Résolution de l’AMM sur l’Inscription de l’Ethique Médicale et des Droits Humains au Programme des Ecoles de Médecine du Monde Entier


Adoptée par la 51e Assemblée générale de l’AMM Tel Aviv (Israël), Octobre 1999,
révisée par la 66ème Assemblée générale de l’AMM, Moscou (Russie), Octobre 2015,

réaffirmée par la 217e Session du Conseil de l’AMM, Séoul (en ligne), Avril 2021 et
réaffirmée avec des modifications mineures par le 233ème Conseil de l’AMM, Rotterdam, Pays-Bas, octobre 2026

 

PRÉAMBULE

Les écoles de médecine sont conçues pour préparer les étudiants en médecine à la profession de médecin. De plus en plus au-delà des connaissances essentielles biomédicales et cliniques, les facultés incluent des connaissances en matière d’évaluation critique et de réflexion. Ces qualifications supplémentaires contribuent à ce que les futurs médecins comprennent et évaluent l’importance des publications relatives aux preuves issues des travaux de recherche. Ils sont aussi en mesure de définir leur pratique par rapport aux normes et standards nationaux et internationaux.

L’anatomie, la physiologie et la biochimie sont fondamentales pour comprendre le corps humain, son fonctionnement, ses faiblesses ou ses dysfonctionnements et pour savoir comment utiliser différents mécanismes de réparation des structures et des fonctions déficientes. Il est tout autant nécessaire que les médecins en formation comprennent le contexte social, culturel et environnemental dans lesquels ils exerceront. Cela implique une solide compréhension des déterminants sociaux de la santé et une grande sensibilité culturelle.

Entre dans l’éthique médicale le contrat social passé entre les professions de santé et les entreprises pour lesquelles elles travaillent, basé sur des principes établis, sur les limites s’appliquant aux soins médicaux. Il comporte également un système ou un ensemble de principes applicable aux nouveaux traitements ou aux autres interventions cliniques avant de décider de leur acceptation dans la pratique médicale. Ce système reflète combien l’éthique médicale, le devoir des médecins vis-à-vis des patients et les droits des patients en tant que citoyens s’imbriquent d’une manière complexe.

Dans le même temps, les médecins sont confrontés à des défis et des opportunités en lien avec les droits humains de leurs patients et des populations. Ils seront souvent les premiers à relever et à répertorier la violation de ces droits par les autres, y compris l’état. Le médecin observateur endosse alors des responsabilités très spécifiques.

Les médecins ont le devoir d’utiliser leurs connaissances pour améliorer le bien-être et la santé des patients et de la population. Cela signifie prendre en compte les changements sociétaux, et sociaux et environnementaux, notamment la législation et la réglementation. Tout cela n’est possible que si les médecins ont une vue holistique des critères cliniques et éthiques, couvrant un large éventail de droits humains, notamment le droit à la santé, à l’alimentation, à l’eau potable et à un environnement propre, sain et durable – autant de conditions qui permettent aux personnes de vivre dans la dignité et le bien-être.

Au vu de la nature intrinsèque de l’éthique médicale lorsqu’il s’agit d’établir la pratique médicale d’une manière acceptable pour la société et sans que cette pratique viole les droits humains civils, politiques et les autres droits humains, il est essentiel que tous les médecins soient formés à une évaluation éthique de tous les cas cliniques qu’ils sont susceptibles de rencontrer tout en comprenant leur rôle qui est de protéger les droits individuels.

La capacité des médecins à agir et à intervenir d’une manière respectueuse des valeurs du patient est une condition sine qua non pour la réussite du traitement. Les médecins doivent aussi être capables de travailler réellement en équipe avec d’autres professionnels de santé dont d’autres médecins.

Lorsque les médecins ne reconnaissent pas leurs obligations éthiques vis-à-vis des patients et des communautés, ils portent atteinte à la réputation de la profession médicale à la fois localement et mondialement. Il est donc essentiel d’enseigner à tous les médecins la compréhension et le respect de l’éthique médicale et des droits humains, dès le début de leurs études de médecine.

Dans de nombreux pays, l’éthique et les droits humains font intégralement partie du cursus médical mais pas dans tous. Trop souvent cet enseignement est assuré par des volontaires et peut faire défaut si ces volontaires ne sont pas en capacité ou pas disponibles ou bien si l’enseignement lui-même est idiosyncratique ou basé sur des scenarios cliniques non appropriés.

 

RECOMMANDATIONS

  1. L’AMM insiste sur la nécessité d’un enseignement obligatoire de l’éthique médicale et des droits humains dans toutes les écoles de médecine et d’une intégration de l’éthique médicale dans les examens. Cet enseignement devrait se poursuivre à tous les stades de l’enseignement post-universitaire et de la formation continue.
  2. L’AMM invite les écoles de médecine à s’assurer qu’elles sont suffisamment compétentes pour enseigner l’éthique et les droits humains et pérenniser ces cours.
  3. L’AMM exhorte les médecins à plaider en faveur d’une législation qui soutienne une pratique médicale éthique.

 

 

Résolution
Curriculum, Droits de l'homme, Droits humains, Ecole médicale, Ethique

Code International d'Éthique Médicale

Adopté par la 3e Assemblée Générale de l’AMM, Londres, Grande-Br...

Déclaration de Genève

Adoptée par la 2e Assemblée Générale, Genève, Suisse, Septembre...

Déclaration de l'AMM de Delhi sur la santé et les changements climatiques

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Prise de Position de l'AMM sur la Formation Médicale

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