Le nouveau président de l’AMM demande instamment aux médecins de défendre les plus défavorisés


(18. 10. 2013) Dans son discours inaugural, Dr. Margaret Mungherera, nouvelle présidente de l’Association Médicale Mondiale,  a mis l’accent sur la nécessité pour les Associations Médicales Nationales de défendre les plus défavorisés.

En s’adressant  à l’Assemblée de l’AMM à Fortaleza au Brésil, Dr. Mungherera, psychiatre en Uganda, a déclaré : « Près de la moitié du monde vit avec moins d’un dollar par jour. Les Associations Médicales Nationales doivent donc défendre les plus défavorisés d’entre nous car selon le célèbre adage, « Ne pas s’occuper des pauvres, c’est passer à côté de l’essentiel».

« Dans toutes les régions du monde, il y a des gens pauvres, des gens qui n’ont pas accès aux soins de santé, des malades mentaux qui subissent une discrimination, des gens qui sont victimes de la torture. En tant que médecins, nous avons le privilège de pouvoir  faire quelque chose. En tant que médecins individuels, nous agissons mais c’est encore mieux de le faire via une médecine organisée   par ex. via les AMN et l’Association Médicale Mondiale.

Dr. Mungherera, première femme africaine à occuper le poste de Président de l’AMM, a déclaré que l’Afrique était l’une des régions du monde où l’AMM devait être plus active. 

« Parmi les quelques 12 pays  en guerre, sept sont situés en Afrique. De plus, aucun des pays de l’Afrique sub-saharienne n’atteindra les Objectifs du millénaire pour le développement d’ici 2015. Il n’y a que 15 pays sur 53 à avoir une association médicale membre de l’AMM.  

« Le problème de l’Afrique n’est pas le manque de ressources ou de bonne volonté. C’est le manque de leadership dans le secteur de la santé. Il est nécessaire que les médecins en Afrique   créent le leadership nécessaire. »

Dr. Mungherera a fait savoir que pour  créer ce leadership des AMN en Afrique, l’AMM tiendra  quatre forums régionaux en Afrique. Le premier, le mois prochain, sera organisé par les Associations Médicales du Kenya, du Ghana, de Tunisie et d’Afrique du Sud. Les AMN pourront ainsi partager leurs expériences, encourager ceux qui ne sont pas encore membres de l’AMM à l’être. Cela devrait aussi favoriser des partenariats et des jumelages entre les AMN et d’autres AMN mieux établies ailleurs qu’en Afrique.

Elle a déclaré qu’au cours de son mandat, elle voulait se concentrer sur les maladies non transmissibles, la santé maternelle et la santé mentale. Ce sont là des domaines ayant très peu de ressources dans de nombreuses régions du monde, notamment dans les pays pauvres.

Elle a lancé un appel aux Associations Médicales Nationales afin qu’elles défendent cinq stratégies dans des domaines où elle considère que peu de choses ont été accomplies. Il s’agit de la pratique basée sur la preuve, de la santé hommes-femmes, de la médecine préventive, de la main d’œuvre sanitaire qualifiée et motivée ; de la création de réseaux et de partenariats, notamment avec des secteurs autres que celui de la santé pour traiter les déterminants sociaux de la santé comme le tabac et le mauvais assainissement.  

Elle a aussi indiqué que les Associations Médicales Nationales devaient dénoncer les menaces que subissent les médecins et les autres personnels soignants dans les zones de conflit.

L’AMM travaille en partenariat avec le Comité International de la Croix Rouge sur le projet « Soins de santé en danger », en apportant son soutien aux Associations Médicales des pays en guerre. Les médecins peuvent jouer un grand rôle pour minimiser les souffrances de leurs patients et de leurs familles. 

« Et pourtant ces médecins et les autres personnels de santé sont menacés, blessés ou tués. De plus, les établissements de santé sont détruits et le matériel et les fournitures pillés. Telle est la situation en Syrie, en Iran, en Somalie, au Pakistan et dans six autres pays ou plus en guerre. Dans de tels cas, les AMN doivent non seulement dénoncer ces faits mais aussi être proactives en veillant à ce que les patients aient accès aux soins. Elles doivent mettre en place des programmes de défense de la paix, sensibiliser sur les conséquences des guerres. Les AMN ont le devoir d’aider les médecins à relever  ces défis éthiques. »