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Adoptée par la 39e Assemblée Médicale
Mondiale Madrid (Espagne), Octobre 1987
et supprimée
à l'Assemblée générale de l'AMM, Pilanesberg,
Afrique du Sud, octobre 2006
La présence de cas de syndrome immuno-déficitaire
acquis (généralement appelé SIDA) a été
confirmée dans plus de cent pays. On estime que cinq à
dix millions de personnes dans le monde sont infectées
par le virus HIV et peuvent par conséquent, transmettre
la maladie. Les associations médicales nationales ainsi
que les médecins doivent partager leurs connaissances et
leurs expériences afin de définir une stratégie
permettant d'enrayer ce mal en attendant qu'un remède soit
trouvé.
Le SIDA étant une maladie incurable transmise principalement
par voie sexuelle, met le médecin face à de nombreux
problèmes éthiques complexes qui s'ajoutent aux
questions d'ordre médical et scientifique propres à
la maladie. C'est dans le but d'aider les médecins et les
associations nationales que l'AMM adopte les directives contenues
dans cette déclaration. Dans le cadre de la 39e Asemblée
Médicale Mondiale (1987), l'AMM organise également
une session scientifique consacrée au SIDA. A l'occasion
de cette session scientifique, l'AMM étudiera les avis
des experts ainsi que les meilleures informations qui pourront
être obtenues du monde entier et présentera un rapport
détaillé sur cette importante question lors de l'Assemblée
Médicale Mondiale de 1988. En attendant que ce rapport
plus complet soit disponible, l'AMM recommande ce qui suit:
- Les associations médicales nationales doivent collaborer
avec leurs gouvernements en vue de la mise au point d'une politique
nationale de lutte contre le SIDA et contre les problèmes
liés à cette maladie.
- Les associations médicales nationales doivent participer
aux programmes d'information du public sur le SIDA, sur les
problèmes liés à cette maladie et sur les
effets de ceux-ci sur la société en général.
- Les médecins doivent recevoir une formation qui en
fait des conseillers efficaces en matière de SIDA. Les
médecins doivent informer leurs patients sur les attitudes
efficaces à adopter dans le but d'écarter les
risques du SIDA tant pour eux-mêmes que pour les autres.
En ce qui concerne les patients qui s'avèrent séropositifs,
les médecins doivent être capables de les conseiller
efficacement quant à:
- l'attitude responsable à adopter pour éviter
de répandre la maladie;
- les dispositions à prendre pour protéger
leur propre santé et
- la nécessité de faire savoir à leurs
partenaires, passés ou présents, qu'ils sont
peut-être porteurs du virus du SIDA.
- Les tests de dépistage du virus du SIDA doivent être
à la disposition de toutes les personnes qui souhaitent
y être soumises. Ce dépistage sera obligatoire
pour les donneurs de sang, de composants sanguins, d'organes
et d'autres tissus destinés à la transplantation,
ainsi que pour les donneurs de sperme ou d'ovules en vue d'insémination
artificielle ou de fécondation in vitro. Par ailleurs
des dispositions peuvent être prises au niveau national
pour imposer ce test à d'autres secteurs de la population,
tels que le personnel militaire, les codétenus dans les
institutions pénitentiaires et les immigrants.
- Le dépistage volontaire, avec le consentement éclairé
du patient, doit être régulièrement réalisé
pour:
- les patients traités pour des maladies sexuellement
transmissibles,
- les patients traités pour usage de drogues,
- les femmes enceintes avant le troisième mois de
la grossesse,
- les personnes provenant de régions à haut
taux de SIDA ou qui courent des risques importants en souhaitant
avoir recours à la planification familiale et
- les patients nécessitant une intervention chirurgicale.
Toutefois, si une politique volontaire à l'égard
des patients devant faire l'objet d'un acte chirurgical
s'avérait inefficace, il faudrait envisager le dépistage
obligatoire.
- Chaque cas confirmé de SIDA doit être signalé
à l'autorité responsable de manière anonyme
ou par le biais d'un code d'identification à des fins
épidémiologiques. Les personnes qui se révèlent
séropositives doivent être signalées de
manière anonyme avec suffisamment d'informations pour
répondre aux besoins de l'épidémiologie.
- Les malades du SIDA et les personnes séropositives
doivent recevoir les soins médicaux appropriés;
ils ne doivent pas être traités avec iniquité
ou souffrir de discrimination arbitraire ou irrationnelle dans
leur vie quotidienne. Les médecins respectent la traditon
séculaire qui consiste à traiter les patients
atteints de maladies infectieuses avec compassion et courage.
Cette tradition doit être perpétuée face
à cette épidémie de SIDA. Les médecins
et les associations médicales nationales doivent participer
activement au développement d'un contexte permettant
d'assurer un juste équilibre entre le droit des patients
de ne pas faire l'objet d'actes irrationnels préjudiciables
et les droits des autres citoyens d'être protégés
contre tout risque inconsidéré de contracter la
maladie.
- L'accès aux informations concernant les patients doit
être limité au personnel de santé légitimement
en droit d'en avoir connaissance dans le but d'apporter des
soins aux patients concernés ou de protéger la
santé des proches de ceux-ci. L'identité des personnes
atteintes du SIDA ou porteuses du virus ne doit pas être
communiquée à moins que la santé de la
communauté puisse être mise en péril.
- Un moyen doit être mis au point afin d'avertir les
partenaires sexuels des personnes infectées tout en respectant
dans la mesure du possible le caractère confidentiel
des informations relatives à ces derniers. Ce moyen doit
garantir une protection légale appropriée aux
médecins qui remplissent leur devoir professionnel en
avertissant les personnes qui courent un risque.
- Par le biais d'études, les données fiables
doivent être obtenues afin de déterminer l'étendue
et le taux de conversion du virus au sein de la population.
Ces études doivent être répétées
à intervalles réguliers dans le but d'évaluer
l'ampleur de la maladie.
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