Résolution de l’AMM sur la protection des soins de santé en Syrie
Adoptée par la 67ème Assemblée Générale de l’AMM, Taipei, Taiwan, octobre 2016
et réaffirmée avec des révisions mineures par la 218ème session du Conseil (en ligne), Londres, Royaume-Uni, octobre 2021
et révisée par la 77ème Assemblée générale de l’AMM, Rotterdam, Pays-Bas, octobre 2026
Après plus d’une décennie de conflits armés et de déplacements, marquée par des attaques répétées contre les établissements de santé, le personnel et les patients, ainsi que par l’entrave systématique à l’acheminement de l’aide, les besoins humanitaires et sanitaires en Syrie restent criants et considérables. Selon l’OMS, en novembre 2025 :
- seuls 58 % des hôpitaux et 23 % des établissements de soins de santé primaires sont pleinement opérationnels ;
- plus de 400 établissements de santé ont été touchés par les coupes budgétaires de l’OMS et 366 d’entre eux ont suspendu ou réduit leurs services, et
- 7,4 millions de personnes ont un accès restreint aux médicaments et aux traitements.
Rappelant sa Déclaration sur la protection et l’intégrité du personnel de santé dans les conflits armés et les autres situations de violence et les Principes éthiques relatifs à la fourniture de soins de santé en période de conflit armé et dans d’autres situations d’urgence adoptés par les organisations civiles et militaires de soins de santé en 2015, et la Déclaration de Tokyo, l’AMM :
- exige que soient prises des mesures immédiates pour garantir le plein respect des principes éthiques relatifs aux soins de santé en toutes circonstances ;
- lance un appel à tous les pays et à toutes les parties concernées pour que soit pleinement appliquée la résolution 2286 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (2016) qui exige de toutes les parties impliquées dans un conflit armé qu’elles remplissent intégralement leurs obligations au titre du droit international, à savoir assurer le respect et la protection de tous les personnels de santé et humanitaire uniquement engagés dans des missions médicales, de tous leurs moyens de transport et équipements ainsi que des hôpitaux et autres établissements de santé ;
- invite les autorités syriennes et toutes les parties concernées à garantir un acheminement impartial et non discriminatoire des soins de santé et de l’aide humanitaire pour tous ceux et toutes celles qui en ont besoin, et leur accès à ceux-ci, et à s’efforcer de mettre en place une transition démocratique respectueuse du droit international humanitaire et des droits humains ; de veiller à ce que les patients et le personnel de soins et humanitaire de toutes origines ethniques et religieuses soient protégés contre les représailles, les interrogatoires ou la discrimination ; et garantir un passage en toute sécurité, un soutien psychologique, ainsi que le retour et la réintégration en toute sécurité du personnel de santé exilé ;
- exige qu’une enquête immédiate, impartiale et indépendante soit menée sur toutes les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains, y compris les attaques contre des établissements et du personnel de santé, et demande une transparence totale et la reddition de comptes, ainsi que la prise de mesures à l’encontre des responsables, conformément à la législation nationale et au droit international ;
- appelle à la protection des droits des femmes dans les établissements de santé, à la mise à disposition de produits d’hygiène et de matériel médical adaptés aux besoins spécifiques des femmes, ainsi qu’à la mise en place de soins spécialisés pour les victimes de violences passées perpétrées sous l’égide de l’État ;
- demande que la priorité soit donnée au financement de la rénovation des infrastructures de santé, de la formation et des chaînes d’approvisionnement ;
- demande l’apport d’un soutien post-conflit au personnel sanitaire et humanitaire, notamment sous forme de réadaptation psychologique.
