Déclaration de Rancho Mirage de l'Association Médicale Mondiale sur l'Enseignement Médical


Adoptée par la 39e Assemblée Médicale Mondiale Madrid (Espagne), Octobre 1987
et supprimée à l'Assemblée générale de l'AMM, Pilanesberg, Afrique du Sud, octobre 2006

PREAMBULE

La formation médicale est un enseignement permanent qui débute avec l'admission dans une école de médecine et se termine avec la cessation des activités professionnelles. Elle a pour but de préparer les étudiants en médecine, les médecins en formation et les médecins praticiens à mettre en application les dernières découvertes scientifiques en vue de la prévention et du traitement des maladies qui peuvent atteindre l'homme ainsi que du soulagement des souffrances causées par les maladies actuellement incurables. La formation médicale doit aussi inculquer aux médecins les critères éthiques de pensée et de comportement qui les conduiront à aider les autres plutôt qu'à chercher un profit personnel. Chaque médecin, quel que soit son domaine de pratique, est membre du corps médical. En tant que membre de la profession médicale, tous les médecins doivent accepter la responsabilité de maintenir un niveau élevé à la formation médicale, non seulement pour eux-mêmes, mais également pour l'ensemble de la profession. Cette formation médicale doit être fondée sur les principes suivants:

PRINCIPES DE LA FORMATION MEDICALE

  • PRINCIPE I
    Principes fondamentaux de la formation médicale

    La formation médicale comprend la formation menant au diplôme de base, la formation clinique préparatoire à l'exercice de la médecine générale ou d'une spécialité et la formation permanente du médecin tout au long de sa vie active. La profession, les facultés et autres institutions d'enseignement, ainsi que le gouvernement se partagent la responsabilité de garantir le haut niveau et la qualité de l'enseignement médical.

  • PRINCIPE II
    La formation médicale universitaire

    Le but de l'enseignement médical est de former des médecins aptes, en raison de leur préparation, à pratiquer leur profession sans limitation.

    Le diplôme de base devrait sanctionner l'accomplissement d'un programme qui qualifie l'étudiant pour un éventail de carrières possibles comprenant les soins aux patients, la santé publique, la recherche fondamentale ou clinique, ou l'enseignement médical. Chacun de ces choix suppose une formation complémentaire au-delà du diplôme de base.

  • PRINCIPE III
    L'enseignement de la faculté

    L'enseignement médical sanctionné par la diplôme de base doit être dispensé par une faculté qui doit, pour ce faire, disposer des qualifications académiques appropriées qui ne peuvent être acquises qu'à travers la formation professionnelle et l'expérience. La sélection de la faculté devrait se faire sur la base des qualifications de l'individu, indépendamment de toute considération d'âge, de sexe, de race, de croyance, d'appartenance politique ou de nationalité. Il appartient à la faculté de créer un environnement académique au sein duquel enseignement et recherche pourront s'épanouir au mieux. A cet égard, les institutions académiques doivent poursuivre des recherches approfondies visant au progrès de la science médicale et à la fourniture de soins de la plus haute qualité, pour faire la preuve des meilleurs critères médicaux.

  • La responsabilité des buts, du contenu, de la présentation et de l'évaluation de l'enseignement dispensé incombe à l'institution d'enseignement avec la participation de l'association médicale nationale. Il appartient à la faculté d'organiser son propre programme de base dans un contexte académique libre au sein duquel enseignement et recherche pourront s'épanouir au mieux.

    Des réexamens fréquents des programmes, tenant compte des besoins de la communauté et de l'apport des médecins praticiens, devraient être réalisés par les facultés pour autant que les besoins de la communauté ne nuisent pas à la qualité de l'enseignement médical. L'accréditation des facultés suppose la mise à disposition de bibliothèques, laboratoires de recherche, équipements cliniques et auditoires permettant de répondre aux besoins des étudiants. Par ailleurs, une structure administrative adéquate doit être mise sur pied et des dossiers académiques doivent être tenus. Lorsque les éléments nécessaires sont réunis, la formation clinique des praticiens et des spécialistes peut être patronnée par une université ou par un hôpital.

  • PRINCIPE IV
    Le contenu de l'enseignement médical

    L'enseignement pratique devrait inclure l'étude des sciences biologiques et du comportement, ainsi que des aspects socio-économiques des soins de santé. Ces sciences sont indispensables à l'appréhension de la médecin clinique. Le sens critique et l'autodidactisme devraient aussi être exigés de même qu'un profond attachement aux règles éthiques qui régissent la profession.

  • PRINCIPE V
    La formation clinique

    La partie clinique de la formation médicale doit être centrée sur l'observation des patients et doit inclure des expériences directes de diagnostic et de traitement des maladies.

    Cette partie clinique doit comprendre le diagnostic personnel et l'expérience thérapeutique avec un accès progressif aux responsabilités. Le nombre d'étudiants admis aux études et à la formation au chevet des patients doit être adéquatement adapté.

    Avant de se lancer dans la pratique indépendante, tout médecin devrait se soumettre à une formation clinique structurée. Cette formation, généralement d'au moins une année, devrait se caractériser par un accroissement contrôlé de la responsabilité en matière de prise en charge des problèmes cliniques.

    Il incombe à la faculté de s'assurer que les étudiants qui recevront le diplôme de base ont acquis une connaissance élémentaire de la médecine clinique, les aptitudes requises pour évaluer les problèmes cliniques et prendre leurs décisions de manière indépendante, et qu'ils ont une attitude et une personnalité conformes à l'éthique médicale.

  • PRINCIPE VI
    Sélection des étudiants

    Un enseignement libre est hautement souhaitable avant d'entreprendre des études de médecine. La sélection des étudiants en médecine devrait s'opérer sur la base de leurs motivations, de leur formation antérieure et de leur personnalité. Le nombre d'étudiants en médecine ne doit pas excéder les moyens mis à disposition de l'enseignement et les besoins de la population. La sélection des étudiants ne devrait pas être fonction de l'âge, du sexe, de la race, des croyances, des tendances politiques ou de la nationalité.

  • PRINCIPE VII
    L'enseignement médical de troisième cycle

    Il est souhaitable que le médecin suive un cours de troisième cycle après l'obtention du diplôme de base et qu'il choisisse une spécialisation entre les soins aux patients, la santé publique, la recherche clinique ou fondamentale, ou l'enseignement de la médecine. Des programmes structurés de formation clinique devraient précéder l'exercice de la médecine en pratique indépendante qui comprend tant les spécialités que la médecine générale. La profession médicale a la responsabilité de s'assurer que ces programmes de formation clinique qui suivent le diplôme de base ont bien été suivis.

  • PRINCIPE VIII
    La formation médicale continue

    Chaque médecin doit s'engager à étudier sa vie durant. Ces programmes de formation sont indispensables si la médecine veut se tenir au courant des progrès de la médecine et s'il veut entretenir la connaissance et les aptitudes nécessaires pour dispenser des soins de qualité. Les progrès scientifiques sont indispensables à des soins de santé appropriés.

    Les écoles de médecine, les hôpitaux et sociétés professionnelles se partagent la responsabilité de promouvoir et de mettre à la portée de tous les médecins des programmes de formation permanente.

    La demande de soins médicaux, de prévention des maladies et de conseils en matière de santé exige le plus haut niveau de l'enseignement universitaire de troisième cycle, ainsi que de la formation médicale continue.