Les États doivent agir dès maintenant pour mettre en place un personnel de santé prêt à faire face à une pandémie, déclare l’AMPS


Alors que les dirigeants mondiaux se réunissent aujourd’hui à New York à l’occasion de la Réunion de haut niveau des Nations unies sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies (PPRP), l’Alliance mondiale des professions de santé (AMPS) appelle les gouvernements à tenir leurs engagements visant à renforcer et à investir dans le personnel de santé — avant que la prochaine pandémie ne frappe.

Le manque chronique de personnel, les mauvaises conditions de travail et des investissements insuffisants laissent les systèmes de santé mal préparés pour répondre aux besoins en personnel liés à une pandémie, met en garde l’AMPS.

Représentée à New York par des dirigeants du Conseil international des infirmières (CII), l’AMPS presse les gouvernements de reconnaître que la préparation aux pandémies commence par le personnel de santé. On ne peut pas attendre des professionnels de santé qu’ils répondent à des demandes exceptionnelles en période de crise s’ils sont déjà débordés par les soins courants. Les femmes représentant environ 70 % du personnel de santé mondial et étant surreprésentées dans les emplois mal rémunérés et sous-valorisés, elles se trouvent en première ligne d’une crise des effectifs qui risque de faire peser un fardeau encore plus lourd sur elles en cas d’urgence.

« Si les professionnels de santé manquent déjà de personnel et sont déjà débordés en dehors des situations d’urgence, où trouveront-ils les ressources supplémentaires nécessaires en cas d’urgence ? Pendant la pandémie de COVID-19, nos collègues ont été poussés à leurs limites, voire au-delà, et les gouvernements ne peuvent pas laisser cela se reproduire.

« Les gouvernements se sont engagés, dans la Déclaration politique adoptée lors de la réunion de haut niveau, à soutenir et à investir dans le personnel de santé. Ces engagements doivent désormais se traduire en actions concrètes, afin que nous ne soyons pas pris au dépourvu par la prochaine pandémie », a déclaré Howard Catton, président de l’AMPS et directeur général du CII.

L’AMPS appelle les gouvernements à renforcer les capacités du personnel de santé en garantissant des effectifs suffisants, des conditions de travail décentes, un financement durable et un soutien concret à la santé et au bien-être des professionnels de santé.

La Déclaration politique doit être adoptée aujourd’hui, 25 septembre, par les chefs d’État et de gouvernement, lors de la deuxième Réunion de haut niveau des Nations unies sur la PPPR, qui se tient dans le cadre de la 81e Assemblée générale des Nations unies. L’AMPS salue l’engagement pris dans cette déclaration de « développer, recruter, renforcer, protéger, préserver et investir dans un personnel de santé et de soins multidisciplinaire, qualifié, en nombre suffisant et formé ».

Le défi réside désormais dans la mise en œuvre. L’engagement en faveur de la préparation aux pandémies doit se traduire par des investissements en faveur des personnes qui assurent au quotidien les soins et la santé.

Le CII participe également à l’Assemblée générale des Nations unies et a organisé un événement parallèle sur les systèmes de santé prêts à faire face aux pandémies, réunissant des responsables issus de l’ensemble des professions de santé et du secteur de la santé au sens large. Cet événement a mis en évidence l’importance des solutions interdisciplinaires et de la constitution d’un personnel de santé solide, interconnecté et adaptable, au sein de systèmes de santé plus sains et plus résilients.