L'AMM condamne le recours aux médecins dans le cadre de la flagellation en Arabie Saoudite


(05.02.2015) L’AMM condamne vivement le recours aux médecins pour évaluer l'aptitude fonctionnelle des prisonniers à la flagellation en Arabie Saoudite.

Dans un courrier adressé au roi d’Arabie Saoudite, le Président de l’AMM, Dr. Xavier Deau, demande que soit mis fin à la flagellation de Raif Badawi et que ce dernier soit libéré.

Il ajoute : « Notre attention a été attirée sur une procédure standard en Arabie Saoudite qui consiste à faire appel aux médecins pour évaluer l'aptitude fonctionnelle des prisonniers avant qu’ils ne soient fouettés. En agissant ainsi, on demande aux médecins de contribuer à rendre possible la sentence et donc de participer à des actes de torture et à d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants. Il s’agit là d’une violation flagrante du principe fondamental de l’éthique médicale « Ne pas nuire ». Nous condamnons donc sans réserve cette pratique et sommes déterminés à soutenir totalement les médecins qui refuseront d’y prendre part."

Dr. Deau a déclaré que l’AMM était très inquiète de la sentence prononcée à l’encontre de M. Badawi, à savoir 10 ans de prison et 1000 coups de fouet. Il a indiqué que M. Badawi était un prisonnier d’opinion  détenu uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression.

« La flagellation pratiquée sur M. Badawi constitue une grave forme de traitement cruel, inhumain et dégradant que l’AMM condamne fermement en tant que violation flagrante de la dignité humaine et des droits humains. Aucune cause politique, militaire, religieuse ou autre ne peut la justifier.

Dr. Deau conclut : « Nous vous demandons donc de faire cesser immédiatement  toute flagellation de Raif Badawi et de le relâcher immédiatement et sans condition en tant que prisonnier d’opinion. »