Prise de Position de l'AMM sur la Pollution sonore


Adoptée à la 44e Assemblée Médicale Mondiale, Marbella, Espagne, Septembre 1992
et amendée par la 58e Assemblée Générale, Copenhague, Danemark, Octobre 2007

Préambule

Compte tenu de la sensibilisation accrue aux questions environnementales et des connaissances acquises sur l'impact du bruit sur la santé, le mental, les performances et le bien-être, il est de plus en plus important de lutter contre la pollution sonore. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrit le bruit comme étant la principale nuisance environnementale des pays industrialisés.

Le bruit affecte les individus de diverses manières. Il perturbe les capacités auditives, le système neuro-végétatif, le mental, la communication orale, le sommeil et les performances. Le bruit étant un facteur de stress, l'organisme face au bruit consomme plus d'énergie et s'épuise davantage. Le bruit serait au départ propice aux maladies dans lesquelles le stress intervient comme les maladies cardio-vasculaires, avec alors des manifestations telles que l'hypertension, l'infarctus du myocarde, l'angine de poitrine ou même l'apoplexie.

Sur le plan psychologique, les effets sont dramatiques. Le stress causé par les bruits dans l'environnement - surtout le bruit lié à la circulation routière - est un souci majeur, non seulement dans les pays industrialisés mais de plus en plus aussi dans les pays en voie de développement.

Du fait de l'augmentation massive et continuelle de la circulation, à la fois sur les routes et dans les airs, le stress lié aux bruits dans l'environnement est en constante augmentation, dans sa durée et dans son étendue.

Les atteintes auditives provoquées par le bruit associé aux loisirs sont de plus en plus préoccupantes. La source sonore la plus fréquente dans ces moments de loisir provient de la musique. L'oreille y est soumise par les divers supports audio et dans de multiples endroits (lecteurs de musique portables, systèmes stéréo, discothèques, concerts). La plupart des individus sous estiment ou nient même consciemment les dégâts potentiels sur l'audition. La question majeure (ou aspect) réside dans le fait de sensibiliser les groupes à haut risque - généralement les jeunes. Les législateurs sont donc invités à intervenir et à limiter les dégâts potentiels en introduisant des réducteurs sonores sur les appareils de playback, en légiférant sur le volume sonore maximum autorisé lors des spectacles ou en interdisant les jouets pour les enfants d'un niveau sonore excessif.

Fidèle à son implication dans le domaine médico-social, l'Association Médicale Mondiale publie une prise de position sur la pollution sonore avec pour objectif de contribuer à la lutte contre les bruits environnementaux en fournissant des informations plus complètes et par une plus grande sensibilisation.

RECOMMANDATIONS

L'Association Médicale Mondiale fait appel aux Associations Médicales Nationales pour:

  1. Informer le public, notamment les personnes touchées par un environnement bruyant ainsi que les politiques, les décideurs des dangers de la pollution sonore.
  2. Demander aux ministres des transports et aux urbanistes de mettre au point des concepts à même de contrecarrer le niveau croissant de la pollution sonore dans l'environnement.
  3. Demander des dispositions légales pour lutter contre la pollution sonore dans l'environnement.
  4. Soutenir la mise en place de plans anti bruit et contrôler l'efficacité des mesures de contrôle.
  5. Informer les jeunes des risques associés à l'écoute de musique à plein volume comme celle émanant des lecteurs de musique portables, des casques stéréo, des systèmes audio dans les voitures, des concerts de rock et des discothèques.
  6. Inviter les instances éducatives à informer les élèves dès les premières années d'école de l'impact du bruit sur les individus, de la manière de palier le stress dû au bruit dans l'environnement, du rôle de chacun en tant qu'acteur de la pollution sonore et des risques associés à l'écoute de musique à plein volume.
  7. Fournir des informations sur les troubles de l'audition que l'on observe dans le domaine privé et qui résultent du fait de travailler avec de l'outillage électrique ou d'utiliser des véhicules à moteur trop bruyants.
  8. Mettre l'accent auprès des personnes exposées à des niveaux sonores excessifs sur leur lieu de travail de l'importance de se protéger contre les bruits irréductibles.
  9. Inciter les personnes responsables de la sécurité et de la santé professionnelles à prendre de nouvelles mesures pour réduire les émissions sonores afin d'assurer la protection sanitaire des employés sur leur lieu de travail.