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Adoptée par la 36e Assemblée Médicale
Mondiale Singapour, Octobre 1984
et amendée par les 41e Assemblée Médicale
Mondiale Hong Kong, Septembre 1989
42e Assemblée Médicale Mondiale Rancho Mirage (Californie,
Etats-Unis), Octobre 1990
44e Assemblée Médicale Mondiale Marbella (Espagne),
Septembre 1992
et 47e Assemblée générale Bali (Indonésie),
Septembre 1995 et
l'Assemblée générale de l'AMM, Pilanesberg,
Afrique du Sud, octobre 2006
- L'une des manifestations les plus destructrices de la violence
et du déséquilibre au sein de la famille est le
mauvais traitement et la négligence envers l'enfant.
La prévention, la détection rapide et le traitement
global des enfants victimes de mauvais traitements constituent
encore un défi pour la communauté médicale
mondiale.
- La définition des mauvais traitements infligés
aux enfants varie d'une culture à l'autre. Malheureusement,
les raisons culturelles justifiant une attitude violente envers
les enfants peuvent être acceptées avec trop de
légèreté, comme preuve de l'aspect non
abusif et inoffensif du traitement infligé à l'enfant.
Par exemple, la participation des enfants aux travaux quotidiens
de la famille et de la société devrait être
reconnue et encouragée dans la mesure où elle
contribue à leur épanouissement personnel. Au
contraire, l'exploitation des enfants dans le marché
du travail peut leur voler leur enfance, leur éducation
et même compromettre leur santé présente
et future. L'AMM estime que l'exploitation des enfants constitue
une forme sérieuse de maltraitance et de négligence.
- Dans le cadre de cette déclaration, les diverses formes
de mauvais traitements envers les enfants comprennent les mauvais
traitements émotionnels, sexuels et physiques. La négligence
envers l'enfant est caractérisée par l'inaptitude
d'un parent ou d'une personne légalement responsable
du bien-être de l'enfant à répondre aux
besoins de ce dernier et à lui apporter un niveau de
soins correct.
- L'Association Médicale Mondiale reconnaît que
le mauvais traitement des enfants constitue un problème
de santé à l'échelle mondiale et recommande
aux associations médicales nationales d'adopter les principes
directeurs suivants à l'usage des médecins:
- Les médecins ont un rôle particulier à
jouer en matière d'aide et d'identification des enfants
maltraités et de leur famille.
- Il est fortement recommandé que le médecin
s'allie à une équipe multidisciplinaire expérimentée.
Celle-ci comprendra des professionnels tels que médecins,
travailleurs sociaux, psychiatres pour enfant et adulte, spécialistes
du développement de l'enfant, psychologues et avocats.
Le médecin qui n'a pas la possibilité ou la liberté
de collaborer à une équipe devra consulter à
titre individuel d'autres professionnels médicaux, sociaux,
chargés de la mise en application des lois ou de la santé
mentale.
- Les médecins donnant des soins primaires (généralistes,
internes, pédiatres), les spécialistes des cas
d'urgence, les chirurgiens, les psychiatres et autres spécialistes
traitant les enfants doivent acquérir des connaissances
et des compétences dans l'évaluation de l'état
physique de l'enfant négligé et maltraité,
dans l'évaluation du développement de cet enfant
et des capacités des parents, dans l'utilisation des
ressources ainsi que dans le domaine des responsabilités
légales des médecins.
- L'expertise médicale des enfants dont on pense qu'ils
sont victimes de mauvais traitements sexuels doit être
menée par des médecins compétents en pédiatrie
et à même d'évaluer les mauvais traitements.
L'expertise médicale doit être adaptée à
l'âge de l'enfant, recenser les blessures et comporter
un bilan de santé. Elle peut comporter sans s'y limiter
un examen de sang, une radiographie des traumatismes, un bilan
de croissance et une étude du comportement. Des radiographies
de suivi sont vivement recommandées pour les enfants
qui présentent de graves blessures apparemment liées
aux mauvais traitements.
- L'expertise et le suivi médical des enfants abusés
sexuellement consiste à établir un historique
complet et à effectuer un examen physique car les abus
sexuels et les mauvais traitements physiques sont souvent associés
; un examen des parties génitales et de l'anus ; la collecte
et l'étude de preuves y compris de photographies ; le
traitement et/ou la prévention de la grossesse et des
maladies vénériennes.
- Il est nécessaire que le médecin détermine
la nature des relations au sein de la famille étant donné
leur rapport avec la protection de l'enfant. Il est important
pour le médecin de comprendre et d'être capable
de percevoir comment les relations conjugales, le style de discipline,
les difficultés économiques, les problèmes
émotionnels, l'abus de l'alcool, de drogues et autres
substances, ou d'autres difficultés sont en corrélation
avec les mauvais traitements infligés à l'enfant.
- Les signes de mauvais traitements sont souvent subtils et
le diagnostic peut nécessiter d'interroger soigneusement
l'enfant, les parents, les soignants et la fratrie. Des incohérences
entre les explications et les caractéristiques du ou
des mauvais traitements, à savoir le niveau de gravité,
le type et l'âge, doivent faire penser à un mauvais
traitement.
- Pour tout enfant admis dans un établissement médical,
la priorité doit être donnée à ses
besoins médicaux et mentaux. Si l'on suspecte un mauvais
traitement, il faut veiller à assurer sa sécurité
avant de le laisser sortir de l'établissement. Sans être
exhaustives, ces mesures doivent consister à :
- signaler tous les cas supposés aux services chargés
de la protection de l'enfance;
- hospitaliser tout enfant ayant subi de mauvais traitements
nécessitant une protection pendant la période
initiale d'expertise;
- informer les parents du diagnostic si rien ne s'y oppose
et
- d) signaler les blessures de l'enfant aux services de
protection de l'enfance.
- Si l'hospitalisation s'avère nécessaire, il
faut procéder rapidement à l'évaluation
des problèmes physiques et émotionnels de l'enfant,
ainsi qu'à ceux relatifs à son développement.
Cette évaluation complète doit être effectuée
par des médecins compétents dans le domaine ou
par une équipe pluridisciplinaire d'experts spécialement
formés aux mauvais traitements des enfants.
- Si l'on suspecte que l'enfant est victime de mauvais traitements,
le médecin doit s'entretenir avec les parents du fait
que ces mauvais traitements feront partie du diagnostic différentiel
des problèmes de leur enfant. Durant cette discussion,
il est important que le médecin reste objectif et évite
d'émettre un jugement ou des accusations concernant les
parents.
- Il est nécessaire que le médecin enregistre
l'information dans le dossier médical au cours de l'évaluation.
Ce dernier se révélant souvent être décisif
en cas de procédure judiciaire.
- Les médecins doivent collaborer à tous les
stades de la prévention par des conseils à la
famille pendant la période prénatale et post-natale
et par des conseils en matière de planification familiale
et de contrôle des naissances.
- Les médecins doivent encourager les mesures de santé
publique telles que les visites à domicile des infirmières,
les conseils anticipés des parents et les visites médicales
des nourrissons et des enfants bien portants. Les médecins
doivent également soutenir les programmes qui visent
à l'amélioration de la santé générale
de l'enfant et dont le but est également de prévenir
les mauvais traitements des enfants.
- Les médecins doivent savoir que les mauvais traitements
et la négligence envers les enfants constituent un problème
complexe et que plus d'un type de traitement peut être
nécessaire pour aider les enfants maltraités et
leurs familles. La mise au point de traitements appropriés
demande la participation de nombreuses professions, y compris
de la médecine, du droit, des soins infirmiers, des enseignants,
des psychologues et des assistants sociaux.
- Les médecins doivent encourager le développement
de nouveaux programmes qui permettent des progrès dans
le domaine de la connaissance médicale et de la compétence
en matière de mauvais traitements et de négligence
envers les enfants. Les médecins doivent recevoir une
formation sur les mauvais traitements et la négligence
envers les enfants pendant leur cursus universitaire.
- Dans l'intérêt de l'enfant, il faut dans les
cas de maltraitance infantile passer outre le secret professionnel.
Le premier devoir du médecin étant de protéger
son patient lorsque l'on soupçonne une victimisation.
Quel que soit le type de mauvais traitement (physique, mental
ou sexuel) il doit être officiellement rapporté
aux autorités compétentes.
14.10.2006
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