L'AMM condamne l'incarcération de deux jeunes médecins


(29.10.2015) L’Association Médicale Mondiale a condamné la décision d’un tribunal turc d’incarcérer deux jeunes médecins au motif qu’ils avaient secouru des personnes lors des manifestations du Parc Gezi à Istanbul, il y a deux ans.

Les deux médecins ont été condamnés la semaine dernière à 10 mois de prison. Leur crime est d’avoir secouru des manifestants qui s’étaient réfugiés dans une mosquée d’Istanbul. Ils ont été accusés d’avoir « sali un temple » en apportant des soins. Ils font   également partie du procès intenté contre plus de 250 personnes pour « s’être rangés auprès des assaillants en secourant également des manifestants. »

Sir Michael Marmot, Président de l’AMM, a déclaré :« En tant que membres de la communauté médicale internationale, nous sommes très inquiets de la sentence prononcée contre ces deux médecins. Jamais les médecins ne doivent être condamnés pour accomplir  leur mission professionnelle qui est de soigner toutes les personnes dans le besoin, sans discrimination. Nous n’avons pas cessé de faire pression auprès des autorités turques pour que soit mis un terme à cette situation inhumaine où des professionnels de santé qui soignent des malades et des blessés sont arrêtés et emprisonnés.

« Les autorités turques ont obligation de respecter la mission sacrée des médecins qui est de soigner ceux dans le besoin et de toujours préserver le droit à la santé des populations. Ces jeunes médecins ont simplement agi selon les normes internationales de l’éthique médicale en secourant les personnes qui en avaient besoin. »

« Les médecins doivent pouvoir exercer leur profession sans crainte ou intimidation en Turquie et dans toutes les autres parties du monde. Ils devraient pouvoir aider quiconque où que ce soit sans aucune distinction. Les médecins ont été fidèles à leur conviction, à savoir que leur premier principe doit être de fournir des soins et de sauver des vies. Nous demandons instamment aux autorités turques de respecter ces principes et de revoir la sentence prononcée. "