Appel des médecins pour la suppression de la mutilation génitale féminine


(05.02.2010) L’Association Médicale Mondiale (AMM) et la Fédération Internationale de Gynécologie et Obstétrique (FIGO) lancent  un appel pour la suppression de la mutilation génitale féminine, considérée comme une forme flagrante de violence à l’encontre des femmes

  Pour marquer la journée internationale de tolérance zéro vis à vis de la MGF (6 février), les deux organisations, représentant des millions de médecins et 124 associations de gynécologues et obstétriciens dans le monde, condamnent vigoureusement la médicalisation de la mutilation génitale féminine.

 Le Professeur Gamal I. Serour, Président de la  FIGO, a déclaré: ‘La mort, de terribles douleurs, des hémorragies, le tétanos, la septicémie, des infections urinaires chroniques, des inflammations pelviennes, la stérilité, des complications accrues suite à une grossesse et une naissance ainsi que des effets indésirables sur le plan psychologique et sexuel ne sont que quelques exemples des très graves conséquences de la MGF. Cette pratique viole les principes régissant les droits humains ».

Il a fait savoir que selon un récent rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé sur les femmes et la santé, la MFG avait marqué un léger recul ces dernières années, que la MFG était pratiquée sur des femmes de plus en plus jeunes et que la proportion des filles qui subissaient la MFG avant l’âge de cinq ans était en nette augmentation. Le rapport fait également état d’une tendance croissante à la pratique de la MFG par les professionnels de santé.

 Dr. Dana Hanson, Président de l’AMM, a déclaré: « La médicalisation de la MFG nous inquiète beaucoup. Elle viole de manière évidente le code d’éthique médicale. Il ne devrait pas être nécessaire de rappeler aux médecins les graves dangers que représente la MFG pour les femmes et les jeunes filles pour qu’ils cessent de pratiquer ou d’encourager de telles pratiques. La MFG constitue  une violation des droits humains des femmes et jamais, en aucune circonstance,  des médecins et d’autres professionnels de santé ne devraient la pratiquer. Nous aimerions que les médecins et les associations médicales condamnent plus fermement ces traitements dangereux et dégradants ». 

Le Professeur Serour a ajouté : « Les professionnels de santé peuvent jouer un rôle  unique en faveur de la suppression de la MFG afin que les jeunes filles et les femmes conservent l’ensemble de leurs droits humains et de leurs libertés, qu’elles soient traitées dignement et avec compréhension ».