Les médecins du monde entier demandent une enquête sur les viols au Congo


(24 novembre 2010) L’Association Médicale Mondiale a apporté hier son soutien à l’appel mondial pour que soit menée sans attendre une enquête sur le fait que plus de 700 femmes, hommes et enfants auraient été violés lorsque l’Angola a récemment expulsé des milliers de personnes vers la République Démocratique du Congo. Ces atrocités viennent s’ajouter au grand nombre de viols systématiques et aux autres violations des droits humains au Congo, perpétrés par les rebelles. Selon les NU, plus de 8000 femmes ont été violées au cours des combats en 2009.

Dans une déclaration marquant la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes programmée le 25 novembre, le président de l’AMM, le Dr. Edward Hill, a déclaré : « Ces terrifiantes allégations de viol au Congo viennent rappeler d’une manière sinistre que la violence à l’égard des femmes est devenue une arme de guerre systématique. Ce n’est que la dernière atrocité parmi tant d’autres, dans différentes parties du monde. Comme l’a déclaré l’AMM dans sa prise de position le mois dernier, c’est une question majeure de santé publique sur laquelle les médecins exigent une tolérance zéro.

Nous demandons aujourd’hui de la manière la plus ferme possible que ceux qui perpétuent ces viols soient poursuivis pour leurs crimes. Nous  demandons instamment à toutes les associations médicales nationales de rappeler à leurs membres d’être davantage attentifs à ces violations inacceptables des droits humains les plus fondamentaux des femmes.Les médecins sont à même de documenter et de signaler tous les cas de violence à l’égard des femmes dont ils sont informés et je leur demande de le faire. Nous devons également chercher à protéger ceux qui dénoncent ces mauvais traitements, y compris  les médecins et les autres professionnels de santé. »

Dr. Nkelani Matondo Norine, de l’Ordre des Médecins de la la République Démocratique du Congo, affirme que la situation des femmes violées au Congo est dramatique et demande que la Communauté Internationale et toutes les organisations œuvrant pour la paix et les droits humains  s’occupent d’urgence de cette question. Le viol collectif devient une arme de destruction très utilisée par l’ennemi et bon nombre de médecins travaillent à présent pour les femmes victimes dans la région, y compris le Dr. Denis Mukwege de l’hôpital Panzi à Bukavu/ Sud Kivu, spécialiste de la reconstruction de vagins, qui a déjà opéré plus de 20.000 femmes mutilées.

Elle ajoute : « dans mon combat politique contre la violence dirigée vers les femmes, j’explique toujours les conséquences catastrophiques des agressions sexuelles. Celles-ci peuvent provoquer des lésions ayant un grave impact à long terme, comme par ex. la frigidité et la stérilité. Les maladies sexuellement transmissibles comme le VIH et les grossesses non désirées sont d’autres conséquences fréquentes. Psychologiquement, les femmes se sentent diminuées et humiliées et sans le véritable soutien d’un psychologue, elles tombent dans une grave dépression. Socialement, beaucoup de femmes sont abandonnées par leurs maris parce qu’elles ont été violées. Vis-à-vis de leurs enfants, elles se sentent humiliées, notamment celles qui ont été violées en présence de leurs enfants ».

Dr. Nkelani a déclaré que l’AMM et ses membres devaient mettre la pression sur les NU pour que soient prises les mesures qui s’imposent à l’encontre des autorités congolaises.

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