L'AMM condamne le refus de soigner des prisonniers


(09.09.2016) En Iran les prisonniers politiques sont privés de soins médicaux à titre de châtiment. L’Association Médicale Mondiale condamne cette situation.

Dans un courrier adressé au Président iranien, l’Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei, le Président de l’AMM  Sir Michael Marmot   fait référence à un récent rapport d’Amnesty International donnant des détails sur le fait que les prisonniers politiques, y compris les prisonniers d’opinion, sont privés de soins médicaux, à titre de châtiment supplémentaire, de coercition ou pour soutirer des confessions.

Il écrit :" Le  contenu de ce rapport nous inquiète vivement. Nous aimerions vous rappeler que la République Islamique d'Iran a ratifié le Pacte International sur les droits économiques, sociaux et culturels et s’est donc engagée à respecter ses dispositions dont l’article 12 reconnaissant « le droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mental qu'elle soit capable d'atteindre».

Sir Michael mentionne que la fourniture de soins médicaux est un droit humain fondamental qui selon la loi internationale ne doit pas  être remis en cause par un emprisonnement. Les règles des Nations Unies pour le traitement des détenus  stipulent que « Les détenus doivent recevoir des soins de même qualité que ceux disponibles dans la société et avoir accès aux services nécessaires sans frais et sans discrimination fondée sur leur statut juridique».  

Il poursuit : « Le refus de soins équivaut à un mauvais traitement et peut parfois constituer une forme de torture ou d’autre traitement cruel, inhumain ou dégradant que la loi internationale sur les droits humains prohibe sans aucune ambigüité.

Sir Michael lance un appel aux autorités iraniennes pour mettre un terme à ce refus de soigner les détenus à titre de châtiment et pour veiller à ce que les responsables de la sécurité et le personnel pénitentiaire, y compris le personnel médical, suspectés de refuser délibérément  de fournir des soins médicaux, fassent l’objet d’une enquête et soient poursuivis si de tels agissements sont prouvés.

Nous vous demandons également de veiller à ce que les décisions médicales portant sur la nécessité de soins continus, d’une mise en observation en dehors de la prison et d’une libération pour raisons médicales soient prises uniquement par des professionnels de santé responsables et à ce que les autorités non médicales ne passent pas outre ou   ignorent ces décisions.

« Nous en appelons  à votre humanité et à votre sens de la justice. Nous espérons que vous prendrez rapidement toutes les mesures nécessaires pour répondre à nos demandes. »