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Adoptée par l'Assemblée
générale de l'AMM, Santiago 2005
Préambule
- Ces dernières années, le champ de la génétique
a connu un développement et un changement rapides. Les
domaines de la thérapie génique et du génie
génétique et le développement de nouvelles
technologies offrent aujourd'hui des possibilités encore
inconcevables il y a à peine dix ans.
- Le projet du génome humain, terminé en 1993,
a ouvert de nouvelles sphères de recherche. Ses applications
se sont aussi avérées utiles aux soins cliniques,
en permettant aux médecins d'utiliser la connaissance
du génome humain pour diagnostiquer les maladies futures
ainsi que pour individualiser la thérapie médicamenteuse
(pharmacogénomie).
- Pour toutes ces raisons, le génétique est devenue
partie intégrante de la médecine des soins primaires.
Alors que la génétique médicale était
autrefois consacrée à l'étude des désordres
génétiques relativement rares, le projet du génome
humain a apporté une contribution génétique
à un grand nombre de maladies courantes. Il appartient
donc à tous les médecins d'avoir une connaissance
professionnelle de ce domaine.
- La génétique est un domaine de la médecine
dont les implications médicales, sociales, éthiques
et légales sont considérables. L'AMM a élaboré
la présente prise de position dans le but de traiter
certaines de ces questions et fournir des recommandations aux
médecins. Ces directives devront être actualisées
suivant l'évolution du domaine de la génétique.
Questions cruciales:
Test de dépistage génétique
- L'identification des gènes liés à la
maladie a entraîné une augmentation du nombre des
tests génétiques qui permettent de dépister
une maladie ou un risque particulier de maladie. Etant donné
l'augmentation du nombre et des types de tests et des maladies
détectées, il importe de se préoccuper
de la fiabilité et des limites de ces tests ainsi que
des conséquences de l'examen et de ses révélations.
La capacité des médecins à interpréter
les résultats de l'analyse et à conseiller leurs
patients a également été mise en doute
du fait de la multiplication des connaissances.
- Le test de dépistage génétique peut être
effectué avant un mariage ou une grossesse pour détecter
la présence de gènes porteurs susceptibles de
porter atteinte à la santé de la future progéniture.
Les médecins devront activement informer les personnes
présentant une grande incidence de maladies génétiques
de la possibilité d'effectuer un test prénuptial
et pré grossesse. Les personnes ou les couples envisageant
de faire ces tests devront pouvoir bénéficier
d'un conseil génétique.
- Le choix du test de dépistage génétique
doit être proposé pendant la grossesse. Dans le
cas où une intervention médicale n'est pas possible
après un diagnostic, il conviendra d'en informer le couple
avant qu'il ne prenne sa décision.
- Ces dernières années, avec l'avènement
de la FIV, le test génétique a été
étendu au diagnostic génétique de pré-implantation
d'embryons (DGP). Ce test peut s'avérer très utile
pour les couples pour lesquels il existe de fortes probabilités
de concevoir un enfant atteint de maladie génétique.
- Le but de la médecine étant de soigner, il importe,
lorsque aucune maladie ou incapacité n'est en cause,
de ne pas utiliser le dépistage génétique
pour produire des enfants dont les caractéristiques auront
été déterminées au préalable.
Ainsi, le dépistage génétique ne doit pas
être utilisé pour permettre le choix du sexe à
moins d'être en présence d'une maladie en rapport
avec le sexe de la personne. De même, les médecins
ne doivent pas privilégier l'utilisation d'un tel dépistage
pour promouvoir des attributs personnels sans rapport avec la
santé.
- Le test génétique ne doit être effectué
qu'avec le consentement éclairé du patient ou
de son représentant légal. Dans le cas d'une prédisposition
à une maladie, le test sera effectué uniquement
sur des adultes consentants, à moins qu'il n'existe un
traitement pour la pathologie en question et que les résultats
du test faciliteraient l'instigation rapide de ce traitement.
- Le consentement éclairé au test de dépistage
génétique doit tenir compte des facteurs suivants
:
- Les limites du test génétique, notamment
le fait que la présence d'un gène spécifique
peut signifier une prédisposition à la maladie
plutôt que la maladie elle-même et le fait que
cette présence ne permet aucunement de prévoir
le développement probable d'une maladie particulière,
qui plus est, caractérisée par des troubles
multifactoriels.
- Le fait qu'une maladie peut se manifester sous plusieurs
formes et à des degrés variables.
- Le fait que le test en est encore à ses débuts.
- Les avantages du test, notamment la dissipation du doute
et la capacité de faire des choix éclairés
ainsi que la possibilité, selon les besoins, d'accroître
ou de réduire la fréquence des dépistages
et des examens et d'appliquer les mesures de réduction
des risques.
- Les conséquences d'un diagnostic positif et les
possibilités de traitement.
- Les répercussions possibles sur les membres de
la famille du patient
- En présence d'un diagnostic positif susceptible d'avoir
un retentissement sur des tiers, par exemple des parents proches,
il importe que le sujet testé soit encouragé à
discuter les résultats de l'analyse avec ces tierces
personnes. Dans le cas où la non divulgation des résultats
constitue une menace directe et imminente pour la vie ou la
santé d'un individu, le médecin pourra révéler
les résultats à un tiers. Lorsque le médecin
a la possibilité de consulter un comité d'éthique,
il est préférable qu'il s'adresse à lui
avant de révéler les résultats aux dits
tiers.
Conseil génétique
- Le conseil génétique est généralement
proposé avant un mariage ou la conception d'un enfant
dans le but de prévoir, pendant la grossesse, les risques
probables de concevoir un enfant atteint d'une affection et
de déterminer les conditions du ftus, ou dans le
cas de l'adulte, dans le but de déterminer une éventuelle
prédisposition à une maladie particulière.
- Il importe que les personnes qui présentent des risques
élevés de concevoir un enfant atteint d'une maladie
particulière reçoivent un conseil génétique
avant la conception ou pendant la grossesse. Il importe par
ailleurs que les adultes qui présentent des risques élevés
de développer des maladies comme le cancer, les maladies
mentales ou neurodégénératives, et pour
lesquelles il est possible d'analyser ces risques, soient informés
de la possibilité de recourir au conseil génétique.
- Etant donné la complexité scientifique du test
génétique et les effets des résultats aux
plans psychologique et pratique, l'AMM estime qu'il est très
important d'offrir aux étudiants en médecine et
aux médecins un enseignement et une formation en conseil
génétique, plus particulièrement des conseils
en rapport avec le diagnostic pré-symptomatique de la
maladie.
- Dans tous les cas, le conseil génétique proposé
sera non directif et protégera le droit de la personne
à ne pas subir de test.
- Lorsque le conseil génétique est proposé
avant ou après la grossesse, il importe de donner aux
futurs parents l'information de base nécessaire à
la prise d'une décision éclairée concernant
la maternité, sans subir l'influence de l'avis personnel
du médecin. Les médecins veilleront, par ailleurs,
à ne pas substituer leur propre jugement moral à
celui des futurs parents. Ainsi, le médecin opposé,
pour des raisons morales, à la contraception ou à
l'avortement pourra décider de ne pas fournir ces services
mais il devra éveiller l'attention des futurs parents
à l'existence d'un problème génétique
potentiel et référencer les traitements alternatifs,
les tests génétiques appropriés et la possibilité
d'un conseil génétique.
Confidentialité des résultats
- Les résultats du test de dépistage génétique
doivent être tenus strictement confidentiels et ne seront
pas révélés à des tiers comme les
employeurs ou les compagnies d'assurance sans le consentement
du sujet concerné
- Les médecins doivent soutenir l'adoption des lois qui
garantissent à tout individu l'absence de discrimination
sur la base de données génétiques dans
les domaines de l'emploi et de l'assurance notamment.
Thérapie génique et recherche génétique
- La thérapie génique est composée d'un
ensemble de techniques qui relèvent en particulier des
domaines de l'oncologie, de l'hématologie et des troubles
du système immunitaire et dont le but est de corriger
les gènes déficients qui provoquent la maladie.
Etant donné l'évolution continuelle, la thérapie
génétique doit respecter les directives suivantes
:
- Une thérapie génique réalisée
dans le cadre d'une étude devra se conformer aux
principes énoncés dans la Déclaration
d'Helsinki alors qu'une thérapie réalisée
dans le cadre d'un traitement se conformera aux normes établies
de la profession médicale et de la responsabilité
professionnelle.
- Il importe de toujours obtenir le consentement éclairé
du patient qui suit une thérapie. Le consentement
doit être établi sur la base des risques que
comporte la thérapie génique, en particulier
le fait que le patient peut avoir à subir un grand
nombre séances thérapeutiques, le risque d'une
réaction immunitaire et l'émergence éventuelle
de problèmes résultant de l'utilisation de
vecteurs de nature virale.
- Le recours à une thérapie génique
ne doit être décidé qu'après
une analyse attentive des avantages et des inconvénients
qu'elle comporte et une évaluation de la perception
de son efficacité, par comparaison avec les risques,
les effets secondaires, la disponibilité et l'efficacité
présentés par d'autres traitements.
- Il est généralement possible d'effectuer un
test de dépistage sur un embryon dans le but de fournir
des cellules souches ou autre thérapie pour un enfant,
de mêmes parents, présentant des désordres
génétiques. Cette pratique médicale est
acceptable dans la mesure où il n'existe pas de preuves
que l'embryon été créé exclusivement
dans ce but.
- Les découvertes génétiques doivent être
partagées autant que possible entre les pays afin de
profiter à l'ensemble de l'humanité et de réduire
la duplication des études et les risques inhérents
à ce domaine de recherche.
- Pour ce qui concerne les études génétiques
réalisées sur des groupes de population, il conviendra
de faire son possible pour éviter toute éventuelle
stigmatisation.
Clonage
- Les récents progrès scientifiques ont permis
le clonage d'un mammifère et offert la possibilité
d'appliquer ces méthodes de clonage à l'être
humain.
- Il existe deux formes de clonage, le clonage thérapeutique,
c'est-à-dire le clonage de cellules souches dans le but
de reproduire un modèle en bonne santé d'un organe
ou tissu malade à des fins de transplantation et le clonage
reproductif, c'est-à-dire le clonage d'un mammifère
dans le but de le reproduire à l'identique. Dans beaucoup
de pays, la première forme semble poser moins de problèmes
éthiques que la deuxième.
- Il importe, pour ce qui concerne l'utilisation du clonage,
que les médecins agissent dans le respect des codes d'éthique
médicale en vigueur dans leur pays, en matière
d'utilisation du clonage et soient bien au courant de la loi
réglementant cette activité.
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