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Adoptée par la 44e Assemblée Médicale
Mondiale Marbella (Espagne), Septembre 1992
et supprimée à l'Assemblée
générale de l'AMM, Santiago 2005
Dans certains pays, les réclamations pour faute médicale
sont en augmentation et les Associations Médicales Nationales
cherchent les moyens de faire face à ce problème.
Dans d'autres pays, les plaintes pour faute médicale sont
encore rares, mais les associations médicales nationales
dans ces pays doivent être vigilantes face aux problèmes
et conséquences qui pourraient résulter d'un accroissement
du nombre de réclamations formulées à l'encontre
des médecins.
Dans cette déclaration, l'Association Médicale
Mondiale cherche à informer les associations médicales
nationales de quelques-uns des faits et problèmes posés
par les réclamations pour faute médicale. Législation
et système juridique dans chaque pays, aussi bien que traditions
sociales et conditions économiques influeront sur l'applicabilité
de certains éléments de cette résolution
pour chaque association médicale nationale. Néanmoins,
l'Association Médicale Mondiale pense que cette déclaration
devrait intéresser l'ensemble des associations.
- L'accroissement des plaintes pour accident médical
fautif peut résulter, pour partie, d'un ou plusieurs
éléments:
- le progrès des connaissances médicales
et le progrès des techniques médicales. Ils
permettent aux médecins d'accomplir des prouesses
médicales impossibles dans le passé, mais
leur pratique implique des risques nouveaux qui peuvent
être graves.
- des contraintes économiques imposent aux médecins
des limites dans le coût des soins.
- la confusion entre le droit aux soins qui est accessible,
et le droit à la santé qui ne peut être
garanti.
- Le rôle pernicieux, souvent joué par les
médias, dans le développement d'une méfiance
à l'égard du médecin mettant en cause
son aptitude, sa compétence, son comportement et
sa façon de diriger les soins, et dans l'incitation
des patients à porter plainte contre les médecins.
- Les conséquences indirectes du développement
d'une médecine défensive engendrée
justement par l'accroissement de ces plaintes.
- Une distinction doit être faite entre l'accident médical
fautif et l'accident survenant à l'occasion de soins
médicaux ou traitement sans qu'il y ait faute du médecin.
- L'accident médical fautif implique un manquement
grave du médecin à la conformité des
soins nécessités par l'état du patient
aux données actuelles de la science, un manque de
compétence, ou autre faute dans la dispensation des
soins au malade. La faute doit être la cause directe
d'un préjudice pour le patient.
- Un préjudice consécutif à un accident
médical qui ne pouvait être prévu et
n'est la conséquence d'aucune faute de la part du
médecin traitant est un malheureux accident pour
lequel le médecin ne saurait avoir de responsabilité.
- L'indemnisation des patients victimes d'un accident médical
pourrait, dans la mesure où il n'existe pas de disposition
nationale contraire, être déterminée différemment
selon qu'il s'agit d'un accident médical fautif ou d'un
accident médical non fautif.
- Là où un préjudice accidentel survient
sans faute de la part du médecin, la société
doit déterminer si le patient doit être indemnisé
par elle pour le préjudice subi, et si oui, de quelle
source viendront les fonds pour payer. Les conditions économiques
du pays détermineront si de tels fonds de solidarité
sont disponibles pour indemniser le patient sans peser sur
la seule profession médicale.
- Les lois de chaque état auront à prévoir
les procédures nécessaires à la mise
en cause du praticien pour accident médical fautif
et à la fixation du montant de l'indemnisation due
par lui au patient dans les cas où la faute est prouvée.
- Les associations médicales nationales pourraient entreprendre
tout ou partie des actions suivantes en vue de permettre une
juste et équitable solution à ce problème
à la fois pour les médecins et pour les patients.
- Pour le public, des campagnes d'information sur le risque
inhérent à certains traitements médicaux
ou chirurgicaux de pointe, et pour les professionnels, des
programmes de formation sur la nécessité d'obtenir
des patients un consentement éclairé sur de
tels traitements médicaux ou chirurgicaux.
- Des campagnes publiques de sensibilisation en matière
de délivrance des soins, à la stricte nécessité
de la maîtrise des coûts.
- Des campagnes générales d'éducation
sanitaire à l'école comme sur les lieux de
travail.
- L'élévation du niveau et de la qualité
de l'enseignement médical pour tous les médecins,
y compris l'amélioration de la formation clinique.
- Développer et participer à des programmes
destinés aux médecins chargés d'améliorer
la qualité des soins médicaux et des traitements.
- Mettre en oeuvre une politique propre à une remise
à niveau des médecins dont la connaissance
ou la compétence seront trouvées insuffisantes,
y compris une politique de limitation de l'exercice professionnel
de ces médecins jusqu'à ce que ces insuffisances
soient corrigées. Informer le public comme les pouvoirs
publics du danger du développement des différentes
formes de médecine défensive (multiplication
des soins ou, au contraire, abstention des médecins,
voire même désaffection des jeunes médecins,
pour certaines spécialités à risque).
- Informer le public sur la possibilité d'accidents
consécutifs à un traitement médical
qui ne sont ni prévisibles ni imputables à
une faute du médecin.
- Plaider pour protéger juridiquement les médecins
dont les patients sont victimes d'un accident médical
non fautif.
- Participer à la mise en oeuvre de lois et procédures
adaptées à la mise en oeuvre de la responsabilité
médicale.
- Manifester une opposition active aux réclamations
abusives contre les médecins comme à la rémunération
en pourcentage de certains avocats spécialisés.
- Explorer des procédures nouvelles pour traiter
les plaintes en responsabilité médicale, tel
l'arbitrage amiable plutôt que la procédure
judiciaire.
- Encourager l'auto-assurance des médecins contre
les réclamations pour faute médicale, assurance
financée par le praticien lui-même ou par son
employeur s'il est salarié.
- Prendre part aux décisions concernant l'opportunité
de prévoir l'indemnisation des patients victimes
d'un accident médical non fautif.
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