L’Association médicale mondiale soutient des professionnels de santé poursuivis


L’Association médicale mondiale a apporté un soutien ferme aux médecins et autres personnels de santé qui doivent être jugés demain vendredi pour avoir apporté une assistance à leurs patients pendant un couvre-feu militaire dans la ville de Cizre en Turquie.

Les quatorze soignants bénévoles, parmi lesquels le Dr Halis Yerlikaya, membre du conseil de l’Association médicale turque sont accusés d’aide, et dans certains cas d’appartenance à une organisation terroriste après être venus au secours de patients qui se trouvaient dans un état grave pendant les hostilités qui ont eu lieu à Cizre en janvier 2016. L’audience d’ouverture du procès doit se tenir demain.

Pendant le couvre-feu imposé à la ville de Cizre pendant 79 jours, de nombreux citoyens et professionnels de santé ont perdu la vie parce que les services d’urgence ne pouvaient intervenir.

Dans une lettre adressée au Président turc, le professeur Sinan Adiyaman, Président du conseil de direction de l’Association médicale turque a rappelé : « C’était une période pendant laquelle les gens ont essayé de se mettre à l’abri dans les caves des immeubles au milieu de conflits armés. Ils n’avaient pas accès aux soins de santé dans ces cachettes, et les ambulances et les équipes d’intervention ne pouvaient les atteindre.

Dans ces circonstances, des professionnels de santé ont décidé d’agir avec une ambulance, comme dans les situations de catastrophes naturelles ou humaines, afin de porter secours aux personnes qui en avaient besoin, en informant les autorités et en leur demandant de faciliter leur travail. Les forces de sécurité ont refusé d’autoriser ces soignants à intervenir avec leur ambulance. Des dizaines de civils, notamment des enfants, sont morts faute d’une telle intervention médicale ».

Le Président de l’AMM, le Dr Yoshitake Yokokura, a apporté un soutien sans équivoque à l’Association médicale turque : « Les politiques de l’AMM établissent clairement que les médecins et les autres professionnels de santé sont tenus d’exécuter leurs obligations pendant un conflit armé. Les normes éthiques de base s’appliquent pendant ces périodes. Un médecin doit toujours assurer les soins minimums de manière impartiale et sans aucune discrimination, qu’elle soit fondée sur l’âge, une éventuelle maladie ou un handicap, la croyance, l’origine ou l’appartenance ethnique, le genre, la nationalité, l’affiliation politique, l’orientation sexuelle, l’origine sociale ou tout autre critère.

Tous les gouvernements doivent se conformer aux conventions de Genève afin d’assurer que les médecins et les autres professionnels de santé puissent prodiguer leurs soins à toute personne qui en a besoin dans une situation de violence. Il est absolument inacceptable que des médecins et d’autres soignants bénévoles doivent affronter un procès pour avoir rempli leur devoir éthique ».

Dans une lettre aux autorités turques, le Dr Yokokura a ajouté : « La poursuite de personnes qui ne font qu’apporter des soins de santé à des blessés en période de troubles civils au prétexte de propagande terroriste est une aberration, en plus de porter atteinte à l’éthique médicale et aux droits humains. C’est pourquoi nous sommes tous très inquiets. Nous condamnons toutes les pratiques qui menacent la sécurité des médecins et la prestation de services de santé. La protection des professionnels de santé est essentielle pour leur permettre de remplir leurs obligations de soins envers les personnes qui en ont besoin ».

Le Dr Yokokura a appelé les autorités turques à abandonner immédiatement et sans condition les charges qui pèsent contre les soignants poursuivis et à acquitter des derniers.

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