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Août 2005 - Proposition de déclaration de
l'UNESCO sur la Bioéthique et les Droits de l'Homme.
En janvier 2005 le Comité International de Bioéthique
de l'UNESCO (CIB) a finalisé sa proposition de Déclaration
Universelle sur la Bioéthique et les Droits de l'Homme
(cf. Janvier
2005 Thème du mois ). Avant que le document ne soit
soumis à l'Assemblée Générale de l'UNESCO
cet automne pour étude et adoption, un comité de
délégués gouvernementaux a pu réviser
et corriger le projet du CIB. Le comité a tenu deux réunions
formelles, du 4 au 6 avril et du 20 au 24 juin et une réunion
informelle le 17 mai. Lors de la première réunion,
les délégués gouvernementaux ont fait part
de leurs nombreuses préoccupations, souvent contradictoires,
concernant l'ensemble des aspects du projet du CIB, et entre autres
au sujet de son objectif, de l'audience escomptée, des
définitions (par ex. de la "Bioéthique")
et des principes. Certaines de ces préoccupations font
écho à celles de l'Unité d'Ethique de l'AMM
quant au manque de clarté ou à l'inadéquation
des exigences du document en matière de pratique médicale.
D'autres délégués gouvernementaux ont voulu
avoir l'assurance que la Déclaration impliquerait de nouvelles
obligations pour les états. Le compte
rendu de la réunion semblait indiquer qu'aucun compromis
n'était possible sur les points de divergence.
Lors de la seconde réunion formelle, un consensus sur
un projet de document a cependant été atteint mais
ce, en éliminant la plupart si ce n'est toutes les propositions
du CIB. Le nouveau
projet de Déclaration est adressé aux états
plutôt qu'à toutes les personnes et à l'ensemble
des groupes comme envisagé par le CIB. Dans ces conditions,
la plupart des obligations faites aux praticiens dans le projet
du CIB ont été supprimées. Les délégués
gouvernementaux ont veillé à ce qu'il n'y ait pas
de nouvelles obligations pour les états en réitérant
simplement les accords internationaux ou en utilisant des termes
vagues tels "doivent être respectés", "doivent
être pris en compte" "doivent être pris
en considération" et "dans toute la mesure du
possible". Même dans ces termes, certains des principes
sont toutefois mal formulés, notamment l'article 6 sur
le consentement et l'article 7 sur les personnes dans l'incapacité
de donner leur consentement.
L'article 6(a) stipule "Toute intervention médicale
de caractère préventif, diagnostique ou thérapeutique
ne doit être mise en uvre qu'avec le consentement
préalable, libre et éclairé de la personne
concernée, fondé sur des informations suffisantes."
Il n'y a aucune exception pour les traitements d'urgence ou pour
des décisions alternatives. L'article 7 fait la distinction
entre les personnes à même de donner leur consentement
et celles qui ne le peuvent pas mais n'explique pas cette différence
ou ne dit pas comment faire la distinction au niveau individuel.
Contrairement aux nombreux projets de la Déclaration du
CIB, ce document ne sera pas diffusé pour de plus amples
consultations mais sera transmis directement au Bureau Exécutif
de l'UNESCO puis à l'Assemblée. Ceux qui pensent
que le projet actuel doit être modifié sont priés
d'en faire part à leurs délégués nationaux
auprès du Bureau Exécutif qui se réunira
du 30 août au 15 septembre et/ou aux délégués
auprès de l'Assemblée Générale (19
septembre au 7 octobre).
Juin 2005 -Avortement
Dans le domaine de la bioéthique, aucune question n'est
plus soumise à controverse que l'avortement. Le terme lui-même
est diversement utilisé. Pour les besoins de cet article,
il convient de distinguer entre l'avortement "spontané"
et l'avortement "provoqué" et de se pencher sur
ce dernier. On établit parfois une autre distinction entre
avortement "thérapeutique", médicalement
justifié, (par ex. la poursuite de la grossesse mettrait
en danger la vie de la femme) et avortement "non thérapeutique",
sans fondement médical.
Jusqu'au milieu du 20e siècle, l'éthique médicale
professionnelle s'opposait généralement à
l'avortement provoqué même si cette opposition était
mitigée lorsque la vie de la mère était mise
en danger par la grossesse. La formulation traditionnelle du Serment
d'Hippocrate mentionne cette déclaration, " je ne
remettrai à aucune femme un pessaire abortif". Dans
le texte original de la version actualisée de l'AMM sur
ce Serment, la Déclaration de Genève, les médecins
s'engagent au "respect absolu de la vie humaine dès
sa conception
" En 1983, les mots "dès sa
conception" ont été remplacés par "
dès son commencement". Ces mots ont été
supprimés lors de la réunion du Conseil en mai 2005.
Lors de l'Assemblée Générale de 1970 à
Oslo en Norvège, l'AMM a adopté une prise de position
sur l'avortement thérapeutique (connue ensuite sous le
nom de Déclaration d'Oslo) qui autorisait la participation
d'un médecin à un avortement thérapeutique,
sous certaines conditions. Le paragraphe en question était
le suivant:
"5. Par conséquent, si la loi autorise la pratique
de l'avortement ou que la législation est respectée
dans ce domaine, si cela ne va pas à l'encontre de la philosophie
d'une association médicale nationale et si les législateurs
souhaitent ou acceptent les conseils de la profession médicale,
les principes suivants sont approuvés:
- l'intervention devra être réalisée uniquement
par nécessité thérapeutique
- une décision d'interruption de grossesse doit normalement
être approuvée par écrit par au moins deux
médecins choisis pour leurs compétences professionnelles
- la procédure doit être effectuée par un
médecin compétent dans un établissement
agréé par les autorités compétentes."
En 1983, la Déclaration d'Oslo a été modifiée
et le paragraphe 5 ci-dessus simplifié comme suit: "Par
conséquent, lorsque la loi autorise la pratique de l'avortement,
l'intervention devra être réalisée par un
médecin compétent dans un établissement agréé
par les autorités compétentes."
Lors de la réunion du Conseil en mai 2005, il a été
convenu que la Déclaration
d'Oslo devait être soumise à une révision
importante. Le Secrétariat de l'AMM a été
chargé d'en assurer la coordination. Il contactera les
Associations Médicales Nationales pour connaître
leurs suggestions sur la manière d'amender la Déclaration.
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