|
Adoptée par l'assemblée
générale de l'AMM, Helsinki 2003
- PREAMBULE
- L'AMM reconnaît que le séjour temporaire
de médecins dans d'autres pays favorise les échanges
de connaissances, de compétences et de points de
vue entre le pays récepteur et le pays envoyeur.
Les échanges de professionnels de la médecine
constituent donc un avantage pour le développement
de la médecine et des systèmes de santé
et nécessitent généralement le soutien
des associations médicales nationales et des gouvernements.
- La déclaration de l'AMM sur la main-d'uvre
médicale - 1 (1983, 1986) invite les associations
médicales nationales à collaborer avec leurs
gouvernements pour apporter une solution aux problèmes
relatifs à la démographie médicale.
- La résolution de l'AMM sur la main-d'uvre
médicale (1998) définit les composantes
majeures du problème qu'il conviendra de prendre
en considération lors de l'élaboration d'une
politique de démographie nationale.
- Pendant des décennies, les gouvernements, les
employeurs et les associations médicales ont mal
interprété les données démographiques
concernant le besoin de médecins. Les jeunes médecins
à la recherche d'un emploi ont souvent été
sérieusement touchés par le manque de planification
de démographie médicale.
- Beaucoup de pays, y compris les plus riches, connaissent
une pénurie de médecins dont une des raisons
principales est le manque de formation d'un nombre suffisant
de médecins pour répondre aux besoins. Parmi
les autres raisons qui expliquent cette perte nette, il
y a le recrutement des médecins pour d'autres professions,
le départ anticipé à la retraite et
l'émigration, des raisons souvent motivées
par de mauvaises conditions de travail.
- Pour répondre à leurs besoins, certains
pays ont traditionnellement eu recours au recrutement de
jeunes médecins diplômés à l'étranger.
Cette pratique continue aujourd'hui.
- Les mouvements de migration internationale des médecins
s'effectuent généralement des pays pauvres
vers les pays riches. Les pays pauvres prennent en charge
les frais de formation des médecins émigrants
et ne reçoivent aucune compensation quand ils se
rendent dans un autre pays. Le pays hôte gagne ainsi
une ressource de valeur sans avoir à en payer le
prix et économise le coût de la formation de
ses propres médecins.
- Les médecins ont entre autres bonnes raisons d'émigrer,
celles, par exemple, de rechercher de meilleures perspectives
d'avenir et d'échapper à de mauvaises conditions
de travail et de vie.
- Il y a actuellement un déploiement d'activité
internationale considérable pour déterminer
la nature et l'importance de la migration des médecins
et des questions de démographie médicale qu'elle
soulève. L'Association Médicale Mondiale,
consciente que ces questions ont une importance éthique
considérable, a élaboré la présente
déclaration pour éclairer les associations
médicales nationales et les auteurs de directives
dans leurs efforts de recherche de solutions à ces
questions.
- PRINCIPES ETHIQUES
- Justice - la justice distributive exige l'allocation
équitable des ressources parmi les individus et les
groupes. La justice corrective nécessite des mesures
pour traiter ces inégalités. La justice commutative
exige que les efforts déployés pour parvenir
à l'équité respectent les droits de
toutes les personnes concernées.
- Coopération - Les problèmes concernant
deux ou plusieurs groupes, y compris les nations, doivent
être résolus soit par une coopération
bilatérale, soit par l'intermédiaire d'organisations
multilatérales comme l'Association Médicale
Mondiale.
- Indépendance - Le droit d'un individu à
déterminer son destin doit être respecté
dans la mesure où il ne porte pas atteinte au droit
d'autrui. A défaut de quoi, il conviendra d'appliquer
une procédure efficace pour résoudre les conflits.
- RECOMMANDATIONS
- Les associations médicales nationales, les gouvernements
et les employeurs doivent être particulièrement
vigilants lorsqu'ils utilisent les données démographiques
destinées à prévoir le besoin de médecins
et communiquent ces prévisions aux jeunes gens qui
envisagent de faire une carrière médicale.
- Chaque pays doit faire tout son possible pour former
un nombre suffisant de médecins, en tenant compte
de ses besoins et de ses ressources. Un pays ne doit pas
compter sur l'immigration pour répondre à
ses besoins.
- Chaque pays doit faire tout son possible pour retenir
ses médecins dans la profession et dans le pays en
leur apportant le soutien nécessaire pour atteindre
leurs objectifs personnels et professionnels, en tenant
compte des besoins et des ressources du pays.
- Les pays qui souhaitent recruter des médecins
dans un autre pays doivent, pour ce faire, se conformer
aux dispositions du Mémorandum de compréhension
signé par les différents pays.
- Il importe de ne pas empêcher les médecins
de quitter leur pays d'origine ou leur pays d'adoption pour
aller faire carrière dans un autre pays.
- Les pays recrutant des médecins à l'étranger
doivent s'assurer que les recruteurs fournissent aux recrues
potentielles des informations complètes et exactes
sur la nature et sur les conditions requises du poste à
pourvoir ainsi que sur les obligations administratives et
contractuelles et sur les dispositions réglementaires
et juridiques de la médecine dans le pays recruteur.
- Les médecins qui, à titre permanent ou
temporaire, exercent leur profession dans un autre pays
que leur pays d'origine doivent être traités
sur un même pied d'égalité que les autres
médecins du pays (par exemple, mêmes opportunités
de carrière et mêmes honoraires pour un travail
identique).
- Rien ne doit empêcher les pays de signer, conformément
au droit international et en bonne connaissance des règles
internationales sur les droits de l'homme, des accords bilatéraux
et des accords de compréhension mutuelle pour assurer
une coopération utile en matière de prestation
de soins de santé, y compris les échanges
de médecins.
17.9.2003
|