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Adoptée par la 40e Assemblée
Médicale Mondiale Vienne (Autriche), Septembre 1988
Révisée par l'Assemblée
Générale de l'AMM, Pilanesberg, Afrique du Sud,
octobre 2006
PRÉAMBULE
- La Constitution de l'Organisation Mondiale de la Santé
stipule que " la possession du meilleur état de
santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des
droits fondamentaux de tout être humain
".
L'accès aux soins de santé est un concept multidimensionnel
qui implique l'équilibre de divers facteurs à
l'intérieur des limites pratiques inhérentes aux
ressources et aux capacités d'un pays donné. Ces
facteurs comprennent les ressources humaines, le financement,
les transports, la liberté de choix, l'éducation
publique, la qualité et l'allocation de moyens technologiques.
DIRECTIVES
Ressources humaines en matière de santé
- Les Associations Médicales Nationales devraient s'allier
à d'autres groupes appartenant tant au secteur privé
que public, pour aborder les problèmes liés à
la disponibilité et à la distribution de ressources
humaines en matière de santé. Il conviendrait
de collecter des données pour évaluer la disponibilité
et la distribution et déterminer le bon équilibre
de professionnels de la santé et de travailleurs sanitaires
capables de répondre de manière efficace aux besoins
de la population. On devrait s'efforcer d'attirer les médecins
et autres prestataires de soins de santé dans les régions
géographiques démunies, grâce à un
éventail d'incitations et de programmes. Les méthodes
punitives ou coercitives ne devraient pas être utilisées.
En pensant aux besoins futurs, à long terme, on devrait
aussi créer des incitations afin d'attirer les étudiants
en médecine à venir travailler dans les régions
qui manquent de ressources humaines.
Financement
- Il faudrait développer un système de financement
pluraliste qui comprenne aussi bien des fonds publics que privés.
La combinaison précise des moyens de financement peut
varier grandement d'un pays à l'autre. Le système
devrait se fonder sur des normes d'éligibilité
et de profit uniformes et il devrait comprendre, pour ce faire,
des mécanismes de paiement adéquats. Ces mécanismes
devraient être clairement expliqués au public de
manière à ce que toutes les personnes concernées
comprennent les possibilités de paiement qui leur sont
offertes. Là où cela est indiqué, des avantages
devraient être proposés pour les personnes du secteur
privé afin de fournir des soins aux patients qui, sans
cela, n'y auraient pas accès. Aucune personne nécessitant
des soins ne devrait s'en voir refuser l'accès sous le
prétexte qu'elle n'est pas solvable. La société
est tenue de fournir un montant acceptable de subsides pour
les soins aux nécessiteux et les médecins ont
l'obligation de participer, dans une mesure raisonnable, à
ces soins subventionnés. Les gouvernements ont le devoir
de veiller à ce que ces plans soient gérés
de manière équitable et objective.
Transports
- La société a l'obligation de fournir aux patients
qui vivent dans des régions éloignées un
accès approprié aux établissements médicaux.
Des transports devraient aussi être fournis aux patients
des zones rurales isolées qui requièrent des soins
sophistiqués que l'on ne trouve que dans les centres
médicaux des grandes villes. Parfois, la télémédecine
peut être une option en lieu et place d'un transport des
patients.
Liberté de choix
- Tous les systèmes de soins de santé devraient
fournir à chacun la plus grande liberté individuelle
pour choisir un médecin. Pour promouvoir un choix personnel
éclairé, il convient de mettre à la disposition
du public, des employeurs et autres prestataires financiers
de soins, une bonne information sur les possibilités
offertes, tant par le secteur privé que public.
Éducation publique
- Il faudrait créer des programmes d'éducation
qui aideraient les gens à faire des choix - après
avoir été dûment informés - concernant
leur santé et le recours approprié tant aux soins
prodigués à soi même qu'aux soins professionnels.
Ces programmes devraient comprendre des informations sur les
coûts et les avantages liés à ces différentes
possibilités de traitement; sur le recours à des
services professionnels qui permettent un dépistage et
un traitement précoces ou la prévention des maladies;
sur la responsabilité personnelle au niveau de la prévention
des maladies et l'utilisation efficace des systèmes sanitaires.
Les patients devraient pouvoir accéder à leur
dossier médical et en avoir un exemplaire.
- Dans les communautés locales, il est important que
le public comprenne les plans sanitaires qui leur sont destinés
et la manière dont ces plans affectent chaque personne
concernée. Les médecins ont le devoir de participer
activement à ces efforts d'éducation.
Qualité
- Chaque système de soins devrait comprendre des mécanismes
d'assurance qualité. Ce sont en particulier les médecins
qui devraient accepter la responsabilité de veiller à
la qualité des soins médicaux prodigués.
Ils ne devraient pas autoriser que d'autres considérations
viennent compromettre la qualité des soins.
Allocation de moyens technologiques
- Des directives devraient être élaborées
pour l'attribution des moyens technologiques rares afin de répondre
aux besoins de tous les patients et des praticiens ainsi que
pour assurer une allocation juste et équitable des technologies
et des ressources dans l'ensemble du secteur sanitaire.
CONCLUSIONS
- L'accès aux soins de santé est maximisé
lorsque les conditions suivantes sont remplies:
- Chaque individu, quels que soient ses moyens financiers,
dispose de soins de santé corrects.
- Il existe une liberté maximale de choix au niveau
des prestataires de soins et des systèmes de paiement
pour répondre aux divers besoins de la population.
- L'intégralité de la population a un accès
facile à des informations pertinentes et complètes
sur les prestataires de soins.
- Il existe des possibilités de participation active
de toutes les parties dans l'élaboration de ces systèmes
de soins et dans leur administration.
- Les médecins disposent de critères transparents
et éthiques pour travailler dans des structures sanitaires
surpeuplézs mettant en péril les soins médicaux.
- Les associations médicales encouragent l'accès
égalitaire aux soins de santé, à la
fois sur le plan local et national, par le dialogue et une
coopération avec les autorités sanitaires.
14.10.2006
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