L’Association médicale mondiale demande que des soins médicaux d’urgence soient prodigués à la lauréate du prix Nobel Narges Mohammadi


L’Association médicale mondiale fait part de sa profonde inquiétude face à l’état de santé critique dont souffrirait Narges Mohammadi, défenseuse des droits de l’homme et lauréate du prix Nobel de la paix, actuellement toujours en détention.

Selon des informations récentes fournies par sa famille et sa fondation, Narges Mohammadi a vu son état de santé se détériorer gravement, notamment à la suite d’un malaise cardiaque. Cette aggravation intervient alors qu’elle se voit refuser depuis des mois l’accès à des soins médicaux spécialisés adaptés et dispensés en temps opportun, et ce malgré ses antécédents de maladie cardiovasculaire grave. D’après les examens médicaux réalisés par un cardiologue local, elle a besoin d’un traitement d’urgence et devrait être transférée sans délai vers un établissement médical spécialisé à Téhéran.

« Je suis profondément préoccupée par les informations concernant l’état de santé critique de Narges Mohammadi. Refuser l’accès à des soins médicaux essentiels à une patiente dans un tel état constitue une violation flagrante du droit à la santé et expose sa vie à un risque immédiat », a déclaré la Dre Jacqueline Kitulu, Présidente de l’Association médicale mondiale.

Les États ont clairement l’obligation de veiller à ce que les détenu.e.s bénéficient du même niveau de soins de santé que celui dont bénéficie le reste de la population, sans aucune discrimination.

L’Iran a ratifié les principaux traités internationaux relatifs aux droits humains, notamment le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels, qui l’engage à garantir à toute personne le plus haut niveau de santé physique et mentale possible. Cette obligation s’étend aux détenu.e.s et exige que les soins médicaux nécessaires leur soient prodigués sans délai et sans entrave.

L’AMM exhorte les autorités iraniennes à veiller à ce que Narges Mohammadi bénéficie d’un accès immédiat et sans restriction à des soins médicaux spécialisés adaptés, ce qui implique notamment son transfert vers un hôpital entièrement équipé où elle pourra être prise en charge par des spécialistes qualifiés. Les décisions médicales doivent être prises en toute indépendance et toujours dans l’intérêt suprême du patient ou de la patiente.