Résolution de l'AMM sur la Maladie Virale Ebola


Adoptée par la 65ème Assemblée Générale de l'AMM, Durban, Afrique du Sud, octobre 2014

CONTEXTE

Un certain nombre de maladies virales ont donné lieu à des urgences sanitaires dans certaines régions d’Afrique, sous la forme d’épidémie  ou de pandémie. Parmi celles-ci figurent les maladies à virus  Lassa, Marburg et Ebola (MVE). La flambée de  MVE en 2013-2014 en Afrique de l’Ouest s’est avérée plus difficile à contenir que les épidémies précédentes et touche à présent la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée avec plus de 2000 morts. Cette épidémie semble s’accompagner d’une mortalité d’env. 55% alors que les pourcentages varient de  50 à 95% pour MVE.

Après contamination,  pendant une période de 2 à  21 jours, les patients ne présentent pas de symptômes et   les tests pour le virus sont négatifs. Les patients ne sont pas contagieux et ne constituent donc pas un risque de santé publique. Une fois  les symptômes apparus, MVE se propage par contact avec les fluides corporels dont le sang. La diarrhée, les nausées et les saignements font partie des symptômes et tous ces fluides corporels sont potentiellement des sources de contamination.

La prise en charge commence par un contrôle de l’infection, le port d’un  équipement de protection personnel (EPP) pour le personnel soignant et pour ceux chargés de l'élimination des fluides corporels et des corps ainsi que par des soins dispensés aux patients malades avec recours à des solutions intraveineuses  et des agents inotropes. Le traçage des contacts est également important mais peut s’avérer difficile dans de nombreuses communautés touchées actuellement. Les vaccins sont en cours de développement tout comme certains antiviraux. Ils ne seront pas disponibles avant un certain temps et seulement lorsque leur efficacité aura été prouvée.

Le personnel soignant au sein des communautés infectées pointe  un manque évident de ressources et notamment de personnel et d’EPP ainsi qu’un manque de formation à la lutte contre les infections du personnel  de santé, du personnel soignant et des autres personnes impliquées.   Combattre  l'épidémie n’en est que plus difficile.

Pour répondre à l'urgence certains gouvernements ont fait savoir qu’ils allaient construire de nouveaux centres de soins dans les zones touchées. D'autres fournissent directement des équipements de protection personnels et d'autres fournitures.

RECOMMANDATIONS

  1. L’AMM rend hommage à ceux qui travaillent dans ces circonstances exceptionnelles et recommande vivement que les gouvernements nationaux et les agences internationales offrent aux parties intéressées une formation et une assistance pour réduire les risques qu’ils encourent en traitant les patients et en tentant de maitriser l’épidémie.
  2. L’AMM salue les pays qui ont mobilisé des ressources pour la mise au point de nouveaux traitements et la création de centres d’isolement  dans les pays et régions lourdement touchés. L’AMM demande à tous les pays un soutien renforcé afin de lutter contre l’épidémie de MVE.
  3. L’AMM demande  à la communauté   internationale, via les Nations Unies et ses agences ainsi que les organismes d’aide internationale,  de fournir immédiatement les EPP nécessaires au personnel soignant et au personnel auxiliaire afin de limiter le risque d’infection croisée. Il fau t y inclure la fourniture de gants adéquats, de masques et de blouses. Les centres de soins à tous les niveaux doivent aussi être approvisionnés. 
  4. L’AMM demande à ceux chargés de la gestion de l’épidémie, agences et gouvernements locaux et nationaux comme par ex. l’OMS, d'assurer une formation  adéquate à la lutte contre les infections ce qui inclut les EPP pour tout le personnel susceptible d’être en contact avec des substances infectieuses.
  5. L’AMM demande aux gouvernements nationaux et locaux d’intensifier la communication au niveau public des pratiques basiques de lutte contre l’infection.
  6. L’AMM demande à l’OMS de faciliter la recherche d’une meilleure efficacité et rapidité des interventions internationales  afin que la planification et la réponse aux futures urgences sanitaires soient améliorées. 
  7. L’AMM demande expressément à tous les pays, notamment ceux qui ne sont pas encore touchés, d’instruire les prestataires de soins sur la définition actuelle du cas en plus d'un renforcement des méthodes de contrôle de l’infection et du traçage des contacts afin de prévenir la transmission dans leurs pays.
  8. L’AMM demande aux AMN de prendre contact avec leurs gouvernements pour agir conformément à ce qui est décrit dans ce document.