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Adoptée par la 41e Assemblée
Médicale Mondiale Hong Kong, Septembre 1989
et supprimée à l'Assemblée
générale de l'AMM, Santiago 2005
PREAMBULE
Les conditions requises aujourd'hui à la présentation
d'un bulletin de santé ne rendent pas compte dans le détail
de l'incidence et de la prévalence, à l'échelle
mondiale, des personnes qui se trouvent dans un état végétatif
persistant (EVP). Il y a dix ans, on évaluait la prévalence
au Japon, à 2 à 3 pour 100.000. Il est probable
que ces cas, en chiffre absolu, aient augmenté considérablement,
à la suite des récentes pratiques utilisées
en soins critiques, en soutien cardio-respiratoire, pour l'alimentation
parentérale et le contrôle des infections chez les
patients qui présentent des lésions cérébrales
graves. Les moyens de traiter les effets, douloureux sur le plan
émotionnel, coûteux sur le plan financier, et généralement
indésirables, d'un traitement médical moderne posent
un problème croissant.
ETAT VEGETATIF PERSISTANT
La perte pathologique de la conscience peut survenir à
la suite de dommages cérébraux liés à
une carence nutritionnelle, une intoxication, une attaque, une
infection, une blessure physique ou une maladie de dégénérescence.
La perte brutale de la conscience se manifeste d'ordinaire par
un état d'indolence proche du sommeil profond appelé
coma qui peut être suivi par, soit un réveil de degré
variable, soit une sérieuse détérioration
neurologique chronique. Il est courant, chez les personnes qui
présentent une lésion extrêmement importante
des hémisphères cérébraux, de passer
dans un état d'inconscience chronique appelé état
végétatif, dans lequel le corps est éveillé
ou endormi suivant un cycle, sans toutefois manifester dans le
comportement ou le cerveau, un signe métabolique de possession
des facultés cognitives ou d'aptitude à répondre
d'une manière érudite aux évènements
du monde extérieur ou aux stimuli. Cet état de perte
totale de la connaissance peut survenir à la suite de lésions
graves, entraînant un coma, ou se développer plus
lentement, telle la phase finale de l'évolution des troubles
structuraux, connue par exemple dans la maladie d'Alzheimer; ceux-ci
pouvant aussi détruire, dans leur phase finale, les fonctions
psychologiques du cerveau. Lorsque la perte de connaissance se
prolonge au-delà de quelques semaines, on désigne
cet état par le terme d'état végétatif
persistant (EVP) du fait que le corps conserve les fonctions nécessaires
au maintien de la survie végétative. Il est possible
de sortir de l'état végétatif, en particulier
pendant les premiers jours ou semaines consécutives au
début de la maladie, mais ce qui est tragique, c'est que
beaucoup de personnes en EVP vivent, lorsqu'elles reçoivent
des mesures nutritionnelles ou autres de soutien, pendant plusieurs
mois ou années.
GUERISON
Une fois déterminé, par des médecins compétents,
que la personne se trouve dans un état de veille inconsciente,
la durée de l'état végétatif dépend
de la nature de la lésion cérébrale, de la
durée de la période consciente et de la détermination
du pronostic. Il arrive que des personnes de moins de 35 ans entrées
dans un coma à la suite d'un traumatisme crânien
ou qu'un patient entré dans le coma à la suite d'une
hémorragie intercrânienne, reprennent lentement connaissance;
ainsi, il est rare que ce qui se présente sous la forme
d'un EVP entre un et trois mois, suite à un coma, évolue
en une détérioration de moindre importance, à
six mois. Par ailleurs, les chances de recouvrer l'autonomie après
un état végétatif de trois mois sont infiniment
petites. Il existe de rares exceptions cependant, mais celles-ci
concernent, semble-t-il, des patients enfermés dans un
état non reconnu peu après s'être réveillé
d'un coma occasionné par des lésions. En fin de
compte, tous présentaient une invalidité sérieuse.
PRINCIPES DIRECTEURS
Ces rares exemples mis à part, les études réalisées
dans ce domaine montrent qu'une perte de conscience de six mois
signifie le non recouvrement de la conscience ou une incapacité
grave quelle que soit la nature du dommage cérébral.
Par conséquent, il serait prudent que l'observation de
l'inconscience pendant au moins 12 mois serve de critère
de diagnostic de l'EVP, bien que la reprise de connaissance après
six mois soit très rare chez les patients de plus de 50
ans.
Les risques d'erreur de pronostic à la suite d'une utilisation
étendue du critère susmentionné sont si infimes
que la décision de l'assimiler à une conclusion
pronostique semble tout à fait justifiée. La décision
du médecin selon laquelle une personne a peu de chances
de recouvrer sa conscience est le prélude habituel aux
délibérations sur le retrait ou le refus de soutien
à la vie. Bien que la famille soit la première à
soulever le problème, il n'est généralement
pas question de rejeter le traitement tant que le médecin
n'a pas avancé d'avis de pronostic. Après avoir
soulevé le problème du retrait ou du refus de soutien
à la vie, il y a lieu de considérer celui-ci sur
un plan juridique et éthique.
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