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Mai 2005 - Recherche Médicale dans les pays en voie de développement

La Déclaration d'Helsinki (DoH), adoptée par l'Assemblée Générale de l'AMM en octobre 2000 comporte plusieurs paragraphes concernant tout particulièrement la recherche médicale menée dans les pays en voie de développement ou les pays à faibles revenus:

  • Para. 19 - Une recherche médicale sur des êtres humains n'est légitime que si les populations au sein desquelles elle est menée ont des chances réelles de bénéficier des résultats obtenus.
  • Para. 29 - Les avantages, les risques, les contraintes et l'efficacité d'une nouvelle méthode doivent être évalués par comparaison avec les meilleures méthodes diagnostiques, thérapeutiques ou de prévention en usage. Cela n'exclut ni le recours au placebo ni l'absence d'intervention dans les études pour lesquelles il n'existe pas de méthode diagnostique, thérapeutique ou de prévention éprouvée.
  • Para. 30 - Tous les patients ayant participé à une étude doivent être assurés de bénéficier à son terme des moyens diagnostiques, thérapeutiques et de prévention dont l'étude aura montré la supériorité.

Ces paragraphes de la Déclaration d'Helsinki ont donné lieu ensuite à de vastes controverses. L'AMM a tenté de les solutionner en adoptant des notes explicatives sur le paragraphe 29 (en 2002) et sur le paragraphe 30 (en 2004). D'autres organisations nationales et internationales s'occupant de l'éthique de la recherche conduite sur des êtres humains ont publié leurs propres rapports et directives qui, dans une certaine mesure, sont incompatibles avec la Déclaration d'Helsinki.

Dans le but de trouver une base commune sur ces questions conflictuelles, le U.K. Nuffield Council sur la Bioéthique et le Conseil de la Recherche Médicale d'Afrique du Sud ont accueilli un atelier de travail à Cape Town en Afrique du Sud en février 2004. Le rapport de cet atelier, The ethics of research related to healthcare in developing countries: a follow-up Discussion Paper , comprend quatre tableaux qui comparent les revendications de la Déclaration d'Helsinki avec celles du Conseil pour les Organisations Internationales des Sciences Médicales (CIOMS), du Conseil d'Europe, de l'Union Européenne, du Groupe Européen sur l'Ethique dans la Science et les Nouvelles Technologies et du Nuffield Council on Bioethics. Les thèmes spécifiques portent sur le consentement, le niveau des soins proposé en fin de recherche et l'analyse éthique. Le rapport ne tente pas de résoudre les différences au niveau des directives émises par ces organisations.

Une autre organisation traitant de l'éthique dans la recherche médicale dans les pays en voie de développement est The Global Forum on Bioethics in Research. Sa réunion annuelle a rassemblé des spécialistes de l'éthique, des chercheurs et d'autres personnes intéressées afin de débattre d'un sujet de préoccupation spécifique aux pays en voie de développement. Le thème du Forum 2004 s'intitulait "Partage des bénéfices tirés de la recherche dans les pays en voie de développement: équité et propriété intellectuelle" et celui du Forum 2005 "Que se passe-t-il lorsque la recherche est terminée? Obligations ultérieures des chercheurs et des sponsors".

De nombreuses initiatives sont en cours pour permettre aux pays en voie de développement d'être en mesure d'étudier les aspects éthiques d'un projet de recherche médicale, et parmi ces initiatives:

  • The Strategic Initiative for Developing Capacity in Ethical Review (SIDCER) inclut des forums régionaux en Afrique, Amérique Latine et Asie/ Pacifique Ouest.
  • Networking for Ethics in Biomedical Research in Africa (NEBRA) (Site Internet en construction) est une initiative lancée dans quatre pays d'Afrique Centrale et d'Afrique de l'Ouest ainsi que dans trois pays européens, plus l'OMS pour établir un inventaire des ressources, définir les besoins liés à l'étude éthique dans 15 pays africains et instaurer une stratégie pour être opérationnel dans cette zone.
  • Le Centre de Bioéthique de l'Université de Cape Town, Afrique du Sud, coordonne le International Research Ethics Network for Southern Africa (IRENSA) et offre un diplôme post universitaire d'Ethique en Recherche Internationale.
  • The Harvard University School of Public Health a un Program on International Issues in Health Research.

Mars 2005 - Clonage des êtres humains

L'annonce du clonage de la brebis Dolly en février 1997 a soulevé de vives controverses sur la question de savoir si les techniques de clonage pouvaient et devaient être appliquées aux êtres humains. L'opinion générale s'est très vite largement opposée à toute tentative de reproduire un être humain selon la technique utilisée pour produire Dolly (généralement connue sous le non de "clonage reproductif") ou une technique semblable. En 1997, l'Assemblée mondiale de la santé adopte une résolution selon laquelle "le clonage utilisé à des fins de reproduction de l'être humain est d'un point de vue éthique inacceptable et contraire à l'intégrité et à la dignité humaine." Un peu plus tard cette même année, la conférence générale de l'UNESCO adopte une Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme qui affirme que "les pratiques contraires à la dignité humaine, comme le clonage reproductif des êtres humains, ne seront pas permises". Beaucoup de pays, soutenus par les associations médicales nationales et les organisations scientifiques, promulguèrent des lois interdisant le clonage reproductif.

Le consensus n'a pas été aussi large sur ce l'on appelle le "clonage thérapeutique" ou "clonage pour la recherche biomédicale", à savoir, l'application des techniques de clonage à des tissus humains, comme les cellules souches, dont le but est de mettre au point des traitements pour des maladies incurables. Même s'il est possible d'obtenir des cellules souches d'adultes à cette fin, il semble que les cellules souches d'embryons conviennent mieux. Cependant, les expériences sur les embryons humains sont, par beaucoup, quoique aucunement par tout le monde, considérées comme condamnables du point de vue éthique.

Contrairement au clonage reproductif, les réactions des organisations internationales, des gouvernements nationaux et des associations scientifiques et médicales au clonage thérapeutique, en particulier l'utilisation d'embryons dans la recherche sur les cellules souches, ont été multiples. Certains pays autorisent formellement cette pratique, à des conditions diverses, alors que d'autres l'interdisent et que d'autres encore n'ont toujours pas pris position. En mars 2005, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une Déclaration sur le clonage invitant les nations à "adopter toutes les mesures nécessaires pour interdire toutes formes de clonage humain incompatibles avec la dignité humaine et la protection de la vie humaine." Le résultat des votes exprimés ici (84 membres en faveur, 34 objections et 37 abstentions) reflète bien le manque de consensus sur cette question et plusieurs pays ont immédiatement annoncé qu'elles continueraient de permettre le clonage thérapeutique.

L'Association médicale mondiale a très vite réagi, bien qu'avec prudence, à l'annonce du clonage de la brebis Dolly. En mai 1997, le conseil de l'AMM adopte une résolution, par la suite approuvée par l'Assemblée de l'AMM, qui appelle "les médecins et autres chercheurs engagés dans cette recherche à s'abstenir volontairement de participer au clonage d'êtres humains jusqu'à ce que les questions scientifiques, éthiques et légales aient fait l'objet d'un examen approfondi par les médecins et les instances scientifiques et que tous les contrôles nécessaires aient été mis en place". Ce texte ainsi que la prise de position de l'AMM sur les manipulations génétiques et la déclaration de l'AMM sur le génome humain seront révisés par le comité d'éthique médicale de l'AMM à sa réunion de mai 2005.

Plusieurs associations médicales nationales ont pris position sur cette question, notamment:

  • l'Association médicale américaine - L'éthique du clonage humain : "Il existe deux utilisations médicales potentiellement réalistes et appropriées du clonage humain, à savoir l'aide à la reproduction des personnes seules ou des couples et la reproduction de tissus à condition que le donneur ne soit l'objet d'aucun préjudice ou sacrifice. Etant donné les questions non résolues concernant le clonage … la profession médicale doit pour le moment renoncer au clonage humain et se tourner vers des solutions qui posent des problèmes éthiques avec une moindre acuité".

  • l'Association médicale australienne - Questions de génétique humaine : "Le clonage des êtres humains doit être interdit. Les tissus génétiques humains peuvent être utilisés dans des opérations utilisant des techniques de clonage sous réserve d'approbation d'un comité d'éthique de la recherche sur les êtres humains".

  • l'Association médicale britannique - Position de l'AMB sur le clonage humain: Concernant le clonage reproductif, "l'AMB estime que l'idée de cloner des êtres humains entiers est inacceptable et ne souhaite pas que des déclarations publiques se développent dans ce sens". Pour ce qui concerne le clonage thérapeutique, "l'AMB soutient le recours à des recherches soigneusement contrôlées, y compris, les recherches utilisant, le cas échéant, des embryons humains dans le but d'élaborer des tissus à des fins de transplantation et des méthodes de thérapies pour des maladies mitochondriales. L'AMB souhaite également voir la continuation de la recherche fondamentale de haut niveau à condition qu'elle soit strictement et régulièrement contrôlée.

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