L'Association Médicale Chinoise se déclare d'accord avec l'Association Médicale Mondiale pour s'opposer à la Transplantation d'Organes prélevés sur des Prisonniers


L'Association Médicale Chinoise s'est déclarée d'accord sur la non utilisation des organes prélevés sur des prisonniers et des détenus à des fins de transplantation, sauf si leurs organes sont destinés à leurs familles immédiates. Cet accord a été rendu officiel au cours de l'Assemblée Générale annuelle de l'Association Médicale Mondiale à Copenhague.

Dans un courrier à l'AMM, le vice-président et secrétaire général de l'Association Médicale Chinoise, Dr. Wu Mingjiang, déclare:
"J'aimerais vous faire savoir qu'après discussions au sein de l'Association Médicale Chinoise, nous sommes parvenus au consensus suivant : l'Association Médicale Chinoise approuve la prise de position de l'Association Médicale Mondiale sur le don et la transplantation d'organes humains stipulant que les organes des prisonniers et des autres personnes en détention ne doivent pas être utilisés à des fins de transplantation, sauf pour les membres de leurs familles immédiates".

"L'Association Médicale Chinoise, par son influence, continuera à contribuer au renforcement et au contrôle de la transplantation d'organes humains et à prévenir d'éventuelles violations des règlements par le gouvernement chinois. Nous espérons également travailler plus étroitement avec l'AMM et échanger des informations et des opinions sur le contrôle de la transplantation d'organes humains".

Dr Edward Hill, Président de l'AMM, a déclaré que cette annonce de l'Association Médicale Chinoise constituait une avancée très positive. "Nous poursuivrons notre dialogue avec l'Association Médicale Chinoise et inclurons d'autres associations médicales nationales dans un projet visant à établir les meilleures pratiques de prélèvements d'organes éthiquement acceptables. Ce programme pourrait aider non seulement la Chine confrontée à une grande demande d'organes mais également d'autres régions du monde faisant face à une grave pénurie d'organes".

Cette annonce de l'Association Médicale Chinoise intervient après plusieurs années de discussions entre l'Association et l'AMM consécutives aux rapports faisant état de transplantations d'organes prélevés sur des prisonniers exécutés. Il y a un an, lors de son Assemblée Générale en Afrique du Sud, l'AMM avait adopté une résolution soulignant l'importance d'un choix libre et éclairé pour le don d'organes, précisant que les prisonniers et les autres personnes en détention n'étaient pas en mesure de donner librement leur consentement. Elle avait demandé à l'Association Médicale Chinoise qu'elle condamne toute pratique violant ces principes éthiques et les droits de l'homme fondamentaux et qu'elle veille à ce que les médecins chinois ne soient pas impliqués dans le prélèvement d'organes sur des prisonniers exécutés. La résolution exigeait que la Chine cesse immédiatement d'utiliser les prisonniers comme des donneurs d'organes.

En début d'année, une délégation de l'AMM s'était déplacée à Pékin pour rencontrer des représentants de l'Association Médicale Chinoise et des membres du gouvernement chinois. L'ancien président de l'AMM, Dr Yoram Blachar, à la tête de cette délégation, avait ensuite déclaré qu'en dépit des divergences existantes entre les deux parties, la Chine commençait à bouger dans la bonne direction. Il s'appuyait notamment sur la nouvelle législation de la Chine interdisant le commerce d'organes. Lors de cette rencontre, accord avait été pris pour poursuivre les discussions sur la politique de l'AMM concernant la transplantation d'organes et le consentement.