ont besoin afin de limiter le risque d’infection et de propagation de la maladie.

13.  L’AMM encourage la poursuite des efforts de renforcement des capacités des professionnels de santé pour l’emploi de méthodes diagnostiques rapides, pour accroître la disponibilité de ces méthodes dans le secteur public comme dans le secteur privé et pour une meilleure gestion de la tuberculose, y compris ses formes multi-résistante et ultra-résistante.

14.  L’AMM appelle les associations médicales nationales à soutenir le programme national de lutte contre la tuberculose de leur pays en sensibilisant les professionnels de santé à la prise en charge de la tuberculose et au signalement rapide des cas de tuberculose au sein de la population.

15.  L’AMM demande aux associations médicales nationales de promouvoir les méthodes de prévention de la tuberculose telles que l’hygiène respiratoire, les mesures d’hygiène en cas de toux et l’élimination sûre des expectorations.

16.  Il convient que les associations médicales nationales encouragent leurs membres à signaler en temps utile aux autorités compétentes tous les patients chez qui on a diagnostiqué la tuberculose ou qui ont été placé sous traitement antituberculeux à des fins de dépistage de sujets contacts et à réaliser un suivi adéquat de ces patients jusqu’à la fin du traitement.

17.  En outre, les Membres constituant devraient encourager une pharmacovigilance efficace ainsi qu’un suivi et une gestion actifs de la sécurité des médicaments antituberculeux afin de détecter, de traiter et de signaler tout cas présumé ou confirmé de toxicité médicamenteuse. Les associations médicales nationales sont également invitées à encourager leurs membres à contribuer activement à ces systèmes de gestion.

18.  Les associations médicales nationales devraient coordonner leurs actions et celles de leur programme national de lutte contre la tuberculose et promouvoir les lignes directrices qui ont été adoptées auprès de tous leurs membres.

19.  L’AMM appuie les efforts de l’OMS et appelle tous les gouvernements, les communautés, la société civile et le secteur privé à agir ensemble pour éliminer totalement la tuberculose dans le monde.

Résolution
TB-MDF, Tuberculose, Tuberculose multi-résistante