"Les médecins sont désespérés mais se taisent ", déclare le responsable de l'AMM


(09.11.2009) La profession médicale et les gouvernements ont été priés d’accorder une plus grande attention à la question du stress et de l’épuisement observés parmi les médecins selon les propos du Président de l’Association Médicale Mondiale

 Dr. Dana Hanson, dermatologue canadien, a déclaré que la profession médicale devait faire en sorte que l’on ne jette plus l'opprobre sur les médecins lorsqu’ils font état de leur épuisement et que les gouvernements devaient traiter le problème car des médecins en bonne santé et très résistants demeuraient plus longtemps en activité et plus important encore, permettaient aux patients d’accéder davantage à des soins.

Dr. Hanson lors de son intervention à la Global Forum of Health Leaders conference  de Taipei à Taiwan a déclaré aujourd’hui que d’après les études menées au Canada et ailleurs, 45% des médecins étaient proches de l’épuisement et que ce pourcentage était encore plus important dans les pays en voie de développement.

Pourquoi un médecin mène une belle carrière alors qu’un autre est dans une situation de stress ? La réponse réside pour une part dans la capacité à gérer et à surmonter l’adversité. La résilience signifie surmonter les défis, savoir réagir, tirer des leçons et évoluer.  

Les médecins, a-t-il dit, ne devraient pas devoir choisir entre l’économie de leurs forces et leur disponibilité auprès des malades. De nombreux médecins apparemment patients et enthousiastes s’épuisent en fait intérieurement et considèrent leur métier moins gratifiant. La pénurie mondiale de médecins a créé une surcharge de travail chronique et a généré du stress.

Dr. Hanson a expliqué que le fait d’avoir des médecins en bonne santé favorisait la santé des patients, apportait une plus grande satisfaction, sécurisait les soins et pérennisait la main d’œuvre.

Les médecins ne fument généralement pas  et contrairement à la croyance populaire, la consommation de drogues et d’alcool n’est pas plus importante dans la profession médicale que dans d’autres professions.

On est toutefois de plus en plus exigeant vis-à-vis des médecins et ces derniers manquant de plus en plus de contrôle, le désespoir s’installe parmi eux. Dans cette profession, les femmes notamment semblent davantage exposées à un risque de suicide et une grande part des médecins en général présente des symptômes de dépression et d’anxiété, selon les études.

Dr. Hanson a  déclaré que l’image et le professionnalisme des médecins, la menace pesant sur leur autorégulation, la sécurité des patients et la responsabilité incombant aux médecins sans qu’ils aient l’autorité contribuaient à un stress mental.

Il a ajouté qu’il était temps que les responsables de la profession et les gouvernements reconnaissent ces faits et agissent en faveur des médecins par le biais d’un leadership national, d’une sensibilisation aux problèmes, en limitant leur stigmatisation liée à leur  épuisement et par l’éducation.