Unité d'Ethique













Archives : Thème du Mois Archives


Septembre 2007
- Restrictions sur la consommation d'alcool

Selon les preuves archéologiques et écrites dont on dispose, les êtres humains consomment de l'alcool depuis au moins 10.000 ans. Même si les comportements en matière de consommation d'alcool ont été bien différents d'une société à l'autre et au fil du temps, les effets bénéfiques et néfastes de l'alcool ont toujours été signalés. Trouver le juste équilibre dans ce domaine est une question essentielle à la fois politique et éthique.

Dans certaines sociétés, les effets néfastes de l'alcool ont été jugés plus importants que ses effets bénéfiques à un point tel qu'une interdiction totale de la consommation a été décrétée. La protection à la fois des consommateurs potentiels et des autres membres de la société contre les dégâts psychiques, physiques et sociaux liés à une consommation excessive d'alcool va au-delà de la liberté des individus de décider pour eux-mêmes de profiter de ses bénéfices sans se nuire ou nuire aux autres.

Dans la plupart des sociétés, toute une série de mesures a été mise en place pour minimiser les effets néfastes tout en permettant de profiter des effets bénéfiques. Les législateurs et les responsables de l'application des lois ont toujours été confrontés à des défis difficiles pour définir et instaurer des lois et des politiques globales dans ce domaine. Le souci premier est la protection d'autrui contre les dégâts causés par les personnes sous l'influence de l'alcool (par ex. les lois contre l'alcool au volant), apparemment beaucoup de pays tentent cependant de dissuader de plus en plus les gens de consommer de l'alcool en raison de ses effets néfastes sur la santé (par ex. restrictions concernant la publicité sur les boissons alcoolisées).

Les effets négatifs de l'alcool à la fois sur la santé individuelle et publique sont connus depuis longtemps par la profession médicale. Les médecins ont dû traiter des maladies provoquées ou aggravées par la consommation d'alcool et l'une de leurs principales stratégies de santé a été de conseiller la modération ou même l'abstinence. Ces dernières années, les associations médicales ont vigoureusement plaidé en faveur de politiques publiques visant à limiter l'accès aux boissons alcoolisées. Là, l'éthique médicale croise l'éthique politique dans la mesure où l'objectif louable d'une promotion de la santé justifie des mesures coercitives pour restreindre la liberté de chacun à adopter un comportement néfaste.

Pendant de nombreuses années, la seule politique de l'AMM sur l'alcool a été sa Prise de position sur l'alcool et la sécurité routière (révisée et mise à jour en 2006). En 2005, l'AMM a adopté une politique complète sur l'alcool dans sa Prise de position sur la réduction de l'impact mondial de l'alcool sur la santé et la société. L'AMM y exprime une demande à toutes les Associations Médicales Nationales et à tous les médecins pour qu'ils encouragent les autorités publiques à adopter et appliquer des mesures législatives et éducatives visant à limiter les effets néfastes de la consommation d'alcool sur la santé et la société.

Plusieurs Associations Médicales Nationales ont beaucoup fait pour s'opposer à l'abus d'alcool. Par exemple :

  • L'Association Médicale Américaine a instauré de nombreuses politiques sur l'alcool couvrant des questions telles que la disponibilité, la promotion, la taxation et l'étiquetage des boissons alcoolisées; l'alcool au volant; la prise en charge et traitement des patients alcooliques; l'éducation sur la consommation d'alcool.
  • En 1998, l'Association Médicale Australienne a rédigé une Prise de position "Consommation d'alcool et problèmes inhérents à l'alcool" qui contient un grand nombre de recommandations pour réduire l'incidence néfaste et dangereuse de la consommation excessive d'alcool.
  • L'Association Médicale Britannique a rassemblé une série de Ressources sur l'abus d'alcool incluant des politiques de la BMA et des rapports sur des thèmes tels que l'alcool au volant et l'alcool chez les jeunes.

L'Organisation Mondiale de la Santé a également établi une liste de Ressources sur la consommation d'alcool incluant un rapport de 2006 du WHO Collaborative Project on Identification and Management of Alcohol-Related Problems in Primary Health Care: Report on Phase IV: Development of Country-Wide Strategies for Implementing Early Identification and Brief Intervention in Primary Health Care.


Juin 2007
- L'éthique dans la recherche sur les cellules souches

Au cours de ces dix dernières années, une grande partie de la recherche scientifique a été consacrée aux cellules souches humaines. Des progrès considérables ont été accomplis en matière de prélèvement et de réplication de lignées de cellules et de compréhension de la biologie cellulaire. Le but ultime de cette activité est de développer des applications thérapeutiques mais rien n'est encore assuré dans ce domaine.

Depuis le départ, la recherche sur les cellules souches a soulevé des questions éthiques, au delà de celles inhérentes aux autres types de recherche médicale. L'utilisation d'embryons humains pour la recherche sur les cellules souches a été la principale source de craintes et de conflits éthiques. Même si les cellules souches humaines sont tout autant aptes à servir des objectifs thérapeutiques, un fort consensus règne parmi les scientifiques travaillant dans ce domaine pour dire qu'il vaut mieux utiliser les cellules souches embryonnaires pour la recherche. Toutefois, le prélèvement de ces cellules nécessitant la destruction de l'embryon, la question se pose de savoir si oui ou non ce type de recherche est fondamentalement dépourvu de toute éthique.

Les partisans de la recherche sur les cellules souches embryonnaires ne sont pas insensibles au statut éthique de l'embryon humain et beaucoup se sont déclarés d'accord pour limiter dans une certaine mesure une telle recherche. Les directives éthiques et la législation nationale interdisent généralement la création d'embryons pour la recherche et autorisent une telle recherche uniquement sur les embryons formés mais dont on ne veut plus pour la reproduction. La procédure de consentement pour le don d'embryons à des fins de recherche est actuellement très rigoureuse. Certains pays restreignent les lignées de cellules embryonnaires que leurs chercheurs sont autorisés à utiliser à celles prélevées conformément aux stricts critères éthiques. L'introduction de cellules souches humaines dans des animaux est soit interdite soit sévèrement contrôlée.

Les questions éthiques concernant la recherche sur les cellules souches ont fait l'objet de vastes discussions parmi les associations médicales et les organisations scientifiques, y compris les suivantes :

  • En 2006, l'Assemblée de l'AMM a adopté une Prise de position sur les technologies de procréation assistée qui traite en partie la question de la recherche sur les cellules souches:
    • "En raison de la nature spéciale des embryons humains, la recherche doit être soigneusement contrôlée et se limiter aux domaines dans lesquels aucun autre matériau ne peut constituer une solution de remplacement.
    • "Les opinions et la législation diffèrent sur la question de savoir si les embryons peuvent être créés spécifiquement pour la recherche ou pendant la recherche. Les médecins doivent agir conformément à la législation nationale et aux recommandations éthiques locales.
    • "Le remplacement du noyau cellulaire peut également être appliqué pour développer des cellules souches embryonnaires dans l'optique de la recherche et en fin de compte, il faut l'espérer, pour le traitement de nombreuses maladies graves. Ce type de recherche et sa recevabilité donne lieu à des divergences d'opinion et les médecins souhaitant participer à de telles recherches doivent veiller à agir en conformité avec la législation nationale et les directives éthiques locales."
  • L'AMM étudie actuellement une Proposition de prise de position sur la recherche sur les cellules souches en vue d'une éventuelle adoption au cours de son Assemblée en octobre 2007 à Copenhague.
  • En 2003, l'Association Médicale Américaine a adopté une politique sur le clonage pour la recherche biomédicale - Cloning-for-Biomedical-Research qui stipule en autres: "Tout en devant respecter les diverses approches morales concernant ce sujet, l'ensemble des médecins doivent toujours et encore être guidés par leur devoir essentiel qui est de protéger leurs patients. Dans cette optique, le clonage pour la recherche biomédicale est conforme à l'éthique médicale. Tous les médecins demeurent libres de décider de participer à la recherche sur les cellules souches ou d'utiliser ses produits".
  • L'Association Médicale Australienne s'est déclarée en faveur de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
  • L'Association Médicale Britannique est elle aussi favorable à la recherche soigneusement contrôlée, y compris celle sur les cellules souches embryonnaires, lorsqu'elle est nécessaire pour créer des tissus qui seront transplantés et pour mettre au point des traitements pour les maladies mitochondriales.
  • Le site Internet de l'International Society for Stem Cell Research comporte une série de documents relatifs à l'éthique tels que The Ethics of Human Embryonic Stem Cell Research.
  • Le site Internet de la U.S. National Institutes of Health fournit bon nombre de ressources utiles sur ce sujet : Bioethics Resources on the Web - Stem Cell Research.

[ Unité d'Ethique de l'AMM | Quoi de neuf | Ethique AMM - activités | Politiques éthiques de l'AMM | Déclaration d'Helsinki |
Ethique AMM - Ressources | Organisations | Conférences | Education Ethique Médicale | Ethique et Droits de l'Homme |
Ethique et Professionnalisme Médical ]


2003 - Designed by GoldenNet