Adoptée par l'Assemblée générale
de l'AMM, Pilanesberg, Afrique du Sud, octobre 2006
- Cette prise de position vise à guider les Associations
Médicales Nationales et les médecins qui leur
permettra de savoir comment s'impliquer dans le processus de
planification d'une pandémie dans leurs pays respectifs.
Elle encourage également les gouvernements à impliquer
leurs Associations Médicales Nationales dans le cadre
de la planification d'une pandémie de grippe. Pour finir,
elle fournira des recommandations sur les actions auxquelles
les médecins doivent réfléchir pour se
préparer à la pandémie de grippe.
La grippe aviaire par rapport à la grippe pandémique
- La grippe aviaire (grippe des oiseaux) est une infection virale
classique et contagieuse qui touche les oiseaux et moins fréquemment
les cochons. Deux formes ont été identifiées
: la grippe aviaire faiblement pathogène (LPAI) et la
grippe aviaire hautement pathogène (HPAI) qui est extrêmement
contagieuse, avec un taux de mortalité de 100% chez les
oiseaux. Les virus de la grippe aviaire sont différents
des virus de la grippe humaine. Les virus de la grippe aviaire
n'infectent en principe pas les humains mais depuis 1997 on
observe des cas d'infection chez les humains.
- Le virus HPAI H5N1 actuel est un sous type des virus de grippe
de type A. Il a été isolé pour la première
fois en 1961 sur les sternes d'Afrique du Sud. Sa propagation
actuelle a débuté à la fin 2003 et au début
2004 dans huit pays asiatiques. Alors qu'au départ on
pensait l'avoir maitrisé, depuis juin 2004 de nouvelles
flambées de H5N1ont été observées.
Les oiseaux migrateurs et les oiseaux de contrebande sont probablement
responsables de la propagation du H5N1. Les oiseaux infectés
abritent de grandes quantités de virus dans les fèces
et les expositions aux fientes infectées ou à
un environnement contaminé par le virus sont courantes.
On pense que le H5N1 va continuer à se propager tout
le long des routes migratoires empruntées par les oiseaux
sauvages. La plupart des infections sur les humains se sont
produites dans les zones rurales où il y avait de petits
élevages de volailles en liberté.
- On endigue le HPAI en détruisant rapidement tous les
oiseaux infectés et/ou exposés, en éliminant
les carcasses, par une mise en quarantaine et par une désinfection
rigoureuse des fermes. Afin de stopper une flambée, il
faut prendre des mesures radicales dès que cette flambée
est signalée.
- La pandémie de grippe humaine se produit trois ou
quatre fois par siècle et à n'importe quelle saison,
pas uniquement l'hiver. La grippe pandémique est due
à l'apparition d'une nouvelle souche de grippe humaine
contre laquelle l'être humain n'est pas immunisé.
Cette nouvelle souche humaine pandémique peut provenir
soit de souches de grippe aviaire soit de virus de grippe infectant
les cygnes et potentiellement d'autres espèces mammaliennes.
Elle s'accompagne habituellement d'une maladie très grave
et par conséquence d'un risque élevé de
décès. Tous les groupes d'âge sont en danger
et les experts prévoient un taux d'infection de 25 à
50% dans la population, en fonction de la sévérité
de la souche. La souche virale ne pouvant être prédite
avec précision, un vaccin contre la grippe pandémique
a peu de chances d'être disponible avant plusieurs mois
après le début de la pandémie. Un élément
majeur pour la protection des populations sera le laps de temps
qui s'écoulera entre l'apparition d'une nouvelle souche
et la mise au point et la production de vaccins. Selon une hypothèse,
le recours à des antiviraux pourrait endiguer la progression
de la pandémie et l'approvisionnement en antiviraux est
donc important. A tous les stades d'une pandémie et surtout
pendant la période où aucun vaccin n'est disponible,
le contrôle de l'infection est capital.
- Les autorités sanitaires craignent que la grippe aviaire,
si le contexte s'y prête, mute et donne naissance à
une nouvelle souche humaine de la grippe contre laquelle les
êtres humains ne sont pas immunisés ou ne disposent
pas de vaccin - une souche pandémique. Il semble que
H5N1 soit capable de franchir directement la barrière
des espèces et de causer de sérieuses pathologies
chez les humains mais jusqu'à présent, la transmission
à l'homme du H5N1 est très limitée. Un
nouveau virus pandémique pourrait se développer
si un être humain est simultanément infecté
par le H5N1 et un virus humain de la grippe ce qui provoquerait
un échange de gènes. De même, le virus H5N1
pourrait muter de lui-même. Avec cette nouvelle souche
virale, il pourrait y avoir une transmission d'être humain
à être humain et si le virus demeure hautement
pathogène, nous pourrions assister à une pandémie
avec de forts taux de mortalité. On pense que tel a été
le cas au cours de la pire des pandémies du 20e siècle,
la " grippe espagnole " de 1918 qui a tué 50
millions de personnes dans le monde.
- Même si le virus H5N1 ne se transmet pas facilement
aux humains, toute infection humaine imputable au H5N1 peut
donner lieu à une cohabitation avec le virus humain de
la grippe. Par conséquent, l'Organisation Mondiale de
la Santé (OMS) et d'autres organisations de santé
recommandent à toute personne mise au contact de volaille
infectée de se faire vacciner annuellement contre la
grippe. On ne sait pas encore si l'immunité résiduelle
contre le composant N1 du vaccin annuel immunise contre le H5N1.
Dans ces conditions, il est impossible de prévoir exactement
la gravité de la prochaine pandémie. Au delà
des craintes suscitées par le H5N1, il est important
de souligner qu'une souche de grippe pandémique pourrait
ne pas provenir du H5N1mais d'une autre souche HPAI. Indépendamment
de cela, la probabilité est grande de voir apparaître
une nouvelle pandémie
Principes de planification de la grippe pandémique
Le rôle des gouvernements
- L'OMS a la responsabilité de coordonner une réponse
internationale à une pandémie de grippe. Elle
a défini les phases d'évolution d'une pandémie
ce qui permet une approche graduelle en matière de planification
et de réaction face à une pandémie avec
à la clé une déclaration de déclenchement
d'une pandémie.
- L'établissement d'un plan national face à une
pandémie sera nécessairement géré
par le gouvernement mais les médecins doivent être
impliqués à tous les niveaux. Chaque nation doit
certes traiter des situations spécifiques mais la préparation
à la pandémie repose sur les principes suivants:
- Définir les enjeux, les besoins et les objectifs
majeurs
- Il est essentiel de se fixer un ou deux objectifs
prioritaires pour planifier la pandémie au plan
national. En fonction de ces objectifs, le recours aux
vaccins et aux antiviraux et l'établissement
de cibles prioritaires ne seront pas les mêmes.
Par exemple, un objectif de réduction de la morbidité
et de la mortalité liées à la grippe
s'accompagnera de critères de planification différents
qu'un objectif de sauvegarde de l'infrastructure sociale
;
- Définir les besoins de la nation dans le cas
d'une pandémie nécessite certaines évaluations
de base sur la gravité de cette pandémie.
En fonction de ces évaluations, il sera alors
possible de prédire certains problèmes
et besoins du pays. Il sera bon de consulter les autres
nations ayant préparé des plans de lutte
contre la pandémie afin de savoir les difficultés
qu'elles ont rencontrées pour identifier leurs
besoins et leurs problèmes.
- Dans les pays où l'on dispose d'un nombre important
de professionnels de la santé en secteur privé,
impliquer dans les processus de décision ceux du
secteur privé qui géreront la pandémie
sur le terrain, en particulier les médecins.
- Toutes les tâches, depuis l'administration de
millions de doses d'antiviraux et de vaccins jusqu'à
la gestion des capacités d'intervention urgente
et des lits d'hôpital, demanderont la participation
spécifique des plus compétents et des
plus impliqués dans ces domaines.
- Préparer des stratégies et des messages
de communication des risques en situation de crise pour
anticiper sur la peur et l'anxiété du public
et des media.
- Fournir des directives et des informations en temps réel
aux services sanitaires régionaux. Utiliser les médecins
comme porte-paroles pour expliquer les problèmes
médicaux et éthiques au public. Veiller à
ce que les mécanismes et les infrastructures de communication
continuent à bien fonctionner.
- Au fur et à mesure de la planification, il
faut non seulement fournir des informations claires
et en temps réel sur les plans mis en place mais
aussi justifier les décisions et les diffuser
aux autorités sanitaires et aux établissements
médicaux ainsi qu'au public. Les médecins
leaders dans une communauté sont respectés
et peuvent souvent être d'excellents porte-paroles
pour éduquer le public sur les questions inhérentes
à la planification d'une pandémie. La
consultation du public sur des décisions importantes
pouvant avoir des implications morales et éthiques
contribuera à ce qu'ils acceptent les plans.
Par exemple, une démarche de participation publique
peut être utile pour connaître l'opinion
du public sur le rationnement des vaccins pendant une
pandémie.
- Il est important que les représentants gouvernementaux
et les médecins parlent d'une seule voix afin
d'éviter la confusion et la panique lors d'une
pandémie.
- Identifier les questions juridiques et les autorités
compétentes pour répondre à la pandémie,
par ex. obligations, mise en quarantaine, fermeture des
frontières.
- Les autorités devront prendre des décisions
plus ou moins délicates, à l'échelon
local et national concernant la fermeture des frontières
et/ou la mise en quarantaine/l'isolement des citoyens
exposés/infectés. Les questions d'ordre
juridique et légal que soulèveront ces
décisions doivent être réglées
avant une pandémie.
- Déterminer les priorités dans le cadre de
l'exploitation des faibles ressources telles que les vaccins
et les antiviraux, en fonction des objectifs mis en place
pour répondre à la pandémie. Les groupes
prioritaires choisis pour la vaccination doivent être
ceux contribuant à maintenir des services collectifs
essentiels et ceux à risque élevé.
- Ne pas mettre les médecins dans une position où
ils sont responsables des décisions à prendre
en matière de rationnement des vaccins, des antiviraux
et des autres faibles ressources au cours d'une pandémie.
Ces décisions relèvent des gouvernements.
- Coordonner et mettre en uvre une réponse
à chaque stade de la pandémie.
- En fonction de la taille du pays, cette réponse
peut être de portée nationale ou régionale.
De grands pays peuvent éventuellement subir la
pandémie par vagues et dans ce cas, les régions
touchées devront être prêtes à
réagir concrètement.
- Evaluer les capacités d'intervention urgente des
hôpitaux, des laboratoires et des infrastructures
sanitaires publiques en les améliorant si nécessaire.
Se préparer à l'absence de personnel clé
et maintenir des services de santé pour d'autres
pathologies que la grippe.
- Anticiper l'impact psychologique sur le personnel de
santé de la gestion des vagues de pandémie.
- Envisager d'assurer la sécurité du personnel
impliqué dans la gestion de la pandémie comme
par ex. une protection policière tout au long de
la chaîne d'approvisionnement en vaccins et antiviraux.
Faire le bilan des besoins éventuels qui seront nécessaires
pour lutter contre la pandémie en l'absence d'un
vaccin.
- Vérifier qu'il y ait suffisamment de moyens financiers
disponibles pour se préparer correctement à
une grippe pandémique.
- La volonté politique de financer la préparation
sanitaire est capitale. Les ressources dépensées
pour la planification de la pandémie doivent
s'inscrire dans le plan de préparation générale
; la préparation à une pandémie
et la préparation sanitaire se regroupent sur
de nombreux points.
- Identifier les points clés qui ne sont pas encore
résolus et qui peuvent inclure la gestion des patients
au niveau de la communauté, le triage dans les hôpitaux,
la gestion de la ventilation, la manipulation sécurisée
des corps ainsi que les enquêtes et les rapports sur
les décès.
Le rôle de l'Association Médicale Nationale
(AMN)
- Dans toute situation de catastrophe ou d'apparition d'une
maladie infectieuse, les médecins et leurs organisations
professionnelles devront pouvoir continuer à fournir
les soins nécessaires aux personnes vulnérables
et malades et contribuer à répondre à l'urgence
de la situation. Les points suivants doivent être pris
en compte dans ce domaine :
- Les AMN doivent avoir mis en place leur propre plan de
contingences afin d'assurer un soutien permanent de leurs
membres.
- De nombreux plans en place anticipent des phénomènes
tels que les incendies, les séismes et les inondations
qui sont géographiquement limités et se
déroulent dans un espace temps assez bien défini.
Lorsque l'on met en place un plan de lutte contre une
grippe pandémique, il faut partir de l'hypothèse
que cette grippe aura une large portée géographique
et durera de nombreux mois.
- Les AMN doivent bien identifier leurs responsabilités
au cours d'une pandémie.
- L'AMN doit activement essayer de participer au processus
de planification de la pandémie de son pays.
Si tel est le cas, les responsabilités de l'AMN
seront clairement expliquées à ses médecins
ainsi qu'au gouvernement.
- Pour une planification mondiale efficace de la grippe
pandémique, les AMN doivent collaborer et travailler
en réseau avec les AMN des autres pays.
- De nombreuses AMN ont déjà été
impliquées dans le processus de planification
de la pandémie dans leur pays. Les attributions
clés de l'AMN qui ont été identifiées
doivent être communiquées.
- Les AMN doivent jouer un rôle essentiel dans la
communication des informations vitales :
- Au public. En tant que voix médicale reconnue,
les AMN obtiennent la confiance du public et doivent
mettre à profit cette confiance pour communiquer
des informations précises et en temps réel
sur la planification de la pandémie et la situation
actuelle de la pandémie au public ;
- Entre les autorités et les médecins
et entre les médecins dans les zones contaminées
et leurs collègues dans d'autres territoires
;
- Entre les professionnels de santé. Les AMN
doivent travailler avec les autres prestataires de santé
(par ex. infirmières, groupes hospitaliers) afin
d'identifier les problèmes courants, d'établir
des politiques et des messages cohérents concernant
la préparation à la pandémie et
la réponse apportée.
- Les AMN doivent proposer des séminaires et des
supports cliniques tels que des outils de formation par
internet pour les médecins et les associations médicales
régionales.
- De tels outils/formations doivent faire savoir comment,
dans le pire des scénarios, les médecins
peuvent maîtriser les problèmes respiratoires
sans disposer d'installations sophistiquées.
Il faut également donner une formation sur les
méthodes de triage et sur les conseils à
apporter aux patients infectés.
- Les AMN doivent étudier les nouveaux programmes
et services qu'elles pourraient proposer pendant une pandémie,
tels que la coordination ou la fourniture aux membres touchés
et à leurs familles de programmes de soutien de la
santé mentale, la mise à disposition d'équipes
d'urgence sanitaire, une aide humanitaire d'urgence locale
et un approvisionnement en matériel.
- Les AMN doivent être impliquées et soutenir
la création et la mise en place de plans gouvernementaux
tout en respectant leur code d'éthique professionnel.
Elles doivent gérer et évaluer la mise en
place de ces plans afin de veiller tout au long des flambées
de grippe, à ce que la santé demeure l'objectif
primordial.
- Les AMN doivent agir pour que les gouvernements financent
la préparation à la grippe pandémique
en conséquence.
- Les AMN doivent anticiper les différents milieux
de travail qui peuvent évoluer pendant une pandémie
et être préparées à discuter
des responsabilités et des questions s'y rapportant
avec les autorités sanitaires et de conseiller les
membres sur ces sujets.
- Les AMN doivent être préparées à
assurer la défense de leurs membres qui au cours
d'une pandémie auront rapidement des besoins professionnels
à satisfaire, des patients et du public touchés
par la situation.
Le rôle du médecin
- Les médecins seront le premier contact et la première
source de conseils pour beaucoup, au fur et à mesure
de l'évolution de la pandémie. Les points suivants
sont des points généraux dont les médecins
doivent tenir compte dans le cas d'une pandémie :
- Etre suffisamment formés sur la grippe pandémique
et les risques de transmission.
- La communication sur les risques réels d'une
grippe pandémique est importante pour faire prendre
conscience de l'urgence sans pour autant créer
la panique dans le public. Prévoir la participation
active des médecins dans la réponse médiatique
à une pandémie.
- Etre vigilant face à d'éventuelles maladies
respiratoires graves ou émergentes, notamment chez
les patients qui ont récemment voyage à l'étranger.
- Comme dans toute situation d'infection nouvelle, la
vigilance du médecin joue un rôle important
en matière de surveillance, de détection
et de gestion d'une flambée.
- Plan de gestion des patients à haut risque dans
les cabinets/cliniques et communication du plan au personnel.
- Les plans d'isolement et de contrôle de l'infection
doivent être disponibles et le personnel bien
au courant de ces plans. Veiller à ce que les
demandes des autorités sanitaires régionales
soient satisfaites pour ce qui concerne les patients
potentiels et les proches exposés.
- Plan de gestion simultanée des patients atteints
de maladies chroniques nécessitant un suivi médical
de routine.
- Plan dans le cas d'une possible interruption des services
essentiels tels qu'assainissement, eau, électricité
et approvisionnement alimentaire. Plan pour une possible
pénurie de personnel pour cause de maladie et/ou
de soins à prodiguer à des proches malades.
- Il est crucial d'avoir mis en place des plans de contingence
afin de faire face à des dysfonctionnements sociaux.
Etre conscient que les services essentiels seront éventuellement
interrompus et donc identifier les alternatives peut
s'avérer judicieux.
- Préparer des outils pédagogiques pour les
patients et le personnel, y compris des recommandations
pour un contrôle de l'infection efficace.
- Le fait que les patients et le public comprennent
la nécessité de mesures drastiques telles
que la mise en quarantaine et l'isolement rendra le
travail des médecins plus facile si ces derniers
doivent recourir à de telles mesures en cas de
pandémie.
- Continuer à s'impliquer dans les efforts locaux
de planification de la pandémie et comprendre en
quoi le plan affectera le médecin. Participer à
des exercices locaux de simulation.
- Etant donné que les médecins seront
en première ligne pour gérer, dépister
et soigner les patients atteints de la grippe pandémique,
ils doivent être étroitement impliqués
dans le processus de planification. Ils doivent sans
cesse savoir ce qui est logistiquement possible en matière
de soins sur le terrain, dans la perspective d'une pandémie.
- Les médecins ont le devoir éthique de prendre
soin des personnes blessées ou malades. Ils doivent
disposer de ressources dans le cas où eux-mêmes
et/ou leurs propres familles seraient infectés.
- Un médecin aura une lourde mission de santé
publique au moment d'une pandémie et ses services
seront cruciaux lorsque les capacités d'intervention
d'urgence seront tendues. Les médecins doivent
prendre des dispositions pour que leurs familles et
proches soient soignés en cas de pandémie.
- Les médecins doivent prendre toutes les mesures
nécessaires pour protéger leur propre
santé et celle de leur personnel.
- Les médecins peuvent aussi consulter la Prise
de position sur l'éthique médicale dans
les situations de catastrophe de l'AMM pour y trouver
d'autres informations.
- Développer un plan clinique pour limiter les contacts
potentiels, y compris des zones d'isolement pour les patients
infectés, l'utilisation de masques chirurgicaux bien
étanches, la programmation de plages de temps distinctes
pour les soins aux personnes non touchées par la
grippe et le report des visites médicales non indispensables.
- Analyser les procédures de contrôle de l'infection
du personnel et former le personnel à l'utilisation
d'équipement de protection personnelle. Installer
des pancartes dans le cabinet pour instruire les patients
sur les pratiques d'hygiène respiratoire ; mettre
à disposition des mouchoirs, des corbeilles pour
les jeter et des produits d'hygiène des mains dans
les salles d'attente et les pièces d'examen.
- Se faire vacciner contre la grippe chaque année
et exiger du personnel qu'il en fasse autant.
- Etre préparé à la grippe annuelle
prépare déjà bien à une
pandémie. De plus, il est possible que les composants
du vaccin annuel (par ex. N1) puissent fournir une certaine
immunité contre H5N1.
- Travailler afin que le cabinet, la clinique ait accès
à des fournitures adéquates d'antibiotiques
et d'antiviraux ainsi qu'aux médicaments couramment
prescrits tels que l'insuline ou la warfarine si l'approvisionnement
pharmaceutique devait interrompu.
Recommandations
- Que l'AMM intensifie sa collaboration avec l'OMS sur la planification
d'une éventuelle pandémie et s'engage à
devenir un membre important dans le processus de décision.
- Que l'AMM fasse connaître à l'OMS ses capacités
et celles de ses membres afin de fournir une voix crédible
capable de communiquer efficacement avec de nombreux médecins
en exercice.
- Que l'AMM fasse savoir qu'elle peut fournir des directives
générales même si la planification face
à une pandémie est du ressort de chaque pays.
De plus, l'AMM peut donner des conseils de base aux médecins
en exercice par l'intermédiaire de ses AMN membres.
- Que l'AMM mette en place des moyens opérationnels pour
établir et entretenir des réseaux de communication
d'urgence entre l'AMM et les AMN pendant la pandémie.
- L'AMM devra fournir en temps et en heure des mesures de contrôle
basées sur la preuve aux pays ne disposant pas ou peu
d'informations en temps réel sur les pandémies.
- Que les AMN soient activement impliquées dans le processus
de planification national de la pandémie.
- Que les médecins contribuent à la planification
de la pandémie sur le plan local et soient impliqués
dans la communication des informations vitales au public.
14.10.2006
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