Prise de Position de l'AMM sur la Réduction du Fléau Mondial du Mercure


Adoptée par la 59e Assemblée Générale de l'AMM, Séoul, Corée, Octobre 2008

Le mercure est un métal lourd présent dans la nature et constitue une puissante neurotoxine. L'exposition humaine au mercure passe le plus souvent par une ingestion de méthyle mercure présent dans des poissons contaminés, moins fréquemment par une inhalation des vapeurs de mercure anorganique lorsque du mercure est renversé ou au cours d'un processus de fabrication.

Le mercure a été considéré comme l'élément idéal à utiliser dans les appareils médicaux de mesure de la température et de la pression. De ce fait, un grand hôpital peut facilement posséder plus de 45 kg de mercure contenu dans différents appareils et situés dans divers locaux.

Les hôpitaux et les cliniques peuvent éviter les risques professionnels et environnementaux liés au mercure en utilisant des produits non basés sur la technologie du mercure. Les grands établissements de santé dans le monde ont montré qu'il existait des produits alternatifs sûrs, efficaces que l'on peut utiliser en toute sécurité dans la plupart des cas.

Même si des motifs d'ordre professionnel et environnemental sont à la base de nombreuses décisions volontaires de remplacer le mercure, des considérations financières peuvent aussi en fin de compte motiver les hôpitaux pour lancer un programme de remplacement du mercure. L'élimination des déchets dangereux, l'obligation de signaler le mercure renversé, la perturbation dans les services et la formation du personnel coûtent cher. Les coûts engendrés par l'élimination d'une contamination importante peuvent s'avérer beaucoup plus onéreux que de passer à des solutions sans mercure.

En mettant en place une méthode de gestion optimisée pour l'utilisation du mercure, on pourrait peut-être éviter la nécessité de davantage de mesures de régulation gouvernementales. Ces mesures de régulation risquent de grever lourdement les établissements, certains pouvant ne pas être en mesure d'en assumer ces coûts.

RECOMMANDATIONS

Les recommandations suivantes sont basées sur l'urgente nécessité de réduire à la fois la fourniture et la demande de mercure, dans le secteur de la santé :

Au niveau mondial :

L'Association Médicale Mondiale et ses associations médicales nationales devraient :

  • Plaider en faveur d'une coopération entre les Nations Unies et les gouvernements pour la mise en œuvre des points clés du Programme Mercure du Programme Environnemental des Nations Unies (UNEP) qui fournit un cadre pour réduire l'utilisation, la libération, le négoce et les risques liés au mercure.
  • Favoriser l'activité des partenariats existants.

Au niveau régional/national

Les associations médicales nationales devraient demander à leurs gouvernements de travailler à la réduction des risques liés au mercure dans l'environnement en :

  • Réduisant la dépendance à l'extraction du mercure au bénéfice de sources de mercure sans risque pour l'environnement, comme par exemple le mercure recyclé.
  • Développant des options et des plans scientifiquement validés pour sécuriser le stockage à long terme des surplus de mercure.
  • Demandant aux gouvernements et autres parties intéressées de continuer à aider les partenariats s'inscrivant dans le programme Mercure UNEP, par la mise à disposition de ressources techniques et financières.
  • Encourageant la suppression du mercure dans le secteur de la santé.
  • Concevant et mettant en place des règlementations et/ou des obligations visant à réduire significativement les émissions de mercure provenant de la combustion du charbon et de la production de ciment, en ayant recours à des contrôles spécifiques des émissions de mercure

Au niveau local

Les médecins devraient :

  • Etudier comment éliminer les produits à base de mercure dans leurs cabinets et leurs pratiques cliniques, y compris les thermomètres, les sphygmomanomètres, les tubes gastro-intestinaux, les piles, les lampes, les générateurs électriques, les thermostats, les jauges de pression et autres réactifs et dispositifs de laboratoire.
  • Veiller à ce que les hôpitaux et les établissements de soins locaux aient un plan pour identifier les sources de mercure sur le lieu de travail, s'engagent à réduire le mercure et aient une politique de gestion du mercure en matière de recyclage, d'élimination et de formation.
  • Encourager les hôpitaux et établissements de soins locaux à supprimer les produits à base de mercure et à passer à des équivalents sans mercure.
  • Guider les patients sur les conseils locaux et nationaux relatifs à la consommation de poisson et conçus pour limiter l'exposition au mercure des enfants et des femmes en âge de procréer.