La violence contre les femmes et les jeunes filles, une crise majeure de santé publique selon les médecins du monde entier


(17.10.2010) La violence envers les femmes et les jeunes filles est désormais un phénomène mondialement institutionnalisé et une crise majeure de santé publique, a déclaré l’Association Médicale Mondiale lors de son Assemblée Générale à Vancouver au Canada. .

(Dans sa première déclaration publique sur la question, l’AMM demande instamment aux médecins et à leurs associations médicales nationales d’être bien plus attentifs aux questions de foeticide féminin, à la mutilation génitale féminine, aux mariages forcés et aux crimes d’honneur et de condamner les viols collectifs en tant qu’arme de guerre et crime contre l’humanité. .

(La prise de position de l’AMM exprime une grave inquiétude sur l’infanticide, les mauvais traitements systématiques et délibérés infligés aux jeunes filles dont une mauvaise alimentation et la non scolarisation ainsi que la violence directe physique, psychologique et sexuelle. .

(Dr. Ruth Collins-Nakai de l’Association Médicale Canadienne qui a dirigé le groupe de travail de l’AMM sur la violence envers les femmes et les jeunes filles a déclaré : .

(« Ces formes de violence reflètent la persistance des inégalités sexuelles dans le monde. Les médecins peuvent faire bouger les choses et promouvoir un changement de mentalité pour que soient respectés les droits humains des femmes, leur dignité et leur intégrité. » .

(Dans de nombreuses sociétés, les attitudes face aux victimes de viol, d’abus sexuels et de harcèlement sexuel, l’intimidation au travail ou à l’école, l’esclavage moderne, le trafic et la prostitution forcée sont des formes de violence encore tolérées. .

(La prise de position de l’AMM ajoute : « Une forme extrême de violence est la violence sexuelle utilisée comme arme de guerre. Dans plusieurs conflits récents (dans les Balkans, au Rwanda), le viol a été utilisé comme instrument de nettoyage ethnique et plus spécifiquement dans certains cas utilisé pour propager le SIDA dans la communauté. ».

(Dr. Collins-Nakai a déclaré: » les récents viols collectifs commis par les soldats au Congo en sont le dernier exemple. Il est temps que les coupables soient punis de leurs crimes. En tant que médecins, nous demandons que soit appliquée la tolérance Zéro. ».

(En termes de santé, la privation des droits et la violence elle-même ont des conséquences sur les femmes et les jeunes filles. En plus des conséquences physiques spécifiques et directes, la manière dont les femmes et les jeunes filles son traitées génère une augmentation des troubles mentaux et des suicides, deuxième cause de mort prématurée chez les femmes. La société dans son ensemble paie un lourd tribu également en termes de productivité. .

(Dr. Collins-Nakai a ajouté: “L’AMM va intensifier ses actions auprès des associations médicales nationales, des médecins, de l’Organisation Mondiale de la Santé et d’autres agences des Nations Unies pour que cessent la discrimination et la violence contre les femmes. .

(Nous voulons que les médecins aient bien plus conscience de la violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles et qu’ils les défendent. Ils devraient faire pression pour que l’on légifère contre certaines pratiques nuisibles telles que le foeticide féminin, la mutilation génitale féminine, les mariages forcés et les châtiments corporels. Ils devraient également demander la criminalisation du viol dans toutes les circonstances et notamment au sein du mariage, condamner les viols collectifs comme arme de guerre et travailler avec d’autres pour les documenter et les signaler. Nous attendons d’eux qu’ils documentent et signalent davantage les cas de violence et leurs conséquences sur la santé. .

(Nous devons aussi chercher à protéger ceux qui protestent contre les mauvais traitements, y compris les médecins et les autres professionnels de santé. « .