L’AMM demande expressément au Président de l’Ouganda d’annuler la nouvelle loi sur l’homosexualité


(3. 03. 2014) L’Association Médicale Mondiale a écrit au Président de l’Ouganda pour lui faire part de sa profonde inquiétude sur la nouvelle loi ougandaise concernant l’homosexualité et  pour lui demander expressément d’annuler une telle loi.

Le Président de l’AMM, Dr. Mukesh Haikerwal, et le Secrétaire Général, Dr. Otmar Kloiber, déclarent que la science et l’éthique servant de base à cette législation ougandaise sont erronées et que la nouvelle loi fera reculer les nombreuses avancées réalisées en Ouganda sur le plan de la santé.

La lettre souligne que les dirigeants de l’AMM ont rencontré le Ministre de la santé ougandais cette semaine. Ils se sont aussi exprimés   à la télévision ougandaise pour faire part de leur inquiétude et pour bien faire savoir que selon eux cette nouvelle loi « viole ce qui est à présent considéré par la grande partie de la communauté mondiale comme un droit humain fondamental, notamment celui de décider de sa propre orientation sexuelle ».

Toujours dans cette lettre : « Nous notons que tel ne fut pas le cas dans de nombreux pays. Nous espérons que la législation en Ouganda puisse rapidement refléter les droits humains internationaux. Il est à noter que la législation révisée ne contient plus la notion  impraticable de  signalement obligatoire.

« Les crimes crapuleux d’abus sur des enfants et de pédophilie sont odieux et totalement inacceptables mais non rien à voir avec une orientation sexuelle et relèvent d’actes criminels.

 Il convient de dire clairement et sans aucune  équivoque qu’à notre connaissance, il n’existe   aucune raison médicale ou  « faute » pour expliquer un comportement bisexuel ou homosexuel. De plus, il est extrêmement discutable de déclarer que l’homosexualité constitue un risque pour la santé publique. Certains comportements sexuels  sont imprudents et inacceptables en raison de leur dangerosité – qu’ils soient commis par des homosexuels ou des hétérosexuels. Au vu de tels comportements  certaines  personnes  homosexuelles ou hétérosexuelles  sont de ce fait répertoriées dans la catégorie  des personnes « à risque pour la santé publique ».  

Dr. Haikerwal a déclaré au sujet de la lettre « Dans certaines juridictions nous voyons des personnes précédemment accusées d’actes homosexuels disculpées.   A terme cette législation ougandaise doit être supprimée ».

Voici la lettre (en anglais)