Prise de position de l'AMM sur la vaccination contre le papillomavirus humain


Adoptée par la 64ème Assemblée générale de l'Association médicale mondiale, Fortaleza, Brésil, octobre 2013

PREAMBULE

La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) constitue une opportunité unique et utile pour les médecins afin de prévenir de manière significative la morbidité et la mortalité de certains cancers dans toutes les populations et d’améliorer la santé maternelle.  Le vaccin HPV mérite donc d’être considéré par l’Association Médicale Mondiale (AMM) à part des autres vaccins.

Le HPV est un virus sexuellement transmissible, si fréquent que la plupart des adultes ayant une vie sexuelle sont infectés à un certain moment de leur vie. La plupart des infections sont asymptomatiques et se résolvent sans intervention médicale.  Certains des 40 types de HPV peuvent cependant provoquer un cancer de l’utérus. HPV est à l’origine de près de 100% des cancers de l’utérus et peut provoquer également des cancers du vagin,  de la vulve, de l'anus, du pénis ainsi que de la tête et du cou. Le cancer de l’utérus représente plus de 10% des cancers féminins et la majorité des décès liés à un cancer de l’utérus se situent dans les pays en voie de développement.

Les vaccins peuvent protéger contre l’infection par les types les plus communs du HPV et assurer une protection contre le cancer. Le Comité Consultatif des E.U sur les pratiques d’immunisation recommande la vaccination contre HPV aussi bien pour les femmes que les hommes à partir de 11 ans et jusqu’à 26 ans. L’avantage de la vaccination des jeunes hommes est non seulement de prévenir la transmission du HPV aux partenaires sexuels. La protection supplémentaire apportée par le vaccin  quadrivalent contre les verrues génitales,  le cancer de l’utérus et d’autres cancers devrait être prise en considération dans la mise au point des programmes de vaccination contre HPV.  Les vaccins HPV sont efficaces ; des études post commercialisation ont montré une baisse de la  prévalence du HPV et des troubles apparentés tels que les verrues génitales et une cytologie anormale du col de l’utérus. Les études concernant la sécurité des vaccins HPV ont été rassurantes.

Ces vaccins devraient être largement disponibles et encouragés par les médecins au titre du bien-être individuel des patients et de la santé publique.

RECOMMANDATIONS

L’AMM demande expressément aux médecins de se former et d'éduquer leurs patients sur HPV et sur les maladies apparentées, sur la vaccination HPV et le dépistage routinier du cancer de l’utérus ; et encourage la mise au point et le financement de programmes pour assurer la disponibilité du vaccin HPV et permettre un dépistage du cancer de l’utérus dans des pays ne possédant pas de programmes de dépistage du cancer de l’utérus organisés.

Les Associations Médicales Nationales (AMN) sont encouragées à assurer une large formation  de leurs membres et à les sensibiliser afin :

  • D’améliorer la prise de conscience et la compréhension de HPV et des maladies apparentées ;
  • De comprendre le besoin d’accessibilité et l’efficacité des vaccins HPV ;
  • De comprendre la nécessité d’inclure les vaccins HPV dans les programmes d’immunisation nationaux;
  • De comprendre la nécessité d’un dépistage routinier du cancer de l’utérus ; et
  • D’intégrer les méthodes de prévention des cancers liés au HPV, la détection et le dépistage précoces, le diagnostic, le traitement et les soins palliatifs dans les programmes actuels de formation permanente et de formation préparatoire. Une telle formation aura un effet de levier sur les supports actuels en faveur de programmes HPV et contribuera à développer des capacités et à améliorer l’assurance qualité.

Les AMN sont également encouragées à: 

  • Intégrer la vaccination HPV pour tous les adolescents et le dépistage routinier du cancer de l’utérus pour les jeunes femmes dans tous les centres de santé et les consultations;
  • Favoriser la disponibilité du vaccin HPV et le dépistage routinier du cancer de l’utérus pour les populations qui sont les premières à bénéficier de mesures préventives comprenant sans s’y limiter les patients à risques comme par ex. ceux à faibles revenus, ceux défavorisés et pour les populations qui n’ont pas encore de vie sexuelle;
  • Recommander la vaccination HPV à toutes les populations concernées;
  • Sensibiliser les membres à la prévention du HPV, aux soins et aux traitements ; et
  • Mettre en place un réseau de médecins et de praticiens désireux et capables de piloter et de s’entraider et créer des passerelles avec le vaccin actuel HPV et les réseaux de prévention des cancers.