L’AMM adresse un nouvel appel urgent aux autorités israéliennes au sujet des médecins de Gaza placés en détention et exprime sa « profonde inquiétude » pour la vie du Dr Abu Safiya
L’Association médicale mondiale (AMM) a adressé une nouvelle lettre au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans laquelle elle réitère son appel en faveur de la libération immédiate des professionnels de santé palestiniens de Gaza actuellement en détention ou de la tenue d’un procès équitable, et alerte sur la grave détérioration de l’état de santé du Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, depuis son incarcération.
Cette lettre fait suite à deux appels précédents lancés par l’AMM, en novembre 2025 et le 15 janvier 2026, dans lesquels elle exhortait le gouvernement israélien à garantir le respect des procédures régulières et un procès équitable aux professionnels de santé actuellement en détention, ou à les libérer sans condition, à leur assurer un traitement humain et l’accès aux soins de santé, et à se conformer au droit international humanitaire. L’AMM affirme n’avoir reçu aucune réponse à ces deux lettres et déplore que la situation ne se soit pas améliorée : au moins quatorze médecins palestiniens gazaouis sont toujours en détention, la plupart sans inculpation officielle.
Le cas du Dr Abu Safiya, détenu depuis le 27 décembre 2024, suscite particulièrement l’inquiétude. Selon les informations reçues par l’AMM, celui-ci a été placé à l’isolement le 3 juin 2026, et lors d’une visite de son avocat le 2 juillet 2026, il était trop épuisé pour parler, souffrait de pertes de conscience intermittentes et présentait des blessures autour des yeux, des oreilles, du cou et de la tête, après que des rapports antérieurs avaient fait état d’une perte de poids spectaculaire et d’une arythmie cardiaque.
Dans sa lettre, la présidente de l’AMM, la Dre Jacqueline Kitulu, appelle le gouvernement israélien à :
- garantir à tous les professionnels de santé placés en détention un accès immédiat à des soins médicaux indépendants, y compris un examen basé sur le Protocole d’Istanbul en cas d’allégations de torture ou de mauvais traitements ;
- respecter les garanties d’une procédure régulière et d’un procès équitable, ou les libérer immédiatement et sans condition en l’absence d’inculpation officielle ;
- garantir des conditions de détention respectueuses de la dignité humaine, notamment en mettant fin à l’isolement cellulaire et en assurant un accès régulier à un avocat et à la famille;
- appliquer les mesures de protection dues au personnel et aux établissements de santé en vertu du droit international humanitaire et du principe de neutralité médicale.
