Résolution de l’AMM sur la répression des médecins nicaraguayens


Adoptée par la 72ème Assemblée générale de l’AMM (en ligne), Londres, Royaume-Uni, octobre 2021
et révisée par la 77ème Assemblée générale de l’AMM, Rotterdam, Pays-Bas, octobre 2026

 

L’Association médicale mondiale (AMM)

prend note avec une extrême inquiétude :

  • des nombreux rapports nationaux et internationaux qui font état de restrictions à la liberté professionnelle, de licenciements, d’exils forcés de médecins, d’une pénurie de personnel de santé, d’obstacles à la formation professionnelle et de limitations à la libre pratique de la médecine au Nicaragua.
  • que les rapports susmentionnés indiquent que plus de 400 médecins ont été licenciés ou contraints de démissionner depuis 2018, que plus de 200 ont été contraints à l’exil et que le système de santé est confronté à une pénurie critique de personnel soignant.
  • que ces faits mettent en danger la vie de la population et du personnel soignant.

rappelle ses politiques relatives à l’indépendance des associations médicales nationales et à la protection et l’intégrité du personnel de santé dans les conflits armés et les autres situations de violence ;

réaffirme que :

  • l’indépendance professionnelle, l’autonomie clinique, la liberté d’expression scientifique et le devoir éthique des médecins d’agir pour défendre la santé de leurs patients constituent des principes fondamentaux et inaliénables de la profession médicale.
  • condamne toute ingérence gouvernementale susceptible de porter atteinte à la liberté d’exercice de la profession et à la liberté d’expression de tout médecin.
  • exprime sa solidarité avec les médecins nicaraguayens confrontés à la situation que connaît leur pays.

 

RECOMMANDATIONS 

Tout en se tenant prête, dans le cadre de son mandat, à soutenir et aider les médecins nicaraguayens à réorganiser l’Association médicale nicaraguayenne, l’AMM

  1. exhorte le gouvernement et les députés nicaraguayens à :
  • protéger l’ensemble des professionnels de santé.
  • rétablir l’Association médicale du Nicaragua qui, à travers la représentation des positions de la profession médicale dans le pays, sera en mesure de garantir une pratique éthique de la médecine, la fourniture de soins médicaux de haute qualité et le respect de normes rigoureuses par l’ensemble des professionnels.
  • protéger le droit des médecins nicaraguayens d’exercer leur profession sans discrimination, intimidation ni ingérence indue, ainsi que leur droit de fournir des informations exactes sur la situation sanitaire et de contribuer à la protection de la santé du peuple nicaraguayen.
  • réexaminer et abroger toutes les réglementations utilisées pour réduire au silence, intimider ou criminaliser les médecins et les professionnels de santé dont l’action est conforme à leur devoir éthique de protéger la santé publique, y compris les dispositions telles que la loi sur la cybercriminalité lorsqu’elles sont appliquées de manière à restreindre indûment la liberté d’expression scientifique ou professionnelle. Ceci s’applique également à toute réglementation juridique susceptible de porter atteinte à l’autonomie professionnelle des médecins.
  1. appelle les associations médicales à :
  • rendre compte de la situation à laquelle sont confrontés les médecins et le système de santé au Nicaragua, en coordination avec la CONFEMEL et l’AMM, et promouvoir des mécanismes visant à faciliter les contacts avec les professionnels de santé nicaraguayens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
  • sensibiliser le public à la situation à laquelle sont confrontés les médecins nicaraguayens grâce à des actions de communication institutionnelle, lors des activités académiques et des contacts avec les médias.
  • transmettre officiellement leurs préoccupations aux ministères des Affaires étrangères, aux services diplomatiques et aux autres autorités compétentes de leurs pays respectifs, en demandant que la situation des médecins et des professionnels de santé au Nicaragua soit prise en compte dans le cadre des relations bilatérales et des mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme.
  • communiquer la présente résolution aux missions diplomatiques de la République du Nicaragua accréditées dans leurs pays respectifs, y exprimant la préoccupation de la communauté médicale internationale face aux restrictions imposées à l’exercice de la médecine et à leurs conséquences sur la santé de la population.
Résolution
COVID-19, Nicaragua, Professionnels de santé, Système de santé

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