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Juin 2004 - La participation des Médecins à
la torture
Article 5 de la Déclaration Universelle des Droits
de l'Homme des Nations Unies "Nul ne sera soumis à
la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants."
L'article 17 de la Convention de Genève relative au
traitement des prisonniers de guerre demande qu"Aucune
torture physique ou morale ni aucune contrainte ne pourra être
exercée sur les prisonniers de guerre pour obtenir d'eux
des renseignements de quelque sorte que ce soit. Les prisonniers
qui refuseront de répondre ne pourront être ni menacés,
ni insultés, ni exposés à des désagréments
ou désavantages de quelque nature que ce soit".
En 1987, l'Assemblée des NU a adopté la Convention
contre la Torture et les autres Peines ou Traitements cruels,
inhumains ou dégradants, dont l'article 2 stipule
que :
- Tout Etat partie prend des mesures législatives, administratives,
judiciaires et autres mesures efficaces pour empêcher
que des actes de torture soient commis dans tout territoire
sous sa juridiction.
- Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il
s'agisse de l'état de guerre ou de menace de guerre,
d'instabilité politique intérieure ou de tout
autre état d'exception, ne peut être invoquée
pour justifier la torture.
- L'ordre d'un supérieur ou d'une autorité publique
ne peut être invoqué pour justifier la torture.
Ces documents internationaux sur les droits de l'homme sont clairs
sur le fait que la torture ne doit en aucun cas être permise.
Néanmoins, les rapports de la Haute Commission des Droits
de l'Homme des NU, de Amnesty International et d'autres organisations
gouvernementales ou non gouvernementales montrent clairement que
le recours à la torture est répandu et toléré
ou encouragé par certains gouvernements. Il faudra exercer
une pression bien plus grande sur ces gouvernements pour éradiquer
la torture en leur demandant de respecter leurs obligations légales
et/ou morales et donc d'appliquer ces normes ayant fait l'objet
d'un accord international.
Depuis longtemps, la participation des médecins à
la torture a été considérée comme
une violation grave de l'éthique médicale. La Déclaration
de Tokyo de l'AMM de 1975 : Directives à l'intention des
médecins sur la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants en relation avec la détention
et l'emprisonnement, interdit une telle participation
au motif qu'il ne faut "pas faire usage de connaissances
médicales contre les lois de l'humanité".
En1997, l'Assemblée de l'AMM a adopté la Déclaration
de Hambourg sur le soutien aux médecins qui refusent toute
participation ou caution à l'utilisation de la torture
ou autre forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant,
qui demande à la profession médicale de s'opposer
activement à la torture et de soutenir les médecins
qui s'élèvent contre de telles violations des droits
de l'homme.
L'Assemblée 2003 à Helsinki a adopté une
Résolution sur la Responsabilité
des Médecins dans la dénonciation des actes de torture
ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant dont ils
ont connaissance qui encourage les Associations Médicales
Nationales à promouvoir des lois et programmes pour l'abolition
de la torture.
L'AMM est également un fervent défenseur du Protocole
d'Istanbul (Directives Internationales pour l'investigation
et la documentation sur la torture) et participe activement à
un
projet pour établir un Manuel sur l'investigation
et la documentation efficaces sur la torture et autres peines
ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
De nombreuses Associations Médicales Nationales ont intégré
des interdictions quant à la participation à la
torture dans leurs codes d'éthique et dans d'autres politiques
et certaines ont lancé et/ou soutenu des actions de lutte
contre la torture. Il faut faire bien plus si la profession médicale
doit remplir son rôle de défenseur des droits de
tous les patients.
Mai 2004 - La commercialisation des
matériels reproductifs et génétiques humains
Les récents progrès scientifiques dans le domaine
des biotechnologies, et surtout dans celui de la génétique,
ont suscité de considérables controverses sur la
commercialisation croissante des recherches scientifiques et médicales
et sur les pratiques dans ce secteur. Le projet de génome
humain a identifié à peu près l'ensemble
des 30.000 gènes qui composent l'ADN humain et identifié
les séquences des 3 milliards de paires de bases constituant
l'ADN humain. Même si une grande partie du projet a été
financée par des fonds publics et les résultats
mis à disposition du public, on s'est précipité
pour breveter les séquences des gènes en vue d'une
exploitation commerciale potentielle. Ce sont là de gros
enjeux pour les bureaux de brevet, les tribunaux et les législateurs
qui doivent déterminer si le matériel génétique
humain est ou serait brevetable et donc commercialisable. Des
avancées plus récentes dans les technologies de
reproduction ont élargi le débat aux matériels
reproductifs humains, ovules, sperme et embryons.
On a rapidement reconnu la teneur aussi bien éthique
qu'économique de ce sujet. Il implique des questions sur
la nature humaine et le statut du corps humain, les gènes
et les matériels reproductifs humains aux différents
stades de leur évolution. De multiples études sur
ces questions ont été commandées et finalement,
certaines ont abouti sur des accords internationaux tels que ceux
indiqués ci-dessous qui ne sont pas totalement compatibles,
comme le montrent les extraits:
- UNESCO Déclaration Universelle sur le Génome
Humain et les Droits de l'Homme (1997): "Le génome
humain en son état naturel ne doit pas donner lieu à
des gains pécuniaires".
- Conseil de l'Europe Convention sur les Droits de l'Homme
et la Biomédecine (1997): " Le corps humain
et ses parties ne doivent pas être, en tant que tels,
source de profit.
- Parlement Européen Directive sur la protection légale
des inventions biotechnologiques (1998): "le corps
humain, aux différents stades de sa constitution et de
son développement, ainsi que la simple découverte
d'un de ses éléments y compris la séquence
ou la séquence partielle d'un gène ne sont pas
brevetables. Un élément isolé du corps
humain ou autrement produit par un procédé technique
y compris la structure ou la structure partielle d'un gène,
peut être une invention brevetable même si la structure
de cet élément est identique à celle d'un
élément naturel". les inventions dont l'exploitation
ou la publication serait contraire à l'ordre public
ou aux bonnes murs telles que les procédés
de clonage d'êtres humains et l'utilisation d'embryons
humains à des fins industrielles ou commerciales, ne
sont pas brevetables. La décision de 2002 de l'Office
Européen des Brevets Européens quant à
la non brevetabilité des cellules souches embryonnaires
est en appel.
- UNESCO Comité International de Bioéthique
Avis du CIB sur la brevetabilité du génome humain
(2001): "
qu'il existe de solides raisons éthiques
pour exclure le génome humain de la brevetabilité";
On a prêté beaucoup d'attention aux effets néfastes
de la commercialisation des matériels reproductifs et génétiques
humains sur les populations des pays en voie de développement.
Le "Centre
for the Management of Intellectual Property in Health R&D"
est une association à but non lucratif s'occupant de promouvoir
l'accès aux technologies de santé aux population
pauvres par une gestion améliorée de la propriété
intellectuelle en matière de recherché et de développement.
En octobre 2003, l'Assemblée Générale de
l'AMM a adopté une Résolution
sur la non commercialisation des matériels reproductifs
humains qui demandait aux Associations Médicales Nationales
de faire pression auprès de leurs gouvernements afin qu'ils
adoptent une législation interdisant les transactions commerciales
sur les embryons, les ovules et le sperme humain afin qu'aucune
de ces matériaux ne puisse être acquis auprès
de particuliers.
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