Résolution de l'AMM sur l'Amélioration des Investissements dans la Santé Publique


Adoptée par la 50e Assemblée générale de l'Association médicale mondiale, Ottawa, Octobre 1998 et amendée par la 60e Assemblée générale, New Delhi, Inde, Octobre 2009

INTRODUCTION

Tous les pays devraient avoir un système de santé disposant de ressources suffisantes pour répondre aux besoins de sa population. De nombreux pays dans le monde subissent cependant de grandes inégalités en matière de soins de santé ce qui crée des problèmes d’accès aux services de santé pour les classes les plus pauvres de la société (les faibles ou les défavorisées). La situation est notamment grave dans les pays à faibles revenus.

La communauté internationale a tenté d’améliorer la situation. L'Initiative 20/20 de 1995, L'Initiative de 1996 sur les pays pauvres très endettés (PPTE) et les Objectifs de Développement pour le Millénaire (ODM) sont toutes des initiatives visant à réduire la pauvreté et à traiter la mauvaise santé, les inégalités entre les sexes, l’éducation, l’accès insuffisant à l’eau potable et la pollution de l’environnement.

Les objectifs sont formulés sous la forme d’un accord reconnaissant la contribution que les pays développés peuvent apporter par le commerce, l’assistance au développement, par la réduction de la dette, par un meilleur accès aux médicaments essentiels et par le transfert des technologies. Trois des huit objectifs concernent directement la santé. Celle-ci  a une énorme influence sur divers autres objectifs en interaction au sein d’une structure et établis pour améliorer le développement humain dans son ensemble. Les Objectifs de Développement pour le Millénaire (ODM)  prévoient un développement basé sur la santé et l’éducation, pointant en cela le fait que le développement ne concerne pas uniquement la croissance économique.

Plusieurs rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé ont souligné les possibilités et les compétences (ou techniques)  permettant actuellement d’améliorer de façon significative la santé et donc de  réduire la pauvreté et de stimuler la croissance. De plus, les rapports font remarquer qu’il est capital de pallier le manque de ressources humaines afin d’améliorer les performances du système de santé publique ce qui est urgent. Ce manque est lié aux conditions de travail, à la formation et à la rémunération. Il est important pour évaluer le niveau d’amélioration de l’accès aux services de santé.

RECOMMANDATIONS:

L'Association Médicale Mondiale demande aux Associations Médicales Nationales:

1. De s’impliquer pour que les gouvernements respectent et promeuvent les propositions relatives à une augmentation des investissements dans le secteur de la santé; respectent et promeuvent les initiatives pour alléger  la dette des pays les plus pauvres de la planète.

2. De plaider en faveur (défendre) d’une intégration des facteurs de santé publique dans toutes les décisions politiques car la santé est grandement déterminée par des facteurs extérieurs. (La santé ce n’est pas uniquement la médecin, elle dépend également du niveau de vie).

3. D’encourager et de soutenir les pays dans la préparation et la mise en place de plans d’investissement dans  le domaine de la santé pour les pauvres; de garantir que davantage de ressources sont consacrées à la santé en général avec plus d’efficacité et d’impact ; de limiter les restrictions afin d’utiliser le plus efficacement possible les investissements supplémentaires.

4. De demeurer vigilant afin que les plans d’investissement se consacrent principalement à créer des capacités, à promouvoir les compétences de leadership et à fournir des incitations pour la conservation et l’emploi de personnel qualifié tout en considérant que les restrictions en matière de personnel constituent actuellement le principal obstacle au progrès.

5. De faire pression auprès des institutions financières internationales et des autres donateurs importants:

 i) afin qu’ils adoptent les mesures nécessaires pour aider les pays ayant déjà mis en place des mécanismes de préparation de plans d’investissement et fournissent une assistance aux pays qui ont commencé à prendre les mesures nécessaires, avec le soutien et la participation de la communauté internationale;

ii) afin qu’ils aident les pays à obtenir des fonds pour développer et instaurer leurs  plans d’investissements ;

iii) afin qu’ils  continuent de fournir une assistance technique aux pays dans le cadre de leurs projets.

6. D’échanger des informations afin de coordonner les efforts pour un changement politique dans ces domaines.