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Adoptée par l'Assemblée générale
de l'AMM, Pilanesberg, Afrique du Sud, octobre 2006
Préambule
- La technologie de procréation assistée englobe
une vaste gamme de techniques destinées au départ
à aider les couples ne pouvant pas procréer sans
une assistance médicale. Depuis la naissance du premier
bébé appelé " bébé éprouvette
" en 1978, plus de 1,5 million d'enfants dans le monde
ont vu le jour grâce à la technique de la FIV.
- Le terme de technologie de procréation assistée
inclut des techniques telles que la fécondation in vitro
(FIV) et injection de spermatozoïde dans le cytoplasme
(ICSI). Cette technologie englobe donc tous les traitements
comportant une manipulation médicale et scientifique
de gamètes et d'embryons humains afin de provoquer une
grossesse. Même si certaines législations ont considéré
l'insémination artificielle -utilisation de la semence
d'un donneur ou de la semence du partenaire de la patiente -
comme différente, beaucoup des questions sur la réglementation
pour obtenir, stocker, utiliser et disposer des gamètes
et des embryons sont étroitement imbriquées. Dans
cette prise de position, les traitements telle que l'insémination
artificielle sont exclus.
- Les technologies de procréation assistée soulèvent
de graves questions morales. Les opinions et les croyances sur
le statut moral de l'embryon - éléments clés
des débats dans ce domaine - varient dans chaque pays
et entre chaque pays. La réglementation sur la procréation
assistée varie d'un pays à l'autre. Alors que
sur certaines questions, un consensus est possible, des divergences
fondamentales persistent sur d'autres. Cette prise de position
identifie les terrains d'entente et souligne les points sur
lesquels il n'existe pas de consensus. Les médecins confrontés
à de telles situations doivent se conformer aux lois
et règlementations en vigueur ainsi qu'aux consignes
éthiques et aux standards professionnels établis
par l'Association Médicale Nationale et par les autres
organisations communautaires concernées.
- Les médecins ayant recours aux technologies de procréation
assistée doivent toujours tenir compte de leurs devoirs
éthiques vis-à-vis de l'enfant qui pourrait voir
le jour suite au traitement. Si la preuve est faite que le futur
enfant subira un grave préjudice, le traitement ne doit
pas être mis en uvre.
- Comme pour toutes les autres procédures médicales,
les médecins ont une obligation éthique de limiter
leur pratique à des domaines où ils sont compétents
et expérimentés, de respecter les droits des patients.
Ces droits incluent celui de l'intégrité corporelle
de la personne et l'absence de contrainte. En pratique, cela
signifie l'existence d'un consentement valable ou concret comme
pour toutes les procédures médicales ; la validité
d'un tel consentement dépend de la justesse des informations
fournies à la patiente et de sa liberté de décision,
ce qui signifie l'absence de contrainte ou d'autres pressions
pour influencer la décision.
- La procréation assistée diffère du traitement
de la maladie par le fait que l'impossibilité d'enfanter
sans intervention médicale n'est pas toujours considérée
comme une pathologie. Tout en pouvant avoir un profond impact
psychosocial et donc médical, il n'y a pas d'atteinte
à la vie. C'est cependant une cause fréquente
de graves troubles psychologiques qu'il faut traiter médicalement.
- L'obtention du consentement éclairé de ceux
qui envisagent un traitement doit s'accompagner d'une étude
des autres solutions, y compris celle de ne pas avoir d'enfant
ou de recourir à l'adoption, des risques associés
aux diverses techniques et de la possibilité d'un échec.
Dans de nombreuses législations, la procédure
d'obtention du consentement s'accompagne obligatoirement d'une
procédure d'information et d'une proposition d'assistance-conseil.
Elle peut aussi inclure une évaluation de la patiente
dans l'optique du bien-être de l'enfant potentiel.
- Les patients faisant appel à des technologies de procréation
assistée ont droit au même niveau de confidentialité
et de respect de la vie privée que pour tout autre traitement
médical.
- La technologie de procréation assistée implique
toujours la manipulation des gamètes et embryons humains.
On se pose plus au moins de questions à ce sujet mais
généralement on s'accorde à dire que des
mesures de sécurité spécifiques doivent
permettre de prévenir les abus. Dans certaines législations,
tous les centres manipulant de tels matériaux doivent
posséder un agrément et prouver qu'ils sont en
conformité avec des normes très strictes.
La réussite des techniques
- Les différentes techniques ont un taux de réussite
très variable d'un centre à l'autre. Les médecins
ont obligation de communiquer les taux de réussite réels
aux patientes potentielles. Si leur taux de réussite
est très différent du taux courant, ils doivent
le faire savoir aux patientes. Ils doivent également
en étudier les causes car il est possible que ce soit
lié à une mauvaise pratique et si tel est le cas,
ils doivent palier leurs manques.
Grossesses multiples
- Le transfert de plus d'un embryon accroît les chances
de fixation d'au moins un embryon. En contrepartie, on sait
que dans les grossesses multiples, les risques sont plus grands,
notamment celui d'une fausse couche. Le risque des grossesses
gémellaires, tout en étant plus élevé
que celui des grossesses uniques, est considéré
comme acceptable par la plupart des gens. Les praticiens doivent
se conformer aux directives professionnelles quant au nombre
maximum d'embryons à implanter par traitement. En cas
de grossesses multifoetales, il peut être envisagé
sur des bases médicales de pratiquer une réduction
embryonnaire pour augmenter les chances de porter la grossesse
à terme, lorsque la législation nationale et le
code éthique l'autorisent.
Dons
- Certaines patientes ne produisent pas de gamètes
exploitables. Elles ont besoin de donneurs d'ovules ou de sperme.
Le don doit faire suite à une assistance-conseil et être
soigneusement contrôlé afin d'éviter les
abus, y compris les contraintes exercées par les donneurs
potentiels. Ces derniers ne doivent pas être rémunérés
ou bénéficier d'avantages en nature (par ex. traitements
gratuits ou à faible coût) afin de les inciter
à faire des dons mais peuvent éventuellement être
remboursés des dépenses jugées raisonnables.
- Lorsqu'un enfant est né à la suite d'un
don, la famille doit être encouragée à lui
en parler ouvertement, indépendamment du fait de savoir
si la loi du pays autorise ou non que l'enfant soit informé
sur le donneur. Il est difficile de garder des secrets dans
les familles et l'enfant peut pâtir d'informations sur
l'origine de sa conception données maladroitement et
sans soutien approprié.
Diagnostic Génétique Préimplantatoire
(DPI)
- Le Diagnostic Génétique Préimplantatoire
(DPI) peut être réalisé sur des embryons
au premier stade pour détecter la présence d'anomalies
génétiques ou chromosomiques, notamment celles
associées à une grave maladie et à une
mort très prématurée ainsi que pour d'autres
raisons telles que l'identification des embryons offrant toutes
les chances d'une implantation réussie sur les femmes
ayant eu de multiples fausses couches. Les embryons présentant
des anomalies sont éliminés ; seuls ceux apparemment
normaux sur le plan génétique et chromosomique
sont implantés.
- Cette technique efficace ou des techniques plus simples
ne doivent pas être utilisées pour des motifs superficiels
tels que des préférences de sexe. L'AMM pense
que les médecins doivent choisir le sexe uniquement lorsqu'il
s'agit d'éviter une pathologie grave liée aux
chromosomes sexuels telle que la dystrophie musculaire de Duchenne.
- Le DPI peut aussi être associé à une
combinaison HLA pour sélectionner les embryons en partant
de l'hypothèse que les cellules souches du sang du cordon
ombilical de l'enfant à naître pourraient être
utilisées pour traiter une sur ou un frère
gravement malade. Les avis sur la recevabilité de cette
pratique sont variables et les médecins doivent suivre
la législation nationale et les standards éthiques
et professionnels lorsqu'ils sont confrontés à
de telles demandes.
Utilisation de gamètes et embryons et élimination
des gamètes et embryons non utilisés
- La plupart du temps, la procréation assistée
entraîne la production de gamètes et d'embryons
qui ne seront pas utilisés pour traiter ceux qui les
ont fournis. Ce que l'on appelle les gamètes et embryons
surnuméraires peuvent être stockés et cryoconservés
pour une utilisation ultérieure, donnés à
d'autres patientes ou éliminés. En lieu et place
d'une élimination, dans les pays où la recherche
embryonnaire est autorisée, ces embryons peuvent être
donnés à des centres de recherche. Ces options
doivent être clairement expliquées aux personnes
avant le don ou le prélèvement.
Mère porteuse
- Lorsqu'une femme est incapable, pour des raisons médicales,
de porter un enfant à terme, on peut recourir à
une mère porteuse pour solutionner l'absence d'enfant
à la condition que la législation nationale ou
les règles éthiques de l'Association Médicale
Nationale ou d'autres organisations concernées l'autorisent.
Là où l'on fait appel à des mères
porteuses, il faut scrupuleusement veiller à protéger
les intérêts de toutes les parties impliquées.
Recherche
- Les médecins doivent encourager la recherche utilisant
les tissus collectés pendant les procédures de
procréation assistée. En raison du statut spécial
des matériaux utilisés, la recherche sur les gamètes
humains et en particulier sur les embryons humains est très
réglementée dans de nombreuses législations.
Les médecins ont le devoir éthique de respecter
cette réglementation et de contribuer aux débats
publics et à la compréhension de ce sujet.
- En raison de la nature spéciale des embryons humains,
la recherche doit être soigneusement contrôlée
et se limiter aux domaines dans lesquels aucun autre matériau
ne peut constituer une solution de remplacement.
- Les opinions et la législation diffèrent
sur la question de savoir si les embryons peuvent être
créés spécifiquement pour la recherche
ou pendant la recherche. Les médecins doivent agir conformément
à la législation nationale et aux recommandations
éthiques locales.
Remplacement de noyau cellulaire
- L'AMM s'oppose à la technique de remplacement
du noyau cellulaire qui vise à cloner des êtres
humains.
- Le remplacement du noyau cellulaire peut également
être appliqué pour développer des cellules
souches embryonnaires dans l'optique de la recherche et en fin
de compte, il faut l'espérer, pour le traitement de nombreuses
maladies graves. Ce type de recherche et sa recevabilité
donne lieu à des divergences d'opinion et les médecins
souhaitant participer à de telles recherches doivent
veiller à agir en conformité avec la législation
nationale et les directives éthiques locales.
Recommandations
- La procréation assistée est un secteur
médical dynamique, évoluant rapidement. Conjointement
au suivi scientifique, les évolutions doivent faire l'objet
d'un suivi éthique soigneux.
- Les gamètes et embryons humains font l'objet d'un
statut spécial. Leur utilisation, y compris pour la recherche,
les dons, ainsi que leur élimination, doit être
bien expliquée aux donneurs potentiels et soumise à
la réglementation locale.
- La recherche sur les embryons doit être entreprise
que si la législation locale et les standards éthiques
le permettent et doit se limiter aux domaines dans lesquels
d'autres matériaux de substitution ou la modélisation
informatique ne peuvent pas être utilisés.
- Les médecins doivent respecter les directives professionnelles
quant au nombre maximum d'embryons à transplanter au
cours d'un traitement.
- Il ne doit y avoir aucune rémunération ou
avantage en nature (par ex. traitements gratuits ou à
faible coût) afin d'encourager les dons mais les donneurs
peuvent être remboursés des dépenses jugées
raisonnables.
- Les familles ayant recours à des dons d'embryons
ou de gamètes doivent être encouragées et
assistées pour en parler ouvertement avec l'enfant.
- Le choix du sexe doit avoir lieu uniquement dans le but
d'éviter de graves pathologies, y compris celles à
nature létale.
- Les médecins ont un rôle important à
jouer au niveau de l'information du public sur les possibilités
de la procréation assistée et sur les limites
de cette pratique.
- Les médecins doivent agir conformément à
la législation nationale et se conformer aux hauts standards.
14.10.2006
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