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adoptée par l'Assemblée Générale
de l'AMM, Copenhague, Danemark, octobre 2007
Introduction
En médecine, l'utilisation de cellules et tissus humains
à des fins thérapeutiques couvre un vaste domaine.
Il convient d'établir des différenciations afin
que l'équité règne parmi les différentes
demandes de la biomédecine.
L'utilisation de "prélèvements tissulaires"
tels que cornées, os, vaisseaux sanguins et valves cardiaques,
est considérée comme une méthode thérapeutique
bien établie. Les prélèvements sont prélevés,
conservés, stockés puis greffés sur les patients
dans un intervalle de temps variable. En principe, ils doivent
donc être traités de la même manière
que des organes utilisés pour des transplantations (cf.
Déclaration de l'AMM sur le don et la transplantation d'organes
et de tissus humains, Edinbourg 2000).
Par opposition les " thérapies avancées "
telles que l'ingénierie tissulaire et d'autres techniques
de la médecine régénératrice, impliquent
l'emploi de tissus humains comme matériau de base pour
obtenir un produit fini. Même si des alternatives thérapeutiques
avérées existent déjà, ces méthodes
seront probablement de plus en plus importantes sur le plan thérapeutique
et de nombreuses évolutions dans ce domaine pourraient
voir le jour. Dans l'optique d'une manipulation des tissus impliqués,
de la nature souvent industrielle des établissements de
production et de l'éventualité d'une centralisation
des tissus, ce secteur de la biomédecine doit être
réglementé d'une manière différente
que celui de la transplantation des tissus.
L'AMM limite cette prise de position aux tissus destinés
à des transplantations et publie les Recommandations
suivantes pour ce secteur de la biomédecine :
- Les médecins ont le devoir fondamental de traiter
leurs patients à partir de leurs meilleures connaissances
et compétences possibles. Cela ne signifie toutefois
pas se procurer des tissus humains à des fins thérapeutiques
d'une manière non éthique ou illégale.
L'obtention des tissus doit toujours prendre en considération
les droits de l'homme et les principes de l'éthique médicale.
- Pour permettre la disponibilité de tissus à
des fins de transplantation, les médecins doivent informer
les donneurs potentiels et/ou leurs familles sur la possibilité
de donner des tissus. Dans le cas d'un don à la fois
d'organe et de tissu, il convient simultanément de fournir
les informations et d'obtenir un consentement.
- Il faut veiller à ce que le don de tissus soit un acte
volontaire. Le consentement du donneur ou de sa famille parfaitement
éclairé et n'ayant donné lieu à
aucune coercition est indispensable pour toute utilisation de
tissu humain à des fins de transplantation. La prise
de décision libre et éclairée est une procédure
nécessitant l'échange d'informations et leur compréhension
ainsi que l'absence de toute coercition. Les prisonniers et
autres personnes en détention n'étant pas en mesure
de donner leur consentement en toute liberté et pouvant
être sujets à une coercition, leurs tissus ne doivent
pas être utilisés à des fins de transplantation,
sauf pour les membres de leur famille proche.
- Les incitations financières telles que des paiements
directs pour obtenir un don de tissu à des fins de transplantation
doivent être bannies de la même manière que
pour des transplantations d'organes. Toutes les autres étapes
telles que l'approvisionnement, les tests, le traitement, la
conservation, le stockage et l'attribution de prélèvements
tissulaires, ne doivent pas non plus faire l'objet d'une transaction
commerciale.
- Si à la fois des organes et des tissus peuvent être
prélevés sur un donneur potentiel pour une greffe
ultérieure, le don d'organe doit être prioritaire
sur le don de tissu.
- Le don posthume de tissu à un receveur désigné
(don direct au-delà de la famille proche) doit être
évité. Un don effectué par quelqu'un de
son vivant requiert deux conditions :
- Prouver le lien personnel direct existant entre le donneur
et le receveur (relations de sang, époux) et
- Exclure un intérêt matériel potentiellement
coercitif.
- Pour les dons posthumes de tissus, l'AMM demande à
ce que le constat de décès soit effectué
conformément à la Déclaration de Sydney
sur la Détermination de la Mort.
- Le risque de transmission de maladies (par ex. infections,
tumeurs malignes) par des tissus greffés doit être
minimisé par des tests appropriés non seulement
conformes aux normes standards mais reflétant le niveau
scientifique et technologique atteint par le pays concerné
dans le domaine médical.
- Dans le cas d'un retard dans le diagnostic d'une maladie infectieuse
ou d'une tumeur maligne sur le donneur, une alerte doit être
immédiatement diffusée à tous les receveurs
de tissus afin de mettre en place les mesures de précaution
qui s'imposent.
- Il faut éviter toute contamination au moment du prélèvement,
du stockage, du traitement et de la greffe des tissus.
- Des protocoles d'attribution non éthiques de greffes
tissulaires doivent être bannis. Les attributions doivent
reposer sur des indications médicales, sur l'urgence
et sur les perspectives de réussite.
- Des études expérimentales et cliniques, tout
comme des débats ouverts sur les principes éthiques
et moraux de la société, sont importants pour
établir de nouvelles méthodes de traitement. L'ensemble
des études expérimentales et cliniques doivent
être menées conformément à la Déclaration
d'Helsinki de l'AMM.. Les scientifiques et les médecins
doivent informer constamment le public des évolutions
de la biomédecine et de ses solutions thérapeutiques.
- L'échange international de tissus à des fins
de transplantation doit être réglementé
correctement selon les standards convenus.
- Les informations sur les donneurs de tissues doivent être
enregistrées et préservées par les centres
de transplantation nationaux et doivent être fournies
uniquement si le donneur de son vivant ou la famille du donneur
décédé fournit un consentement libre et
éclairé.
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