L'AMM exhorte le Premier Ministre israélien à reconsidérer la loi sur l'alimentation forcée


(26.06.2015) L’Association Médicale Mondiale a lancé un appel  au Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu lui demandant de reconsidérer avant la Knesset la loi qui autoriserait   l'alimentation forcée des détenus en grève de la faim. Dans une lettre adressée au Premier Ministre, Dr Xavier Deau  Président de l’AMM   et Dr Ardis Hoven Présidente du Conseil précisent que les médecins ne devraient  être impliqués en aucune façon dans la torture ou des traitements inhumains ou dégradants.  

Ils ajoutent : « L’alimentation forcée est un acte violent, très douloureux et en totale opposition au principe d’autonomie individuelle. C'est un traitement dégradant, inhumain, équivalant à la torture. Pire encore, il peut être dangereux. Il s’agit là d’une approche totalement inadaptée à la préservation de la vie.  

« Les preuves accumulées à partir de nombreux cas dans le monde sur lesquels nos collègues travaillent depuis quarante ans montrent que les meilleurs résultats sont ceux obtenus lorsque la relation patient/médecin est préservée, même dans les circonstances difficiles d’une grève de la faim. Cela inclut la confidentialité, des soins médicaux corrects et des conseils prodigués par le médecin toujours avec le respect de la volonté du patient. L’alimentation forcée est totalement incompatible avec cela et détruit toute confiance entre le patient et le médecin. »

Les dirigeants de l’AMM affirment  qu’en cas de grève de la faim il est possible d’obtenir de bien meilleurs résultats qu’avec l'alimentation forcée. Ils soutiennent les initiatives   de soins médicaux mis en avant par l’Association Médicale Israélienne. Les médecins israéliens ont traité des douzaines de grévistes de la faim avec grand succès ces vingt dernières années et ont su gérer la situation lorsqu’ils étaient autorisés à établir une véritable relation patient/médecin sans menace et intervention des autorités pénitentiaires.  

« Pour le bien des personnes concernées, la sécurité et la réputation de votre pays, nous vous demandons de reconsidérer cette mesure déjà amplement critiquée au niveau international et pire encore qui n’aidera pas à régler le problème que vous souhaitez résoudre. «