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Adoptée par l'Assemblée générale
de l'AMM, Washington 2002
PRÉAMBULE
- L'Organisation mondiale de la Santé estime à
12 milliards le nombre d'injections administrées chaque
année dans le monde. Beaucoup de ces injections sont
dangereuses, surtout celles pratiquées avec des seringues
et/ou aiguilles réutilisées.
- Les maladies les plus courantes provoquées par ces
injections non sécurisées sont l'hépatite
B, l'hépatite C et le Sida. Le nombre des injections
non sécurisées provoquent chaque année
dans le monde :
- entre 8 et 16 millions de nouvelles contaminations par
le virus de l'hépatite B
- entre 2.3 et 4.7 millions par le virus de l'hépatite
C
- entre 80.000 et 160.000 par le virus du Sida
- Dans beaucoup de pays, les établissements de santé
utilisent toujours du matériel jetable. Le problème
majeur qui se pose ici est l'utilisation et l'élimination
des matériels vulnérants.
- Les médecins sont généralement impliqués
dans la prescription et/ou l'administration des injections.
Ils sont donc bien placés pour apporter des changements
de comportement qui permettraient une utilisation sûre
et appropriée des injections.
- La sécurité et l'utilisation appropriée
des injections sont indispensables pour assurer la prévention
du VIH. La sécurité de ces méthodes de
prévention offre par ailleurs des avantages qui dépassent
le domaine de la prévention du VIH, telle celle des autres
infections comme les hépatites B et C.
PRINCIPES DE BASE
- L'insécurité résulte de l'utilisation
abusive des injections thérapeutiques et pratiques dangereuses.
Parmi ces dernières, figurent notamment l'utilisation
de seringues et d'aiguilles non stérilisées ou
insuffisamment stérilisées, la réutilisation
des seringues et le rejet inapproprié et dangereux des
seringues et des aiguilles.
- Sécurisées, les injections empêchent
de causer du tort au receveur, au fournisseur et à la
communauté. Non sécurisées, elles causent
du tort à autrui en propageant des agents pathogènes
sur une large échelle.
- Dans certains pays, l'attitude du médecin et les règles
non appropriées de l'exercice de la profession peuvent
peser lourdement dans l'utilisation abusive d'injections thérapeutiques.
Cela viendrait de ce que certains patients ne seraient satisfaits
de leur traitement que s'il contient une injection. Il est scientifiquement
prouvé que cela est faux. Les patients préfèrent
une bonne communication avec leur médecin plutôt
que de recevoir des injections. De plus, les modalités
de remboursement de certains systèmes de santé
sont telles qu'elles encouragent l'utilisation abusive d'injections.
- La plupart des médications par voie non parentérale
ont la même efficacité d'action que les injections.
- L'insécurité des injections participe du gaspillage
des ressources de soins de santé que la mise en place
d'un certain nombre de mesures permettrait d'éviter.
Pour pouvoir garantir l'efficacité de la promotion de
la sécurité des injections aux plans national,
régional ou local, les conditions suivantes s'imposent
:
- la réalisation des injections doit être
limitée aux professionnels de santé compétents
et aux non professionnels ayant reçu une formation
;
- le changement d'attitude des patients et des professionnels
de santé afin d'assurer la sécurité
des injections et de limiter toute utilisation abusive ;
- la disponibilité des moyens et fournitures indispensables,
si possible jetables ;
- le traitement approprié des matériels vulnérants
usagers.
- La multiplication des moyens matériels appropriés,
si possible jetables, permet d'accroître la sécurité
des injections sans pour autant augmenter le nombre des injections
inutiles.
RECOMMANDATIONS
- que les associations médicales nationales coopèrent
avec leurs gouvernements ou autres autorités compétentes
pour élaborer des politiques efficaces sur l'utilisation
appropriée et sans danger des injections dans laquelle
figureront notamment le financement, le contrôle des méthodes
d'injection et le programme de mesures mises en place. Ce programme
incitera à la fourniture appropriée de moyens
nécessaires aux injections, à la mise en place
de mesures visant à imposer, le cas échéant,
les règles de stérilisation appropriées,
à la lutte contre le gaspillage et à la mise en
place de programmes de formation pour dissuader l'utilisation
abusive des injections et promouvoir la pratique d'injections
sans danger.
- que les médecins du monde entier soient instamment
invités à :
- prescrire, dans la mesure du possible, des médicaments
par voie non parentérale plutôt que des injections
et promouvoir l'utilisation de médications non parentérales
auprès des patients et de leurs collègues
;
- ne recourir aux injections que lorsqu'elles sont sans
danger et appropriées et veiller à ce que
l'administration des injections ne cause de dommages ni
au receveur, ni au fournisseur ni à la communauté
;
- veiller à n'utiliser pour l'élimination
des matériels vulnérants usagés que
des récipients destinés à cet effet
et à ne pas réutiliser les étuis d'origine
pour les matériels vulnérants (aiguilles,
lames de bistouris, etc.) ;
- sensibiliser les patients et les professionnels de santé
aux risques que comportent les injections non protégées
et les inciter à changer leur comportement afin de
promouvoir la sécurité des injections. Il
conviendra ici de reconnaître l'importance de ne pas
réutiliser l'étui des aiguilles.
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