Prise de Position de l'AMM sur les orientations naturelles de la sexualité humaine


Adoptée par la 64ÈME Assemblée Générale de l'AMM, Fortaleza, Brésil, Octobre 2013

PREAMBULE

En soignant, les professionnels de santé sont confrontés à la diversité humaine, y compris les différentes orientations de la sexualité.

La majeure partie de la recherche scientifique précise que l’homosexualité  est une variante naturelle de la sexualité humaine sans impact intrinsèque nocif sur la santé.

En conséquence, l’homosexualité  a été supprimée du manuel diagnostique officiel de l’Association de Psychiatrie Américaine en 1973. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) l’a supprimée de sa CIM en 1990 après un processus similaire d’étude scientifique. L’Organisation Panaméricaine de la Santé précise : "L’homosexualité ne constitue ni un trouble ni une maladie dans aucune de ces manifestations individuelles et ne nécessite donc aucun traitement".

La discrimination directe et indirecte, la stigmatisation, le rejet par les pairs et l’intimidation ont toujours  un impact sérieux sur la santé psychologique et physique des personnes homosexuelles ou bisexuelles. On observe chez les personnes qui en sont victimes, une prévalence plus élevée de dépression, d’anxiété, d’abus des substances, de troubles suicidaires et de tentatives de suicide. Le taux de suicide des adolescents et des jeunes adultes bisexuels ou homosexuels est en effet  trois fois plus élevé que celui de leurs pairs.

Cela peut être accentué par les thérapies dites de « conversion » ou « réparatrices » qui prétendent être en mesure de convertir l’homosexualité en asexualité ou hétérosexualité et donnent l’impression que l’homosexualité est une maladie. Ces méthodes ont été rejetées par de nombreuses organisations professionnelles en raison de l’absence de preuve de leur efficacité. Elles n’ont aucun fondement médical et représentent une menace sérieuse pour la santé et les droits humains des personnes traitées.

RECOMMANDATIONS

L’AMM affirme fermement que l’homosexualité n’est pas une maladie mais plutôt une orientation naturelle de la sexualité humaine.

L’AMM condamne toutes les formes de stigmatisation, de criminalisation et de discrimination basés sur l’orientation sexuelle.

L’AMM appelle à tous les médecins à classer les maladies physiques et psychologiques sur la base de symptômes cliniques pertinents conformément aux 10 critères de la CIM, indépendamment de l’orientation sexuelle, et à fournir une thérapie en accord avec les traitements et protocoles reconnus sur le plan international. 

L’AMM déclare que les approches psychiatriques ou psychothérapeutiques des traitements ne doivent pas porter  sur l’homosexualité en elle-même mais sur les conflits entre l’homosexualité et les normes et préjugés religieux, sociaux et intériorisés.

L’AMM condamne les méthodes dites de « conversion » ou « réparatrices ». Elles constituent une violation des droits humains et sont des pratiques injustifiables qui doivent être dénoncées et sanctionnées. Il est contraire à l’éthique pour les médecins de prendre part à de telles procédures