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Avril 2007 - Sexe biologique et sexe social
La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
proclame à l'article 1 que "tous les êtres humains
naissent libres et égaux en dignité et en droits"
et à l'article 2 que " Chacun peut se prévaloir
de tous les droits et de toutes les libertés proclamés
dans la présente Déclaration, sans distinction aucune,
notamment de race, de couleur, de sexe
. ". Malheureusement,
l'interdiction de pratiquer une quelconque discrimination sur
la base du sexe biologique est loin d'être respectée.
C'est notamment le cas dans le domaine des soins de santé.
Des efforts sont toutefois entrepris pour identifier et combattre
les discriminations là où elles existent.
Reconnaître l'égalité des femmes et des hommes
ne signifie pas traiter les deux exactement de la même manière
dans tous les domaines. Il est très important de faire
la différence entre le sexe biologique qui par définition
a trait aux différences biologiques entre les femmes et
les hommes et le sexe social qui repose sur des caractéristiques
sociales, attribuées souvent de manière arbitraire,
aux hommes et aux femmes. En matière de soins de santé,
il semblerait que l'on ne reconnaisse pas suffisamment les différences
sexuelles et que l'on fasse des distinctions en matière
de sexe social qui n'ont pas de fondement.
Que les anatomies et les hormones ne soient pas identiques chez
la femme et l'homme apparaît évident. Par contre,
on reconnaît beaucoup moins les autres différences
physiologiques entre les sexes biologiques. Aussi bien en recherche
médicale qu'en pratique clinique, les traitements standard
sont souvent conçus pour les hommes et administrés
aux femmes sans prendre en compte les éventuelles différences
en matière d'efficacité thérapeutique. Traditionnellement,
les femmes sont sous-représentées dans les essais
cliniques. L'une des raisons classiques avancées repose
sur le fait de vouloir protéger les ftus et les nourrissons
allaités contre les effets éventuellement nuisibles
des médicaments expérimentés. Tout en étant
légitime, ce motif ne justifie pas l'absence de tests pour
assurer la sécurité, l'efficacité de tels
médicaments sur les femmes. C'est là un exemple
de la discrimination pratiquée envers les femmes et liée
à l'occultation des différences de sexe biologique.
Cette discrimination sexuelle est souvent latente et méconnue.
Par contre, la discrimination portant sur le sexe social est généralement
très flagrante. Les femmes sont potentiellement plus exposées
à ce type de discrimination qui n'est que l'un des aspects
de leur dévalorisation plus globale. De telles différences
entre les sexes sociaux prennent souvent leurs racines dans la
culture et sont donc difficiles à combattre et à
éliminer. Il faut pourtant demeurer optimiste. Par exemple,
la lutte contre les mutilations sexuelles pratiquées sur
les femmes semble s'intensifier dans de nombreux pays. L'accès
aux contraceptifs s'est amélioré dans une grande
partie du monde avec pour résultat une baisse du taux de
natalité et une meilleure santé des femmes. Les
femmes sont également en nombre égal voir supérieur
dans les facultés de médecine de beaucoup de pays.
Dans la profession médicale, les critères de sexe
biologique et de sexe social permettant d'assurer des soins optimaux
sont diversement pris en compte. L'AMM plaide en faveur d'un traitement
égal des femmes et des hommes dans sa Déclaration
de Genève et dans sa Déclaration
de Lisbonne sur les droits du patient. Elle a condamné
le foeticide féminin et
les mutilations sexuelles pratiquées
sur les femmes et défendu le planning
familial et le droit de la femme à la contraception
ainsi que les Droit des femmes aux
soins de santé, en particulier à la prévention
de la transmission de l'infection par le VIH de la mère
à l'enfant. En ce qui concerne la prise en compte des
femmes dans les essais cliniques, la Déclaration d'Helsinki
par contre ne dit mot. De même, l'AMM n'a pas fourni de
directives aux médecins sur le fait de tenir compte à
la fois du sexe biologique et du sexe social dans le cadre du
diagnostic et du traitement de leurs patients.
Il faut également mieux combattre la discrimination portant
sur la notion de sexe social dans la profession médicale.
Les étudiantes en médecine ne sont pas toujours
encouragées ou bienvenues dans certaines spécialités
telle que la chirurgie. Les femmes médecins sont également
confrontées à des obstacles pour évoluer
dans leur carrière, tout comme leurs homologues dans d'autres
secteurs. Les responsables de l'AMM et de nombreuses Associations
Médicales Nationales ont besoin de davantage de femmes
afin de réaliser la parité des sexes parmi les membres
et répondre aux besoins des femmes médecins et des
patientes.
Février 2007 - Code International
d'éthique médicale
Un code d'éthique professionnel est une synthèse
des devoirs et des responsabilités incombant aux membres
d'une profession. Il sert à renseigner les professionnels
actuels et futurs sur leurs devoirs et responsabilités,
à informer les personnes bénéficiant de leurs
services et le public en général sur ce qu'il peut
attendre de ses relations avec les membres de la profession.
Les premiers codes d'éthique médicale étaient
basés sur les préceptes éthiques de médecins
illustres tels qu'Hippocrate en Grèce, Caraka en Inde,
Sun Szu-miao en Chine, Haly Abbas en Perse, Maimonides en Egypte
et Thomas Percival en Angleterre. Le premier code d'éthique
moderne a probablement été celui de l'Association
Médicale Américaine à sa création
en 1847. Depuis, beaucoup si ce n'est toutes les Associations
Médicales Nationales (AMN) ont leur propre code. Dans certaines
juridictions, ces codes font partie de la législation ou
des règlements qui gouvernent la pratique de la médecine
alors que dans certains endroits, l'AMN est responsable de la
mise au point de son propre code.
En 1947, date de naissance de l'AMM, les membres furent unanimes
pour considérer que la création d'un Code International
d'éthique médicale faisait partie des priorités
et que ce code devait stipuler un ensemble de devoirs et de responsabilités
pour les médecins du monde entier. En dépit des
grandes différences culturelles, géographiques et
économiques entre les pays alors représentés
au sein de l'AMM, cet objectif a été atteint en
seulement deux ans. Ce document a été révisé
que trois fois depuis son adoption, en 1968, en 1983 et plus récemment
lors de l'Assemblée Générale de l'AMM en
octobre 2006.
La structure de ce code n'a pas changé depuis soixante
ans. Elle se compose toujours de trois sections : devoirs des
médecins (changement terminologique pour "docteurs")
en général, devoirs des médecins envers les
patients (changement terminologique pour "malades")
et devoirs des médecins envers leurs collègues (changement
terminologique pour "l'un envers l'autre" afin d'inclure
les collègues non médecins). Chacune des révisions
a quelque peu augmenté le volume du document mais le Code
demeure un ensemble succinct de préceptes éthiques
sans entrer plus en détails. Bon nombre des thèmes
couverts par le code sont traités plus longuement dans
les WMA policy statements.
Contrairement à sa structure, le contenu du Code a changé
au cours des années afin de traduire les évolutions
des sciences médicales, des valeurs sociétales et
de l'éthique. Les plus importants changements sont les
suivants :
- Dans la 2006 version, il y
a un nouveau paragraphe "Un médecin doit respecter
le droit du patient compétent de refuser ou d'accepter
un traitement".
- La version 2006 demande aux médecins de ne pas se laisser
"influencer dans leur jugement par un profit personnel"
(comme dans les versions antérieures) "ou une discrimination
injuste" (nouveau).
- La mise en garde figurant précédemment dans
le code contre l'auto-publicité que se font les médecins
a été supprimée dans la version 2006.
- Nouveau paragraphe : "un médecin doit s'efforcer
d'utiliser les ressources de santé de la meilleure manière
possible pour en faire bénéficier les patients
et la communauté."
- Nouveau paragraphe : "un médecin devra se faire
soigner et se faire suivre s'il souffre de maladie mentale ou
physique."
- Nouveau paragraphe : "un médecin devra respecter
les codes d'éthique locaux et nationaux."
- En ce qui concerne l'avortement, le Code de 1949 stipulait
: "Un médecin doit toujours avoir présent
à l'esprit l'obligation de préserver la vie humaine
dès sa conception. Un avortement thérapeutique
peut être réalisé uniquement si la conscience
des médecins et la loi nationale l'autorisent."
Cela a été modifié dans la version de 1983
comme suit : "Un médecin doit toujours avoir présent
à l'esprit l'obligation de préserver la vie humaine."
la nouvelle version est la suivante : "Un médecin
doit toujours avoir présent à l'esprit l'obligation
de respecter la vie humaine."
- En ce qui concerne le secret professionnel, le Code de 1949
demandait aux médecins de "préserver le secret
professionnel sur tout ce qu'ils savaient de leurs patients
du fait de la confiance que leur témoignaient les patients".
En 1983, la nouvelle version indiquait "préserver
le secret professionnel sur tout ce qu'ils savaient de leurs
patients même après leur décès."
La version de 2006 stipule "Un médecin respectera
le droit du patient à la confidentialité. Il est
conforme à l'éthique de divulguer des informations
confidentielles lorsque le patient y consent ou en présence
d'une menace réelle et imminente pour la vie du patient
ou celle des autres et lorsque cette menace peut être
éliminée uniquement en rompant la confidentialité."
- Nouveau paragraphe : "Dans les cas où un médecin
agit pour le compte d'une tierce partie, il devra veiller à
ce que le patient en soit parfaitement informé."
- Nouveau paragraphe : "Un médecin ne devra pas
avoir de relation sexuelle avec son patient ou toute autre relation
basée sur l'abus ou l'exploitation."
- Le précepte d'autrefois, à savoir "Un médecin
ne devra pas attirer des patients d'autres confrères"
a été modifié comme suit : "Un médecin
ne devra pas saper la relation patient-médecin de ses
confrères dans l'optique de récupérer des
patients."
- Nouveau paragraphe: "Un médecin devra, en cas
de nécessité médicale, communiquer avec
les collègues qui soignent également le même
patient. Cette communication devra respecter la confidentialité
concernant le patient et se limiter aux informations nécessaires."
L'AMM invite toutes les AMN à relire leur code d'éthique
afin d'en vérifier l'adéquation avec le Code International
révisé. L'AMM est prête à dialoguer
avec d'autres associations professionnelles et des organisations
de patients afin d'étudier leur approche commune sur les
droits et responsabilités de tous ceux impliqués
dans le domaine de la santé.
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