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Adoptée par la 41e Assemblée
Médicale Mondiale Hong Kong, Septembre 1989 et
révisée par l'Assemblée générale
de l'AMM, Pilanesberg, Afrique du Sud, octobre 2006
- La recherche biomédicale est indispensable à
la santé et au bien-être de notre société.
Les progrès de la recherche biomédicale ont beaucoup
amélioré la qualité et prolongé
la durée de la vie dans le monde. Cependant, l'aptitude
de la communauté scientifique à poursuivre ses
efforts afin d'améliorer la santé personnelle
et publique est menacée par un mouvement de condamnation
de l'utilisation des animaux dans la recherche biomédicale.
L'offensive de ce mouvement est menée par des groupes
d'activistes radicaux pour la défense des droits des
animaux dont les idées sont jugées bien en marge
de l'attitude générale du public et dont les moyens
tactiques varient entre les mouvements de pression recherchés,
les collectes de fonds, la propagande, les campagnes fallacieuses
et les attaques violentes à l'encontre d'établissements
de recherche biomédicale et de scientifiques. Ces attaques
violentes sont le fait d'un nombre relativement faible d'activistes
comparé à ceux ayant recours à des moyens
de protestation pacifiques mais elles ont un impact fort et
étendu.
- L'ampleur des mouvements de violence en faveur des droits
pour les animaux est incertaine et ces mouvements se déroulent
dans de nombreuses régions du monde. Plusieurs de ces
groupes en faveur des droits des animaux ont revendiqué
des attentats à la bombe contre des voitures, des instituts,
des magasins et des résidences personnelles de chercheurs.
- La violence pour la défense des droits pour les animaux
a fait frissonner la communauté scientifique internationale.
Des scientifiques, des organismes de recherche et des universités
ont reçu des menaces d'intimidation afin que soient modifiés,
voire même interrompus, les efforts de recherche reposant
sur l'utilisation des animaux. Les laboratoires ont été
contraints de consacrer les milliers de dollars destinés
à la recherche à l'achat d'un équipement
de sécurité de pointe. Les jeunes qui envisageaient
de poursuivre une carrière dans la recherche biomédicale
se dirigent maintenant vers d'autres professions.
- Bien que bon nombre de groupes s'efforcent de protéger
la recherche biomédicale contre l'activisme radical pour
les animaux, la réponse au mouvement en faveur des droits
pour les animaux est fragmentée, manque de fondement
et est essentiellement défensive. Plusieurs groupes dans
la communauté biomédicale hésitent, de
peur des représailles, à s'engager publiquement
vis-à-vis de l'activisme animal. Pour cette raison, la
recherche s'est retranchée dans une attitude défensive.
Ses motivations sont controversées, et la nécessité
d'utiliser les animaux pour la recherche est très souvent
contestée.
- Les recherches correctement conçues et réalisées
et impliquant les animaux sont nécessaires à l'amélioration
des soins médicaux de la collectivité. Nous reconnaissons
cependant que le traitement humain des animaux doit être
protégé. Il serait souhaitable de réclamer
pour tout le personnel de recherche, une formation adéquate
et de rendre accessibles les soins vétérinaires.
Les expériences doivent observer les règles ou
les règlements promulgués dans le but d'assurer
un traitement, un logis, un transport et des soins humains aux
animaux.
- Les organisations médicales et scientifiques internationales
se doivent d'organiser une campagne plus forte et plus cohérente
pour faire obstacle à la menace croissante de la santé
publique que posent les activistes pour la défense des
animaux. Il est indispensable de pourvoir direction et coordination.
De plus, les droits des animaux utilisés dans les recherches
médicales et les obligations de ceux qui effectuent ces
recherches doivent être clairement explicités.
Par conséquent, l'Association Médicale Mondiale
émet les principes suivants:
- L'utilisation des animaux dans la recherche biomédicale
est indispensable à la poursuite des progrès de
la médecine.
- La Déclaration d'Helsinki de l'AMM demande que la recherche
biomédicale nécessitant l'utilisation de sujets
humains repose sur l'expérimentation animale lorsque
la situation s'y prête. Elle demande également
que soit respecté le bien-être des animaux qui
sont utilisés dans la recherche médicale.
- Il est essentiel que les animaux utilisés dans la recherche
biomédicale soient traités humainement et il faut
disposer de centres de recherche garantissant le respect des
principes directeurs dans ce domaine. Ces principes doivent
être inculqués à tous les chercheurs en
formation.
- Les animaux doivent être utilisés en recherche
biomédicale uniquement en cas de nécessité
évidente pour obtenir d'importants résultats et
en l'absence de toute autre méthode viable.
- Les expériences sur les animaux ne doivent pas être
répétées à moins de se justifier
sur le plan scientifique.
- Le recours aux animaux pour des tests futiles sur des produits
cosmétiques et sur leurs ingrédients, sur des
alcools et sur du tabac ne doit pas être cautionné.
- Sans toutefois compromettre la liberté d'expression,
la composante anarchique que l'on retrouve chez les activistes
en faveur des droits des animaux doit être condamnée.
- L'usage de menaces, d'intimidation, de violence et de harcèlements
contre des scientifiques et leur famille doit être condamné
à l'échelle internationale.
- Un effort maximal de coordination de la part des agences
internationales chargées de la mise en application des
lois doit être recherché afin de protéger
les chercheurs et les établissements de recherche des
manifestations de nature terroriste.
14.10.2006
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